Hubert Chesneau : « le seul golf à recevoir à la fois la Ryder Cup et les Jeux Olympiques ! »

13/09/2017
Photo : Alexis Orloff / ffgolf

L’architecte visionnaire du Golf National, nous livre à chaud son sentiment à l’annonce de l’obtention des Jeux Olympiques à Paris en 2024, hissant le Golf National au rang de site olympique.

Hubert Chesneau

Qu’avez-vous ressenti en apprenant la nouvelle ?

Beaucoup de joie, bien sûr, et je ne devrais pas le dire, mais j’espère bien être encore vivant pour voir ça en 2024 (rire) ! Pour l’heure, c’est rien que du plaisir. Le summum du sport, ce sont les Jeux Olympiques, alors le fait de les avoir au Golf National me touche beaucoup ! Tout le monde aura noté, je pense, que le Golf National restera pour longtemps, le seul golf à organiser à la fois la Ryder Cup et les Jeux Olympiques.

Quand vous vous êtes attelé à la création du Golf National inauguré en 1990, avez-vous pensé une seconde que le Golf National pourrait devenir site olympique ?

Oh, non ! Quand j’étais directeur de la Fédération, avec Claude-Roger Cartier, Président, qui pourtant essayait ardemment de faire rentrer le golf dans les Jeux Olympiques, on a essuyé pas mal d’échecs. On a pensé que jamais on ne reviendrait dans la configuration qui avait permis d’organiser les Jeux Olympiques de Golf au Golf de Compiègne en 1900. Mais bon, tout change, et voilà le golf revenu dans la famille olympique, j’espère pour longtemps !

Vous aviez cru davantage à l’obtention de la Ryder Cup ?

Au départ, c’était un clin d’œil avec Claude (Cartier). Nous nous sommes dit : « Bon, les pros (lors du premier Open de France en 1991) ont l'air d'apprécier et bien maintenant, rêvons ! » On disait cela vraiment entre nous, sans en parler à l’extérieur, car on savait qu’on aurait l’air ridicule de dire : « Vous savez, la Ryder, on l’aura un jour ! » Et bien, finalement c’est arrivé.

C’est tout de même fort d’avoir su créer un parcours qui soit adapté à un monde et un sport qui a radicalement changé : jeu, mode de vie et de « consommation », multimédias, numérisation, mondialisation, etc.

Oui, certes, mais regardez St. Andrews ! Date de création : 1754 ! On y organise toujours le British Open et il abrite le Royal and Ancient Golf Club (l'autorité suprême du monde du golf). Il n’a évidemment pas été fait pour ça, mais il EST, tout simplement. Il existe. Il a subi au fur et à mesure des tas de petites modifications nécessaires, parce que les joueurs tapent de plus en plus fort, mais St. Andrews reste un terrain qui se défend. L’Albatros en fait tout autant.

 

Un peu d'histoire(s) du Golf National

L’architecte du Golf National. Hubert Chesneau, 74 ans, a été un excellent joueur de golf, et arbitre, Capitaine des équipes de France (1975-1979), Président de la Commission Sportive de la ffgolf (jusqu’en 1984), puis Directeur Général de la ffgolf (jusqu’en 2006).

Naissance d’un rêve. Hubert Chesneau a, dès le début, partagé son rêve avec Claude Roger Cartier (Président de la Fédération de 1981 à 1997), jusqu’au couronnement de cette folle entreprise, par l’attribution de la Ryder Cup, en France, sur le Golf National, en 2018. « Au tout début des années quatre-vingt, avec Claude Cartier, nous sommes allés voir les uns, les autres y compris Jacques Chirac à l’époque, et nous avons obtenu le terrain, sous un bail emphytéotique (parce qu’on ne voulait pas l’acheter) et nous avons signé un bail de 99 ans. »  Le 27 septembre 1985, le Président de la ffgolf, Claude-Roger Cartier a fait voter le lancement du projet par son Comité. Le Golf National a été inauguré le 5 octobre 1990 par Roger Bambuck, Ministre de la Jeunesse et des Sports.

