Dreamland Pyramids Open (Alps Tour) : Franck Daux vise le triplé

20/02/2016
Photo : Alps Tour

À la veille du coup d'envoi du Dreamland Pyramids Open, troisième volet du triptyque égyptien de l'Alps Tour, Franck Daux fait figure de favori. Entretien avec le joueur de Cély-en-Bière, brillant vainqueur des deux premières épreuves de la saison.

Franck Daux, vainqueur des deux premiers tournois de l'Alps Tour en 2016.

Comment vous sentez-vous quelques jours après avoir remporté votre deuxième tournoi consécutif ?

Je suis quand même un peu surpris... Même si on a toujours envie de gagner, le faire une fois c'est déjà rare, mais deux fois d'affilée c'est exceptionnel. Ce n'est pas le genre de choses auquel je pense d'habitude ! Je me suis très bien préparé cet hiver, et depuis un an les choses se passent plutôt bien pour moi, donc je n'avais pas de doutes sur ma capacité à le faire. L'an dernier j'avais été plusieurs fois en position, mais j'avais à chaque fois mal fini, dans des circonstances plus ou moins dépendantes de ma volonté : parfois ce n'était juste pas ma journée, parfois je faisais des grosses erreurs. Donc je savais que je pouvais. J'adore ce parcours de Sokhna en Égypte, c'est là que j'ai joué mon premier tournoi pro en tant que professionnel, et je savais très bien comment il fallait le jouer. Je m'étais entraîné en fonction. Et tout s'est bien passé !

Avec des scénarios très différents d'une fois sur l'autre, n'est-ce pas ?

Absolument. Le premier tournoi se déroulait sur l'enchaînement le plus facile à mon goût (les boucles B et C, ndlr), avec les trous les plus courts. Le premier jour je fais une bonne carte de -5 et je me retrouve en tête. Le lendemain je ne joue pas très bien, dans le par, et je me retrouve trois coups derrière Julien Foret. Je me suis juste dit qu'il fallait que je donne le maximum, et que si Julien jouait -5 le dernier tour je n'aurais rien à me reprocher. Je ne me suis donc pas focalisé sur lui, mais sur mon jeu, en essayant de me procurer un maximum de chances de birdies. Au final je fais -7 et je réalise que j'ai gagné en terminant, car il n'y a pas de leaderboard sur chaque trou. Quant au deuxième tournoi (disputé sur les boucles A et B, ndlr), je commence très fort en jouant -9 et je me retrouve avec trois ou quatre coups d'avance. C'était très différent, car tout le monde autour de moi commençait déjà à me dire « c'est bon, t'as déjà gagné... » Ce sont des choses qu'on n'a pas trop envie d'entendre car tout peut vite basculer, surtout quand il reste deux tours. La preuve, le lendemain je score -1 en faisant pourtant une superbe partie en termes de niveau de jeu, et je n'ai plus qu'un ou deux coups d'avance. Le dernier jour je joue très bien, mais Matt Wallace me met sous pression jusqu'au 17 où je sors un chip donné pour birdie, et où lui prend trois putts. Je termine avec trois coups d'avance. C'était très différent, car là j'ai fait la course en tête du début à la fin. Ce n'était pas du tout le même stress, car on a bien plus à perdre quand on a trois coups d'avance avant le dernier tour que trois de retard !

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Pouvez-vous comparer le stress que vous avez ressenti sur chacun de ces deux tournois ?

Je n'en ai pas eu tant que ça sur le premier, car je jouais bien sans me poser trop de questions, avec comme seul objectif d'aller de l'avant. C'était surtout le cas lors du dernier tour où j'avais Julien Foret en ligne de mire. C'était plus un stress positif. Mais sur le deuxième tournoi c'était plus compliqué, car j'étais conscient que je pouvais perdre, malgré le fait que je jouais bien, si Wallace faisait neuf birdies sur les neuf derniers (il en a fait sept d'affilée du 10 au 16, ndlr)... Dans ces cas-là on ne peut pas faire grand-chose. Je n'étais pas stressé sur la balle, mais entre les coups, lorsque je revenais dans l'analyse de la situation.

Vous vous retrouvez logiquement en tête de l'ordre du mérite. Le chemin qui vous sépare de l'accession au Challenge Tour en fin de saison paraît tout de suite plus court, non ?

Même si j'ai déjà 10 000 points au compteur, je pense qu'il en faudra 25 000 pour terminer dans le top 5, donc la saison est loin d'être finie. Mon but reste d'être dans les cinq premiers de l'Alps Tour, car je pense qu'il est plus facile d'accéder au Challenge Tour en faisant une saison complète sur l'Alps Tour qu'en passant par les cartes européennes, qui sont forcément plus aléatoires puisqu'il faut que le jeu soit là la bonne semaine sur le bon parcours. En commençant comme ça c'est certain que ça donne envie de gagner l'ordre du mérite, mais le but est avant tout de préserver le top 5.

Ces victoires vont-elles vous ouvrir des portes sur quelques tournois Challenge Tour cette saison ?

