Turkish Airlines Challenge (CT) : Édouard España en reconquête

18/04/2017
Photo : Richard Heathcote / Getty Images Europe - AFP

Le Bordelais a tout connu en 2016 sur l’European Tour. Surtout les mauvais moments. Reparti depuis fin mars sur le Challenge Tour, il entend se reconstruire et vise bien évidemment un retour au plus haut niveau en fin d’année.

Edouard España ici au Portugal Masters en octobre 2016. Son dernier tournoi sur l'European Tour...

En Turquie depuis lundi après avoir pris part au très relevé Open d’Arcachon, Édouard España aborde le Turkish Airlines Challenge, deuxième étape de la saison 2017 du Challenge Tour, avec un esprit totalement neuf. Le Bordelais ne cache en effet pas ses envies d’en découdre après cinq longs mois de break (!) durant lesquels il a essayé d’oublier son année terrible sur l’European Tour 2016 en prenant par exemple un mois de vacances en Martinique avec son amie, « sans toucher une seule fois à un club de golf » mais en faisant beaucoup de sport. Du vélo, de la musculation, de la pêche aussi et du bateau… Après un sérieux et exhaustif « debrief » pendant trois semaines en compagnie de son coach, Olivier Léglise, il s’est par la suite lancé à partir du mois de janvier 2017 dans une phase intense d’entraînement. Au Maroc. Du côté de Marrakech, à Samanah, où le directeur du golf, Nicolas Claverie, lui a prêté notamment une maison sur le site. 

Deux mois et demi à Samanah

« La team Léglise, dont je fais partie, a l’habitude de venir s’entraîner ici. Je suis resté là-bas du 5 janvier à la mi-mars. Tout le monde a été adorable avec moi. J’ai pu me préparer dans les meilleures conditions possibles. Au début du séjour, la compétition ne me manquait pas vraiment. Mais là, j’ai envie de repartir à l’attaque. C’est sous pression, dans les tournois, que l’on voit tous ses défauts. » Et l’année 2016, en termes de défauts, a été particulièrement cruelle et sans pitié avec celui qui avait pourtant réussi à conserver sa carte fin 2015 pour sa première année sur l’European Tour. Sur vingt-six tournois joués, notre homme n’a ainsi franchi le cut qu’à trois reprises. 

Spirale négative

« 2016 n’a été qu’une accumulation d’erreurs, reconnait-il bien volontiers aujourd’hui. D’organisation d’abord puisque je n’ai pas vu Olivier (Léglise) pendant trois mois et demi. J’ai eu aussi des soucis physiques dès le début de la saison, plus précisément aux cervicales. A Abu Dhabi comme au Qatar, j’étais bloqué. À Dubaï, j’ai été incapable de faire la moindre reconnaissance. Quand on démarre comme ça, souvent, on le paie cash. Et tout s’est enchaîné dans le mauvais sens. En plus, j’ai connu des déboires d’ordres privés qui n’ont rien arrangé. Quand vous vous retrouvez dans une spirale négative, les semaines passent très vite. Au mois de juin, je ne savais déjà plus comment m’en sortir. J’alignais les tournois sans résultat alors que j’aurais certainement dû souffler plus souvent. Bref, ce fut une année noire. Mais ce fut certainement une des années les plus importantes de ma vie de golfeur professionnel. On apprend généralement plus de ses erreurs que de ses réussites. »

L'envie de s'éclater sur un parcours

2017 doit donc être l’année de la reconquête pour le Girondin, âgé de 26 ans, qui a toujours été selon lui « en progression ». Sauf en 2016 bien sûr où, comme il le répète, il est « redescendu de quatre marches. Mon défi, aujourd’hui, c’est d’apprendre à gérer tout ça, ajoute-t-il. Je me suis par exemple reconstruit mentalement. Grâce à Makis Chamalidis, mon préparateur mental, et à Olivier Léglise. Avec eux, j’ai retrouvé l’envie de jouer, de m’éclater sur un parcours. L’objectif est bien évidemment la remontée. Mon expérience va m’aider sur le Challenge Tour. Mais mon vécu dans ce Tour peut aussi me freiner car je n’ai que de bonnes images en tête. Alors attention ! D’autant que le niveau est très relevé. Pour monter sur l’European Tour, il faut être fort. Très fort. »

La preuve. Pour le premier tournoi de la saison 2017, au Kenya (23-26 mars), Édouard España n’a pas réussi à passer le cut. « De deux coups, conclut-il. Mais le jeu est là, notamment le petit jeu. Après, il ne faut pas se mentir. Je suis en convalescence. Ce sera le cas tant que je n’aurais pas de nouveau un bon résultat sur lequel m’appuyer. Mais je reste persuadé d’être sur la bonne voie… »

Lionel Vella
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