Clément Berardo : « Je suis sur la bonne voie... »

13/01/2016
Photo : Richard Heathcote / GETTY IMAGES / AFP

Deux tournois sur l’European Tour, deux cuts franchis ! Issu des Cartes européennes, l’Auxerrois réalise un prometteur début de saison. Sans véritable plan de marche, il entend surtout prendre un maximum de plaisir et d’expérience.

Deux tournois joués pour Clément Berardo, deux cuts franchis sur le Circuit européen

Avec Julien Brun et Sébastien Gros, Clément Berardo compose le contingent français qui prend le départ ce jeudi du Joburg Open. Il y a quelques jours seulement, au BMW SA Open, l’Auxerrois a été tout près de s’offrir un solide top 10 avant de subir la loi d’un sport qui, mentalement, ne fait décidément aucun cadeau !

Ces quatre bogeys concédés sur vos quatre derniers trous au SA Open lors du 4e tour alors que le top 10 vous ouvrait les bras sont-ils définitivement digérés ?
Je ne sais pas si on peut digérer cela mais cela fait partie du jeu. C’est comme ça aussi que l’on apprend. Malheureusement. J’aurais bien aimé évité de passer par un tel scénario mais j’imagine que ce sont des choses par lesquelles on est parfois obligé de passer pour apprendre et prendre de l’expérience au plus haut niveau.

Justement, comment étiez-vous mentalement avant ce terrible enchaînement final ?
Je pense que j’étais trop bien. Je jouais bien. Je puttais bien. Je n’ai peut-être pas suffisamment fait attention à conserver ce que j’avais depuis le début de semaine, c’est-à-dire jouer tranquillement coup après coup. Sans attendre quelque chose. Le fait de savoir que l’on n’est pas bien loin des premières places, que l’on joue bien m’a… (Il coupe) Inconsciemment, j’ai peut-être voulu quelque chose de plus de ce que je cherchais sur les 14 trous précédents…

Comment qualifierez-vous votre début de saison sur le Circuit européen ?
C’est plutôt encourageant. À tous les niveaux, du mental au physique en passant par le technique. Là, ça prouve que tout va dans le bon sens. Après, combien de temps ça durera ? Je ne sais pas. Mais en travaillant et en prenant de l’expérience chaque semaine, je pense être sur la bonne voie.

Etes-vous surpris par vos résultats encourageants, après ces deux cuts franchis en deux tournois joués et cette 21e place à Johannesburg ? Vous sentez-vous en avance par rapport à votre plan de marche ?
Alors, ce qu’il faut savoir, c’est que je n’ai pas de plan de marche ! Comme ça, je suis ni en avance, ni en retard (rires). C’est aussi un moyen tout bête pour s’enlever de la pression. Mon objectif, c’est surtout de prendre les tournois les uns après les autres et de profiter au maximum du moment. J’ai la chance que ça se passe bien pour l’instant. Autant en profiter. Après, j’estime ne pas être surpris par mes derniers résultats. Je n’ai pas l’impression de sur-jouer. Tout se passe bien. Pourvu que ça dure…

Et puis vous voilà pour la première fois de votre jeune carrière dans le top 1000 mondial, en 907e position très exactement. Soit 232 places de mieux que la semaine dernière…
Ah bon ? Je ne le savais pas ! C’est un truc que je ne regarde absolument pas. Je me répète un peu mais je n’ai pas de plan, encore moins d’objectif, ce qui peut paraître surprenant, mais si ça peut continuer comme ça, c’est génial.

« Je n’ai pas de plan de marche ! Comme ça, je suis ni en avance, ni en retardC’est aussi un moyen tout bête pour s’enlever de la pression. »

Depuis votre arrivée sur le Circuit européen, qu’est-ce qui vous a le plus marqué par rapport à l’an passé ?
C’est la différence au niveau des organisations des tournois. C’est nettement plus simple aujourd’hui. Tous les à-côtés, par exemple pour aller au golf, ou revenir, les hôtels, c’est beaucoup plus souple. Sur le Challenge Tour, il fallait s’occuper de tout. Pour organiser un tournoi sur le Challenge Tour, il y a tout à gérer. Alors que sur l’European Tour, il y a juste à booker un hôtel et après, tout se fait normalement. Même si on a oublié d’apporter des balles, il y a tout ce qu’il faut sur place. Idem pour les clubs… Tout cela aide énormément pour bien préparer son tournoi !

Parlons du Joburg Open, un tournoi qui se dispute sur deux parcours avec un champ de joueurs très dense. Comment voyez-vous votre semaine ?
Cela va être compliqué. C’est la première fois que je vais jouer un tournoi sur deux parcours différents, avec autant de joueurs (210 au départ). La meilleure chose va être de ne pas me comparer aux Sud-Africains qui seront très nombreux. Je vais rester sur mon processus, prendre mon temps et profiter. D’autant que j’adore jouer en Afrique du Sud, sous la chaleur…

Et puis il y a ces trois tickets pour le prochain Open Britannique…
Cela motive en effet. Mais je ne veux pas y penser, ni me mettre trop de pression par rapport à ça. Si ça arrive, ce sera génial. Dans le cas contraire, ce ne sera pas une catastrophe.

A l’issue du Joburg Open et compte tenu de votre catégorie, vous n’allez pas pouvoir entrer dans le champ des trois tournois du Desert Swing. Qu’allez-vous faire durant les trois prochaines semaines ?
Je vais en profiter pour passer une semaine avec mon préparateur physique, Gérard Legros. Pendant trois jours, on va faire du physique. À fond. Sur le Challenge Tour, on avait des grosses coupures dans notre calendrier, ce qui nous permettait de bien se préparer physiquement. Là, c’est moins évident. Une semaine avant de repartir en Afrique du Sud disputer le Tshwane Open (11-14 février), j’en profiterai pour travailler avec mon coach Alain (Alberti ndlr).

Un mot pour terminer sur votre nouveau caddie ?
Je pensais que je pourrais faire toute l’année 2016 avec Axel Bettan mais on s’est mal compris tous les deux. Il m’a dit qu’il ne pouvait faire que les deux premiers tournois en Afrique du Sud. Donc, je suis depuis le SA Open avec Ian Grimoldby, le caddie de Jérôme Lando-Casanova. Une collaboration qui n’est pas sûre de durer car il devrait reprendre la saison sur le Challenge Tour avec Jérôme. Donc, très rapidement je vais devoir trouver une solution pour trouver un caddie pour toute l’année. Mais je ne m’inquiète pas trop.

Lionel Vella
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