Golf du Mont-Doré
Le Golf du Mont-Doré, un diamant brut

Perché dans le massif du Puy de Sancy, à deux pas de la ville de Mont-Dore, ce parcours de neuf trous est le plus ancien du département. En raison des conditions climatiques assez rudes en hiver, il n’est ouvert que sept mois par an. Mais, grâce à l’enthousiasme et au savoir-faire de son directeur, Jacques Devaux, ce parcours est un véritable bijou.

C’est en 1927 que le Puy de Sancy, point culminant du Massif Central avec 1886 mètres, vit naître à ses pieds le golf du Mont-Dore, alors composé de 18 trous. « C’était à l’époque un club très fermé, créé par les propriétaires d’un des plus grands hôtels de la ville thermale, explique Jacques Devaux. Mais après la dernière guerre, 9 trous sont retournés à l’agriculture », poursuit celui qui est à la fois gérant, directeur et greenkeeper de ce golf de montagne.

Situé à 1200 mètres, le golf du Mont-Dore, dit aussi golf de Rigolet, n’est ouvert en général que d’avril à mi-novembre, altitude oblige. Ce n’est certes qu’un 9 trous mais ceux qui ne le connaissent pas encore ne savent pas ce qu’ils manquent. Ce par 34, absolument délicieux, possède un charme unique niché qu’il est dans un cadre exceptionnel.

Golf du Mont-Doré

La beauté des lieux est d’ailleurs la principale raison de la présence de Jacques Devaux. Après un premier passage dans la région dans les années 1990, où il s’occupait de ce parcours pendant deux ans, notre homme à tout faire revenait en 2008, comme gérant cette fois. Autant dire que son activité ici est proche du mécénat.

« J’ai repris ce golf avec beaucoup d’enthousiasme, le site est enchanteur, on ne referait plus quelque chose comme ça aujourd’hui. Ce n’est pas fonctionnel du tout, pas lucratif, mais ça ne fait rien. Ça fait la sixième année que je m’esquinte un peu, j’ai un peu de résultats mais peu de joueurs viennent jusqu’ici sous prétexte que c’est un 9 trous. »

Golf du Mont-Doré

Ce golf compte tout de même trente-cinq membres et quelques visiteurs réguliers plus attachés à une pratique bucolique du golf qu’à sa version manucurée. Jacques Devaux reconnaît cependant que son parcours mériterait mieux : « Il n’y a pas d’arrosage automatique, certains trous pourraient être un peu modifiés et, comme la saison est courte et qu’il fait froid jusqu’en avril, je dois semer et semer encore parce que l’herbe à du mal à pousser. Jamais personne ne s’est précipité pour exploiter ce parcours... »

Malgré les réserves de son directeur, le golf du Mont-Dore était parfaitement jouable lors de notre visite, pourtant au sortir de l’hiver, et l’on peut supposer qu’à la belle saison il n’est pas loin d’être irréprochable.

Modeste, Jacques Devaux ne manque pas non plus d’humour : « Ici, c’est le royaume des blaireaux. Pas les joueurs, il faut bien préciser, même si certains d’entre eux pourraient parfois mériter cette appellation... Ce parcours est ouvert aux quatre vents, tous les animaux de la création y passent et surtout les blaireaux qui viennent chercher les larves de hannetons dont ils sont friands. »

Golf du Mont-Doré

Le travail de notre greenkeeper s’en trouve donc augmenté mais c’est avec la plus grande des patiences qu’il l’accepte. « Je fais ça comme un semi retraité mais avant de venir ici je me suis occupé d’autres golfs et je me suis formé à l’entretien des parcours. Avant, je jouais, mais maintenant je préfère m’occuper du terrain, ça m’amuse et c’est devenu un vrai plaisir. Si je joue, je vais tout de suite voir des défauts et je n’aurais qu’une envie, celle de revenir au club house pour chercher les outils. »

Autant dire qu’il n’a pas beaucoup le loisir de paresser dans le club house, une pourtant magnifique bâtisse créée en même temps que le parcours, où snack-bar et pro-shop voisinent de façon très accueillante. C’est ici que Jean-Paul Fereyrolles aime bien venir reconstituer ses forces après une bonne partie en compagnie de ses amis. Employé à la mairie du Mont-Dore depuis 37 ans, ce quinquagénaire y a beaucoup de souvenirs.

Ancien caddy et fils de caddy, Jean-Paul Fereyrolles a officié sur ce parcours dans les années 1960, entre ses 10 et 15 ans. Mais ce n’est qu’il y a peu qu’il y est revenu, cette fois en tant que joueur, « victime » de l’insistance de Florent Taragnat, son jeune pote professeur d’éducation physique. Il y a un peu plus d’un an, il n’avait pas retouché un club depuis cette époque où il portait le sac des riches curistes golfeurs.

Mais pour Jean-Paul, le golf c’est un peu comme le vélo, il n’a pas oublié et a même retrouvé son swing intact. « Enfin, j’ai surtout récupéré ce qui me servait de swing à l’époque », précise-t-il en rigolant de bon cœur. Pourtant, dans le temps, il ne fallait pas trop se montrer club en mains lorsqu’on était caddy : « S’il nous avait surpris sur le parcours, le directeur nous aurait donné du gaz, s’esclaffe Jean-Paul. Il était très sévère. Alors on allait jouer à côté, dans les champs, avec des clubs qu’on se fabriquait nous-mêmes, en choisissant les petites branches d’arbres qui s’y prêtaient le mieux. Mais, à la fin de chaque saison, il organisait une compétition pour les caddys. »

Golf du Mont-Doré

« Quand les clients tapaient leur balle, il fallait bien les suivre et repérer les gentianes auprès desquelles elle était tombée. » Et voilà Jean-Paul montrant du doigt la direction où les fleurs bleues poussaient en abondance, à l’époque. « Il ne fallait surtout pas perdre de vue le point de chute », poursuit-il. Le degré de générosité des clients en question en dépendait. « Certains n’étaient vraiment pas sympas avec nous alors on se vengeait comme on pouvait : en cherchant leur balle, on faisait exprès de marcher dessus, pour bien les enfoncer dans le sol, et on venait les récupérer le soir... Et après, soit on les revendait, soit on les gardait pour nous ! »

À raconter ses souvenirs, Jean-Paul en oublierait presque de jouer. Heureusement, Florent est là pour le rappeler à l’ordre. Ces deux joyeux drilles se retrouvent maintenant le plus souvent possible sur ce parcours dont ils sont membres et très fiers, comme de leur région. « Ha, s’exclame encore Jean-Paul, regardez comme c’est beau ici, le Sancy, ses crêtes, tous ces arbres, ces fleurs ! Hé oui, monsieur, c’est sur les flancs du Sancy que la Dordogne prend sa source ! » http://www.golfdumontdore.fr

Partenaires officiels
logos partenaires officiel sffgolf
fournisseurs officiels
logos fournisseurs officiels ffgolf
Partenaires medias
logos partenaires médias ffgolf