Culture Ryder Cup : Miracles à Lindrick

01/03/2017
Photo : rydercup.com et Getty Images

En 1957, les Britanniques mettent fin à 24 ans de lourdes défaites contre les États-Unis. Une belle parenthèse dans l’histoire de la Ryder Cup avant l’arrivée dans l’équipe des joueurs continentaux en 1979.

Lindrick Golf Club

Quand la Ryder Cup 1955 s’achève au Thunderbird Golf & Country Club, en Californie, c’est au tour de la Grande-Bretagne de recevoir la compétition deux ans plus tard. La Seconde Guerre Mondiale est terminée depuis dix ans mais ses ravages se font encore sentir. Le Royaume-Uni sort tout juste des rationnements imposés par le gouvernement et la nécessité. Pour la PGA britannique, trouver l’argent nécessaire à organiser la rencontre contre les États-Unis est un véritable casse-tête. C’est alors qu’un homme providentiel va venir au secours de la Ryder Cup.

Sir Stuart Goodwin est un industriel qui a fait fortune dans l’acier. Golfeur plus que modeste, il se passionne néanmoins pour ce sport après avoir assisté à un match play entre Dai Rees et Fred Daly, vainqueur de l’Open britannique en 1947. Le magnat de l’acier signe un chèque de 10 000 livres sterling (équivalent à 27 000 euros d’aujourd’hui) et pose ses conditions : la Ryder Cup se déroulera au Lindrick Golf Club.

Ce club près de Sheffield, au nord de l’Angleterre, n’a jamais reçu la moindre grande compétition. De plus, de nombreux trous du parcours sont longés par une grande route fréquentée par des poids lourds qu’il faudrait fermer à la circulation le temps de la compétition. Rien n’est simple mais Sir Stuart Goodwin est inflexible. C’est cela ou rien.

Finalement, la décision d’y organiser la Ryder Cup est d’abord prise sans en avertir les membres du club ! Ceux-ci seront même plus tard consternés d’apprendre que les billets d’entrée, la restauration et les parkings ne rempliront les caisses que de la PGA britannique. Si le club n’en tire aucun bénéfice immédiat, l’issue de la compétition mettra plus tard Lindrick au centre du monde.

Sept défaites consécutives pour les Britanniques

Sur le plan sportif, cette nouvelle Ryder Cup ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Les Britanniques accusent sept défaites consécutives. Leur dernière victoire remonte à 1933 !  À l’époque, la Ryder Cup se joue sur deux jours avec quatre foursomes le premier jour, suivis de huit simples le lendemain. Et les équipes sont formées de dix joueurs contre douze aujourd’hui. Emmenés par le capitaine-joueur gallois Dai Rees, les Britanniques s’inclinent dans les foursomes et comptent deux points de retard au soir du premier jour. Pourtant, le parcours a été préparé pour les avantager. Les greens ne sont plus arrosés pour les rendre les plus secs possibles et les roughs sont laissés haut autour des greens. Plus de quatre centimètres de hauteur pour perturber le petit jeu des Américains.

Le jour des simples, la foule est considérable. Plus de 10 000 passionnés se pressentent autour des greens de Lindrick. Au fil des matches, des vagues de spectateurs portent les Britanniques transcendés. Hormis Peter Alliss, futur « voice of golf » à la BBC, et Harry Bradshaw qui concède le nul, les Britanniques (Eric Brown, Peter Mills, Dai Rees, Ken Bousfield, Bernard Hunt, Christy O’Connor) gagnent tous leurs matches.

Ken Bousfield dans le brouillard

Dai-Rees-with-the-Ryder-Cup-1957

Dai Rees avec la Ryder Cup.

Sur le parcours, l’absence de panneaux de scores ne permet pas aux compétiteurs de connaître les scores de leurs équipiers. Jouant en quatrième position, Ken Bousfield est opposé à l’Américain Lionel Herbert. L’Anglais domine l’aller mais perd trois trous d’affilée sur le début du retour. Après en avoir fini avec Ed Furgol, le capitaine Dai Rees, cheveux au vent, tente de se frayer un passage au milieu de la foule compacte pour avertir Bousfield du résultat des autres matches. Au 15, Bousfield égalise le trou et remporte son duel, 4 & 3.

Les Britanniques remportent la Ryder Cup 7,5 à 4,5. Dai Rees, qui sera plus tard, désigné comme le sportif de l’année 1957 par la BBC, est porté en triomphe par la foule en liesse qui attendait ça depuis 24 ans. Les deux autres joueurs de l’équipe laissés sur le banc, Mak Faulkner et Harry Weetman, seront aussi de la fête, même si ce dernier sera suspendu un an de compétition par la PGA pour propos désobligeants envers son capitaine. Cette victoire inattendue, c’est le deuxième miracle de Lindrick.

Jean-François Bessey
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