1904 - 2009

Rubrique : Golf pro

Jamais écartée, la réintroduction du golf aux Jeux Olympiques fut un long combat auquel la ffgolf, avec trois de ses présidents, participa activement. 

1908
Quatre ans après Saint Louis, il semble naturel que les organisateurs londoniens inscrivent le golf dans le programme des quatrièmes Jeux Olympiques de l’ère moderne. Dès 1906, Lord Desborough, président du Comité olympique britannique, adresse un courrier d’information au Royal & Ancient de Saint Andrews. Ne recevant aucune réponse des hautes instances écossaises, Lord Desborough décide, en 1907, de confier l’organisation de la compétition olympique au Royal Saint George’s de Sandwich. Observant d’abord un étonnant silence, le Royal & Ancient tentera plus tard d’expliquer que le courrier n’est pas arrivé à Saint Andrews et que la responsabilité doit être imputée à la poste britannique... Prévu sur 108 trous, en medal play individuel et par équipes, sur trois parcours du sud-est de l’An-gleterre — Royal Saint George’s et Prince’s Golf Club à Sandwich, Cinqueports Golf Club près de Deal — et placé sous la responsabilité de W. Ryder Richardson (secrétaire du Royal Saint George’s, il siège également au conseil du Comité olympique britannique), le tournoi de golf des Jeux de Londres doit être annulé, faute de participants. Quelques jours seulement avant le début du tournoi, les organisateurs observent que les formulaires d’inscription des joueurs britanniques n’avaient pas été remplis correctement... 
Golf Illustrated, qui s’est beaucoup interrogé sur la légitimité d’une épreuve olympique de golf, prend un indicible plaisir à rendre public le fiasco : “Les compétitions olympiques de golf ont été abandonnées. Nous ne reviendrons pas sur les multiples raisons qui ont conduit à cette annulation. Dès ses origines, le projet était voué à l’échec.”

1912
Le golf n’est pas prévu à Stockholm bien que quelques parcours aient déjà vu le jour en Suède. En revanche, une épreuve était programmée à Berlin en 1916. Pour cette occasion, les joueurs allemands s’entraînèrent à Hambourg avec George Duncan, le futur vainqueur de l’Open Britannique. 

1919 - 1936
Une épreuve de golf est disputée aux Jeux Interalliés. Dans l’esprit des Américains, il ne fait aucun doute que la tenue de cette compétition doit favoriser un retour du golf aux Jeux. Un projet de tournoi à Anvers est étudié pour 1920 (sur le parcours de Cappelen) mais tourne court. En 1936, un tournoi postolympique de golf se joue à Baden-Baden.

1959
Dans un courrier daté du 12 mars, le Prince Pierre de Monaco suggère au président de l’USGA de favoriser le retour du golf dans le giron olympique. John D. Ames, président de la fédération américaine répond au prince que le Championnat du monde par équipes sert déjà grandement les intérêts du golf amateur. 

1976
Quelques mois avant les Jeux de Montréal, Golf Magazine relance le débat. Interrogé par le mensuel américain, Lord Killanin, président du Comité International Olympique, rappelle un élément essentiel : le CIO n’a jamais reçu la moindre demande officielle d’admission au programme. Et pour cause : une telle demande doit être obligatoirement émise par une fédération internationale. Or le golf n’en possède pas. L’organisation du jeu est aux mains de deux gouvernements, l’USGA et le Royal & Ancient de Saint Andrews. “Jamais est un terme que je n’aime pas utiliser mais je ne suis guère optimiste sur l’entrée du golf aux Jeux dans un futur proche” pressent Lord Killanin.
Il faudra effectivement attendre près de quinze ans pour voir se créer une fédération internationale de golf reconnue par le Comité International Olympique.

1982 - 1988
Dès 1982, puis à nouveau en 1985, l’Association Européenne de Golf (AEG) demande au World Amateur Golf Council ­— l’association créée en 1958 sur une initiative conjointe de l’USGA et du Royal & Ancient, est notamment chargée de l’organisation des championnats du monde amateur — d’engager une action afin que le golf puisse redevenir discipline olympique. L’USGA et le R&A ignorent la requête de l’AEG.
“Des échos provenant de milieux bien informés révèlent une certaine indifférence, proche de la répulsion, de la part de l’United States Golf Association et du Royal & Ancient de Saint Andrews vis à vis du golf olympique”, écrit Peter Dobereiner dans une chronique du début de l’année 1986.

En 1987, Luis Figueras-Doti, président de la fédération espagnole fait du retour du golf aux Jeux l’une de ses grandes priorités et commence à travailler à la création d’une fédération internationale de golf. Le PGA European Tour accueille l’idée favorablement. L’USGA en revanche est hostile au projet et le Royal & Ancient très réservé. À la fin de l’année 1988, des négociations sont menées pour tenter d’intégrer le golf dans le programme des Jeux de Barcelone en 1992.