Historique. Une fois le feu vert donné : « Dans la foulée, j’ai fait les premières esquisses, assez rapidement, c’était facile puisque ce qui me plaisait, c’était… la feuille blanche ! Et c’est vrai, il y a trente ans, il n’y avait rien. C’était des champs de blé. Des plaines à blé du château de Versailles. Il y a un petit bâtiment (qui a été rénové) et une des portes des plaines à blé du château de Versailles. On a retrouvé deux ou trois bornes avec des fleurs de Lys. C’était donc des zones tout à fait planes, sans rien, sauf un petit croissant de quatorze arbres que j’ai gardé, des chênes bicentenaires. L’idée, c’était de faire sur un terrain plat, un terrain inspiré à la fois par mes connaissances du golf en Écosse et surtout des links du Royal Birkdale (à Southport, Angleterre ndlr), celui des clubs abritant l’Open britannique le plus facilement comparable (au Golf national), puisqu’il y a des dunes et des mouvements de terrain. » Hubert Chesneau eu pour conseiller, le célèbre Bob Von Hagge.

La « télé » - vision. La prouesse de l’architecte est d’avoir su prévoir, il y a 30 ans, qu’il viendrait à Saint-Quentin-en-Yvelines, autant de monde des quatre coins de la planète, qu’il y aurait autant de spectateurs, autant de médias, de relations publiques, autant de télévision - la télévision numérique n’existait pas…

« Cela ça fait partie des paris que l’on prend dans la vie, que ce soit pour un golf, pour un bâtiment ou pour des tas d’aménagements. À un moment donné, quand j’ai pensé effectivement mettre des câbles enterrés de façon permanente pour que les télévisions n’aient plus qu’à brancher leurs appareils. Mais en réalité les techniques étaient en train d’évoluer, et heureusement, quelques temps avant le début du chantier, des gens comme Gérard Van Der Gucht m’avaient dit : « Non mais attends, ne fais pas ça, on n’en n’aura plus besoin dans dix ans ! » Donc là, j’ai fait demi-tour. Ce qu’il fallait faire, c’était avoir des points suffisamment dégagés et surélevés pour que l’on puisse mettre une caméra et qu’avec cette même caméra, l’on puisse tourner sur trois trous en même temps. Le fait que tous les trous soient bordés de points hauts, permet de mettre des caméras partout, et d’obtenir une très bonne réalisation. »

La maturité. « Un parcours de golf, c’est comme le bon vin, il faut que ça vieillisse un peu. C’est vivant un golf. Ça vit, ça vit ne serait-ce que par les joueurs, leurs techniques et leurs capacités qui augmentent d’année en année. Les parcours sont devenus très courts pour eux maintenant, ils tapent des balles à 290 mètres alors qu’à l’époque, ils arrivaient à peine à 250 mètres. Quelques trous ont été allongés. On a transformé le 18 en par 4 et ce n’est pas fini. À un moment donné, on est limité par les clôtures, c’est le problème, alors il faut trouver d’autres astuces pour compliquer un peu le jeu. Mais il y en a ! »

Le trou Colin Montgomerie. « Quand j’ai ouvert le parcours, j’ai donné un nom à tous les trous. Comme sur les vieux parcours écossais qui ont des trous anciens. Le quatorze n’est pas un des derniers trous, mais c’est le seul que j’ai adapté aux circonstances. Je l’ai appelé « Les collines de Colin », puisque c’est là que Colin Montgomerie a gagné l’Open, en faisant un eagle sur ce trou 14. J’avais trouvé que « Les collines de Colin », c’était amusant. Ceux qui connaissent l’histoire de l’Open savent pourquoi ce trou s’appelle ainsi et c’est pour moi une manière de partager ce petit clin d’œil avec eux. »

Propos recueillis par Dominique Bonnot
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