Le fait d'avoir gagné me vaut d'être invité au Red Sea Egyptian Challenge, qui se déroulera sur le même parcours du 20 au 23 avril. Du coup je vais essayer d'obtenir une invitation pour disputer le premier tournoi de la saison au Kenya (17-20 mars, ndlr), car il n'y a rien sur l'Alps Tour à la même date. Ça me permettrait d'en jouer deux avant de reprendre le fil de mon calendrier. Comme je joue bien, je me dis que c'est peut-être le bon moment pour aller voir comment ça se passe à l'échelon supérieur, car je n'ai encore jamais disputé un tournoi du Challenge Tour. En revanche je ne suis pas encore sûr de participer aux trois tournois en France. J'ai la catégorie pour y rentrer, mais le problème c'est qu'ils tombent la même semaine que des tournois de l'Alps Tour. Donc je me dis que si j'en rate trois et qu'à la fin de l'année il me manque quelques euros pour monter, j'aurais fait le mauvais choix. C'est bien de les jouer pour prendre de l'expérience, mais pas si ça m'oblige à faire un an de plus sur l'Alps Tour. Donc ça dépendra de ma situation. Si tout se passe comme dans un rêve et que j'ai déjà marqué assez de points pour monter, je les jouerai. Et c'est sûr que j'aimerais pouvoir le faire !

Vous avez terminé 2015 à la 21e place de l'ordre du mérite. Comment expliquez-vous que vous ayez réussi à franchir un tel palier en quelques mois ?

Plein de choses ! J'ai passé les PQ1 à Ribagolfe l'an dernie où j'ai terminé 5e en jouant très bien sur la fin, alors que l'année précédente j'avais très mal fini dans ce tournoi. Ça m'a fait un déclic. Ensuite j'ai fini 3e sur un tournoi de l'Alps Tour en Espagne en faisant six birdies sur les six derniers trous. Lors de la finale en Israël, j'étais en position de gagner à neuf trous de la fin, même si bien sûr on ne savait pas que le tournoi sera ramené à deux tours. Depuis le mois de septembre j'ai rendu très peu de cartes au-dessus du par. Donc le fait d'être souvent bien placé m'a donné de la confiance, et l'envie d'aller chercher plus haut. Puis cet hiver je suis parti m'entraîner quinze jours aux États-Unis avec mon coach Laurent Cabannes. On a fait du super boulot. Donc j'étais plus que prêt en arrivant en Égypte. Je n'avais qu'une seule chose à faire : embrayer ! J'ai aussi fait un bon travail avec mon préparateur mental, qui m'a permis de ne retirer que le positif de mes expériences de fin de saison dernière. J'ai identifié mes erreurs et je suis parvenu à ne pas les répéter. J'ai été deux fois en position de gagner, et à chaque fois j'ai fait les bons choix, et en plus les choses se sont goupillées en ma faveur.

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Quelles sont les personnes-clé de votre entourage ?

Je travaille avec Laurent Cabannes depuis septembre 2014, et j'ai beaucoup progressé depuis. Quant à mon préparateur mental, Ludovic Leroux, j'ai commencé avec lui début 2014. Il y a mon préparateur physique Jean-Luc Arassus, mes parents, ma copine, et le golf de Cély-en-Bière qui fait beaucoup pour moi. Ce sont des soutiens immenses. Je ne remercierai jamais assez mon encadrement, je suis ravi de travailler avec eux et je pense que sans eux tout ça ne me serait pas arrivé, du moins pas aussi vite.

Quel a été votre parcours avant votre passage pro ?

J'ai commencé le golf à l'âge de onze ans à Madrid, où j'ai vécu pendant trois ans. En revenant en France je suis arrivé à Cély, où je suis resté trois ans. J'ai ensuite changé de club pour raisons sportives, car Cély n'avait pas d'équipe de haut niveau, donc j'ai fait deux saisons à Saint-Germain-lès-Corbeil avant d'arriver à Saint-Nom-la-Bretèche. Avec Saint-Nom, j'ai fait vécu de belles choses, comme une finale à la Gounouilhou, une victoire à la Lignel et un podium en coupe d'Europe. Mais dès que je suis passé pro, je suis revenu à Cély, car c'est le club qui m'a formé, celui où j'ai mes repères, où je me sens bien. C'est chez moi ! J'ai toujours eu beaucoup d'amour pour ce club, car j'y ai d'excellents souvenirs. Depuis mon passage pro, ils m'aident avec leurs petits moyens à me financer. Ils me donnent le parcours pendant une journée pour que j'organise une compétition qui me permette de lever des fonds. Je sais qu'en rentrant en France la première chose que je vais faire, c'est d'aller là-bas pour fêter ces deux victoires avec tout le monde !

Et pourquoi pas trois ?

Oui, on ne sait jamais ! Mais peut-être qu'un autre joueur va finir par en avoir marre ! Et puis en golf il y a des semaines avec, et d'autres sans. Je vais faire mon maximum, en tout cas. J'ai bien réussi à me concentrer sur l'objectif entre le premier et le deuxième tournoi, donc je vais faire comme ça. Mais c'est vrai que si je pouvais en gagner trois d'affilée, ce qui ne s'est jamais fait sur l'Alps Tour il me semble, ce serait parfait !

Propos recueillis par Alexandre Mazas
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