1989
Durant le British Open, à Troon, la naissance de la World Golf Association (WGA) est officiellement annoncée. Claude-Roger Cartier, président de la Fédération Française de Golf et secrétaire général du Comité olympique français (CNOSF) prend la tête de la WGA. Le président Cartier est secondé par Emma Villacieros, présidente de la fédération espagnole. Cinquante pays se regroupent sous l’égide de la World Golf Association. L’USGA, le Royal & Ancient et les fédérations britanniques se gardent d’apporter un quelconque soutien à l’entreprise. 
“Nous avons décidé l’an dernier, lors du meeting du World Amateur Golf Council, d’étudier  la question olympique lors de notre prochaine réunion qui se tiendra en Nouvelle-Zélande à l’automne 1990 et nous avons informé la World Golf Association que nous ne prendrions pas part à ses discussions” indique alors Michael Bonallack, secrétaire du Royal & Ancient.
Le R & A ne cache pas les “very mixed reactions” que suscite le projet de réintroduction du golf aux Jeux. Pour les Britanniques, le golf olympique, s’il voit le jour, doit rester amateur. Et la question de savoir qui va participer aux Jeux n’est d’ailleurs pas clairement tranchée.
Lors d’une conférence de presse à Saint-Nom-la-Bretèche à l’automne 1989, Claude-Roger Cartier évoque le tournoi de Barcelone et l’entrée du golf aux Jeux de 1992 comme sport d’exhibition :
“Aucune compétition autre que le tournoi olympique ne sera inscrite au calendrier, ce qui permettra aux joueurs, professionnels ou amateurs, de faire leur choix : s’engager ou prendre une semaine sabbatique. Si les joueurs n’ont pas l’esprit olympique, qu’ils ne viennent pas (...) C’est une étape importante, car j’ai bien l’intention de voir notre sport devenir olympique à part entière en 1996. J’estime nos chances à cinquante pour cent”.
Un paragraphe du compte-rendu de ce point-presse diffusé par l’Agence Française de Presse est particulièrement édifiant : “À l’heure actuelle, il est assuré que l’Espagnol Severiano Ballesteros — pour lequel ce tournoi a été en partie créé — sera là. Une médaille d’or, fût-elle d’exhibition, est trop importante pour l’Espagne...”
En décembre, le Comité International Olympique annonce la suppression des sports d’exhibition du programme des Jeux de Barcelone. Des négociations sont entamées avec le président Juan Antonio Samaranch afin que la World Golf Association soit reconnue comme une fédération internationale par le CIO.

1990 - 1991
Dès janvier, la WGA, qui espère toujours la reconnaissance du CIO, décide de concentrer ses efforts sur les Jeux d’Atlanta en 1996. À la fin du mois d’octobre, lors du traditionnel meeting du World Amateur Golf Council, l’USGA et le R & A prennent en main le dossier olympique. La World Golf Association s’efface alors au profit du WAGC. Celui-ci demande à être officiellement reconnu par le CIO. Ce sera chose faite le 16 avril 1991. 
Juan-Antonio Samaranch adresse une lettre aux deux vice-présidents de la WAGC, Gordon Jeffrey (président du Comité du R & A) et Grant Sparth, président de l’USGA : “ Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue dans la famille olympique en qualité de fédération internationale de golf.”
Michael Bonallack, le secrétaire du Royal & Ancient : “Tous les grands sports figurent au programme olympique. Je ne vois pas pourquoi le golf devrait en être exclu.”

