Chronique du Doc : « Vous avez mal au dos ? C’est normal ! »

26/03/2017
Photo : ffgolf

N’accusez pas le golf ni tout autre sport de vous faire mal au dos. Passé un certain âge, nul n’échappe au vieillissement des différents éléments de la colonne vertébrale. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire ! Bien au contraire !

Chronique du Doc : « Vous avez mal au dos ? C’est normal ! »

Nous sommes tous égaux devant le vieillissement des différents éléments de notre colonne vertébrale, et plus spécifiquement, la partie basse de la colonne, la colonne lombaire.

Pourquoi ? Parce que la colonne vertébrale, c’est une pile d’assiettes, dont une sur deux est une vertèbre, l’autre un disque intervertébral. Et autant la vertèbre est un élément solide - c’est de l’os, ça ne s’use pas trop - autant, les disques intervertébraux sont des structures élastiques, sensibles aux misères de l’âge.

Quand on est jeune, elles encaissent bien les contraintes, mais avec le vieillissement, elles deviennent moins tolérantes.

La zone lombaire est plus particulièrement mise à l’épreuve et donc source de douleurs plus fréquentes ou plus intenses, tout simplement parce que nous sommes des bipèdes !

Les contraintes liées à la gravité du fait que nous marchons en « bipodal » s’exercent sur les éléments les plus bas de la colonne vertébrale.

En fait, l’usure des derniers disques intervertébraux est statistiquement normale. On peut même la qualifier de « physiologique ». Au-delà tout le monde commence à ressentir des signes d’usure à cet endroit-là, mais en aucun cas, cette usure n’est provoquée par la pratique du golf.

Le golf peut révéler, en effet, des douleurs qui d’ailleurs apparaîtront souvent plus nettement après la pratique, que pendant. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le golf n’est pas la cause de la douleur, mais seulement le révélateur de l’usure.

Bien sûr, plus l’on est sujet à l’embonpoint, plus on va user précocement ses disques parce que les contraintes que l’on s’inflige sont plus importantes que chez un individu se maintenant dans le meilleur rapport taille-poids. Mais là, c’est tout bête, pas du tout difficile à comprendre, la seule solution qui sera réellement efficace ne sera pas d’arrêter le golf, mais de perdre un peu de poids.

Certes, il y a quelques anomalies anatomiques possibles, qui sont comme autant de facteurs favorisant la venue de douleurs en bas de la colonne vertébrale. Mais nous n’avons à ce jour aucune preuve, que les scolioses mineures soient causes de douleurs accrues dans la région lombaires chez les golfeurs.

Que faut-il faire si on vous découvre une scoliose mineure ? Arrêter le golf ? Non, pas du tout ! Une scoliose mineure, c’est moins de 20° d’angulation sur la courbure principale et non, dans ces cas-là, la pratique du golf n’est absolument pas contrindiquée. La scoliose à moins de 20° n’est pas incompatible avec la pratique du golf, ni d’aucun autres sports, d’ailleurs. Considérez-vous comme « normal ».

Qu’est-ce qui fait que dans le geste de golf, on va révéler cette usure, qui va se traduire par des douleurs ? Vous, et pas votre compagnon de jeu qui a pourtant le même âge que vous ?

Il n’y a pas qu’une question de chance ou de malchance. D’antécédents ou d’excès.

Il y a des paramètres sur lesquels face auxquels vous ne pouvez rien, d’autres sur lesquels vous pouvez agir efficacement.

Nous allons les passer en revue à travers les questions que vous devriez vous poser.

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Suis-je bien gainé ?

Si on prend chronologiquement les choses pour qui va aller jouer au golf, la question est de savoir : « Est-ce que les gens ont une bonne musculature des abdominaux ? Des dorsaux ? Des fessiers de bonne qualité ? Des muscles bien entretenus ? Par exemple, par un petit programme de gym que le golfeur va mettre en application tous les deux jours. Une demi-heure par séance, trois quarts d’heure, si on a le temps.
Est-ce que les gens ont un bon sens de l’équilibre, la fameuse proprioception ? Qui n’est autre qu’un mixte entre l’équilibre et le sens de position dans l’espace.
Sentir son corps en mouvement dans l’espace, cela évite de se retrouver dans des positions tordues ou abracadabrantes qui favorisent la survenue de douleur et les réveils pénibles.

Suis-je assez souple ?

Demandez-vous si vous êtes suffisamment souple. Etes-vous capable d’attraper vos chevilles en vous penchant en avant sans plier les genoux, ou bien vos mains sont-elles distantes de trente centimètres par rapport au sol ?
Vous comprendrez que lorsqu’on n’est ni souple, ni musclé, qu’on n’a pas le sens de l’équilibre, pour peu qu’on soit un petit peu en surpoids et qu’on n’a nullement l’intention de travailler tout ça, on s’expose à de graves déconvenues.
Inutile de vous dire que vous êtes le seul – avec l’aide d’un kiné, c’est impératif de se faire conseiller par un spécialiste - à pouvoir vous donner les moyens pratiquer un golf « safe ». Et si il y a une chose à acquérir en priorité, c’est un bon gainage des abdominaux. Ensuite pensez à travailler la dissociation des épaules avec le bassin : être capable de tourner les épaules sans bouger les hanches, et bouger les hanches sans bouger les épaules.
Et aussi, veillez à être toujours en capacité de rétroversion et antéversion des hanches (avant-arrière et inversement), car c’est indispensable dans le swing de golf.
Si vous pouvez donc intervenir sur votre condition physique, sachez que vous pouvez aussi, intervenir sur les conditions à réunir pour bien jouer au golf. Bien jouer au golf, c’est jouer avec plaisir et pas de douleur, quel que soit votre âge.
Au golf, il est impératif de s’échauffer.