1992 - 1993
Le WAGC a beaucoup de mal à fédérer les différentes associations professionnelles, notamment l’USPGA, très réticente à l’idée de voir se créer un tournoi professionnel de golf olympique. L’attitude des responsables du Tour américain va très peu évoluer au cours de la décennie. En octobre, une conférence de presse se tient à Augusta National. Jack Stephens, le chairman du club et Billy Payne, président du comité d’organisation d’Atlanta annoncent que le parcours d’Au-gusta se tient prêt à recevoir le tournoi olympique en 1996. Pour Billy Payne, Augusta est le “seul choix possible”. Pour Stephens, la volonté affirmée d’Augusta de s’ouvrir aux Jeux est une manière d’adresser un message : “Les membres d’Augusta soutiennent indifféremment le golf masculin et le golf féminin.” 
Dans le milieu golfique, la surprise est grande. Non seulement Augusta n’a jamais organisé une autre compétition que le Masters, mais le club ferme traditionnellement ses portes en juillet et en août. En outre, aucun membre féminin n’a été admis en son sein.
LeRoy Walker, président du Comité olympique américain, ne cache pas son enthousiasme et son optimisme : “Si nous essuyons le refus du CIO avec une telle proposition, alors il n’y a plus qu’à se jeter d’un pont.”
Mais l’offre d’Augusta, pour étonnante et excitante qu’elle soit, relance également la polémique sur la politique discriminatoire longtemps menée par le club à l’encontre des minorités et des femmes. Devant la levée de boucliers provoquée par la candidature d’Augusta, les responsables du comité d’organisation d’Atlanta et Jack Stephens vont très vite faire machine arrière.
Jack Stephens : “Nous sentions une obligation non seulement envers le jeu de golf et ses pratiquants, mais aussi envers la ville d’Augusta et la Géorgie toute entière. Et nous en avions conclu qu’il aurait été très égoïste de notre part de rejeter l’idée de l’utilisation de notre terrain pour un événement olympique.”
Le 29 janvier 1993, le Comité International Olympique annonce que le golf ne sera pas présent aux Jeux d’Atlanta.

1994
Au meeting du WAGC à Versailles, le projet d’une épreuve de golf aux Jeux de Sydney ne figure pas à l’ordre du jour, le CIO ayant annoncé, au cours de l’année, qu’aucun nouveau sport ne serait admis en 2000. 

2002
L’introduction du golf et du rugby à sept aux Jeux de Pékin (2008) est recommandée par la commission du programme olympique du CIO à condition que ces sports y présentent leurs meilleurs joueurs. Et que d’autres sports soient exclus du programme olympique ! La commission propose la disparition du pentathlon moderne (une création de Coubertin), du base-ball et du softball. 
Jacques Rogge, le président du CIO : “Nous devons amener aux jeunes et aux spectateurs les sports qui les intéressent et nous le faisons.”
David Fay, directeur exécutif de l’USGA : “Nous avons 60 millions de pratiquants répartis sur 130 pays. Si nous voulons promouvoir le jeu de manière encore plus globale, je pense que Pékin serait un endroit idéal pour que le golf fasse son entrée aux Jeux.”
Lors de la session extraordinaire du CIO de Mexico à la fin novembre 2002, le président Jacques Rogge obtient un accord de principe sur la révision du programme mais est contraint de différer à 2004 l’éventuelle décision d’exclure un ou plusieurs sports du programme olympique. Et donc d’en accueillir de nouveaux...

2003
Le World Amateur Golf Council change de nom et devient l’International Golf Federation déjà reconnue comme fédération internationale par le CIO en 1991 ; l’IGF prône le retour du golf masculin et féminin aux Jeux Olympiques arguant que le golf a déjà été olympique, qu’il est pratiqué sur tous les continents, qu’il existe plus de trente mille parcours et que c’est le sport individuel le plus pratiqué dans le monde.

Jusqu'en 2009...

Le président de la fédération française de golf, Claude Roger Cartier (1981-1997) était membre du Comité Olympique, le président Philippe Martin (1997-2005) a poursuivi la lutte, reprise par Georges Barbaret dès son arrivée à la tête de la fédération en 2005, et jusqu’à ce 9 octobre historique.
Le principal obstacle au retour du golf aux JO a sauté avec l'engagement des meilleurs joueurs du monde à participer aux Jeux Olympiques si le golf y entrait à nouveau, et ce malgré des calendriers très encombrés. Le format serait de 72 trous stroke play, 60 joueurs et 60 joueuses, le Top 15 mondial qualifié direct avec l'engagement des différents circuits à ne rien inscrire dans leurs calendriers respectifs face aux dates des Jeux Olympiques.
La ffgolf a compté parmi les principaux soutiens financiers de "l’Olympic Bid" en apportant 30 000 $ au budget global de lobbying et de communication présenté en 2007 par la fédération internationale (IGF). De nombreux élus du comité ont également, à Saint-Andrews, au sein de l’Association Européenne de Golf et lors des Championnats du Monde, porté haut et fort cette ambition.
La candidature olympique constituait un des objectifs prioritaires de la mandature 2009-2013 de Georges Barbaret, Président de la ffgolf. Des efforts financiers et humains ont été mobilisés pour l’atteindre. Les relations étroites et de qualité entretenues par Georges Barbaret avec Jean-François Lamour (ancien Ministre des Sports, Champion Olympique d’Escrime et membre de notre Comité Directeur) ainsi qu’avec Guy Drut et Jean-Claude Killy (tous deux membres votants du CIO) ont été des atouts majeurs.

Sources : CIO et "Le golf et les Jeux Olympiques" de Georges Jeanneau (2003)

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