Me suis-je bien et assez échauffé ?

Souvent l’impatience d’en découdre avec la petite balle blanche et une non-information (ou plutôt une information non retenue ou non comprise), vous pousse à sauter la partie échauffement.
Mais ce sera forcément à vos dépens. Il faut comprendre que consacrer une quinzaine ou vingtaine de minutes à l’échauffement, c’est 100% de bénéfices pour vous.
Non seulement, vous préservez votre corps en l’échauffant, mais en plus, vous allez être tout de suite beaucoup plus performant. C’est archi démontré dans la littérature golfique.
Bien souvent, sur les premiers trous, si vous n’êtes pas échauffés, vous serez moins chaud, moins concentré et vous avez toutes les chances d’en mettre partout (des balles).
Certains évitent de taper des balles au prétexte qu’ils ne veulent pas dépenser d’influx. Pas besoin de taper trois sceaux pour être bien échauffer : dix minutes sans les clubs, et quelques coups en utilisant vos clubs du plus petit chiffres à vos bois feront largement l’affaire.
Et nous continuons sur vos moyens d’actions pour éviter de payer trop cher l’addition de la somme d’efforts que vous avez consenti tout au long de votre vie. Nous passons au choix du matériel.

Mes clubs sont-ils adaptés à ma personne ?

Tout comme le travail physique foncier, l’échauffement, le matériel est un allié de votre réussite.
Il faut absolument que vous jouiez, dès que possible, avec des clubs légers, adaptés à votre technique, à la vitesse de votre swing, à votre morphologie.
Cela va de la taille des grips (en fonction de la taille de vos mains), aux manches, et aux têtes de clubs.
C’est complètement faux d’affirmer – comme je l’entends parfois – que le manche est le moteur du swing ! Non, le moteur du swing, c’est le corps humain. Le manche, c’est ce qui va permettre à l’énergie produite par le corps humain d’atteindre la tête de club. Il est donc important que ce manche, soit adapté à la vitesse de votre swing, en termes de longueur, flexibilité, point d’équilibre.
Quant à la tête de club, ne la choisissez pas trop exigeante. Bien au contraire, choisissez-là tolérante, et faites-vous plaisir.
Et tout cela passe par un fitting bien fait. Si possible multimarques, afin d’éviter les considérations commerciales.
Nous en arrivons au swing proprement dit. On connaît pleins d’éléments qui sont à l’origine de douleurs lombaire, mais il en est une qui prédomine, c’est la posture.

Ma posture, elle est comment, ma posture ?

La posture est un élément à prendre en considération en fonction de son âge. Et si vous avez la soixantaine et un pro jeune, attirez son attention si besoin sur vos spécificités, car à vingt-cinq ans, on n’a aucune idée de ce qu’un corps de soixante-ans a pu encaisser ! Or, vous ne pouvez pas à soixante ans, adopter la même posture qu’un gamin de quinze ans, ou qu’un pro en pleine possession de ses moyens.

Et mon swing : est-il en phase avec mon potentiel physique ?

Vous allez donc vous efforcer de construire votre swing en fonction de ce que vous pouvez vous permettre et donc, ne pas hésiter à raccourcir vos gestes. Le but : rendre votre swing plus compact, car plus on vieillit moins on doit solliciter la colonne lombaire en rotation. Ca se joue sur le finish. Ne finissez pas cambré comme un danseur étoile, vous pourriez le regretter !
Optez pour un trois quart de coup (on dit aussi « coups retenus ») ce qui vous évitera une débauche d’efforts en fin de geste, décision d’autant bienvenue qu’elle ne sert à rien. A un certain âge, l’expérience aidant, on va aussi loin avec un swing compact que lorsqu’on frappait un swing à pleine vitesse et grande amplitude. Pourquoi ? Parce qu’on donne instinctivement l’accélération au bon moment.
Dans le domaine purement technique, surtout ne pas adopter le swing en « pivot inversé ». Evitez de mettre tout votre poids à gauche, puis de vous jeter à droite, car là encore vous sollicitez trop votre colonne lombaire.
Réfléchir, se connaître, travailler son swing avec un pro en fonction de votre âge, faire bouger votre corps sans à-coup, de manière coordonnées, avec des amplitudes articulaires moindres et mieux maîtrisés sont autant de facteurs qui vous garantiront une belle longévité sur les parcours.

Pour vous aider, regardez jouer les anciens champions qui évoluent aujourd’hui sur le circuit séniors. Ils jouent au golf tous les jours, mais se sont adapté au vieillissement de sorte qu’ils ne jouent pas moins bien mais différemment.
En conclusion, retenez que plus on avance en âge, plus il est important de savoir s’adapter sur le plan golfique aux situations qui composent votre quotidien.
Avouez que ce serait quand même un peu ridicule de devoir arrêter de jouer au golf, alors qu’il est précisément (cf : la Chronique n°1) démontré la pratique du golf permet à ceux qui y adonnent de vieillir en forme ! »

Dr Olivier Rouillon
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