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Interview / sports

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17/01/2014

Laurent Jouanno, directeur du golf de Pléneuf-Val-André, évoque l’Allianz Open Côtes d’Armor Bretagne et l’impact positif de ce tournoi du Challenge Tour.

Laurent Jouanno

Bonjour Laurent Jouanno. Beaucoup de joueurs du Challenge Tour, la «deuxième division» européenne, disent que l’Allianz Open Côtes d’Armor Bretagne, ici à Pléneuf-Val-André, est leur tournoi préféré. Une explication?
Je crois que les joueurs pros se sentent un peu chez eux à Pléneuf-Val-André parce qu’ils viennent depuis longtemps. En 2012, cela fera dix ans précisément que nous organisons des tournois de haut-niveau. Cela a commencé par le Championnat de France en 2002 et 2003. Puis nous avons reçu un tournoi de l’Alps tour (3e division européenne) de 2004 à 2006. Et à partir de 2007, quand Allianz et la Fédération Française de golf ont lancé l’AGF-Allianz Golf Tour qui regroupait sous un même label les tournois du Challenge Tour et de l’Alps Tour disputés sur le sol français, nous sommes partis immédiatement dans l’aventure. Cette fois, avec le label «Challenge Tour». Et en juin 2011, nous avons organisé notre cinquième édition, toujours en tant qu’étape du Challenge Tour.

Est-ce à dire qu’une forte tradition d’accueil s’est développée au fil des ans ?
Oui. L’esprit du tournoi s’est répandu dans le club et dans la ville. Nous avons aujourd’hui cent-cinquante bénévoles qui sont là du matin jusqu’au soir. Pas question pour eux de dire: il fait froid, j’en ai marre, je rentre chez moi... Contre vents et marées, ils restent sur le parcours. Cela fait que le joueur qui part en dernier a absolument la même attention et le même confort de jeu que celui parti en premier.

Quels sont les autres points forts aux yeux des joueurs ?
Le deuxième point, c’est la préparation du parcours. Elle convient aux pros et ils nous le disent. Nous travaillons en collaboration étroite avec les gens du Challenge Tour tandis que des jardiniers supplémentaires se joignent à notre équipe durant le tournoi. On essaye de faire le maximum. Troisième point positif: le golf est à trois minutes du centre-ville. Les joueurs se retrouvent très vite dans un cadre agréable après leur journée. Certains sont logés chez l’habitant, d’autres à l’hôtel ou en chambres d’hôtes. C’est du confort pour eux qui, très souvent dans l’année, doivent se débrouiller avec des golfs parfois assez loin des hébergements.

Étiez-vous déjà directeur du golf de Pléneuf-Val-André quand cette aventure des tournois pros a commencé en 2002 ? Quel est votre parcours personnel ?
Je suis arrivé ici en 1997. Je ne viens pas de Pléneuf mais je suis d’origine bretonne. Du Morbihan très exactement: Cléguerec pour mes grand-parents, Pont-L’abbé du côté de ma mère. Je suis né à Paris et j’ai découvert le golf aux Arcs, en Savoie! J’ai persévéré dans la pratique et j’ai eu la chance de tomber, au golf du Lys, en région parisienne, sur un monsieur qui s’appelle François Saubaber. Une chance extraordinaire car en travaillant auprès de lui comme assistant-pro, j’ai reçu des leçons de golfs mais aussi des leçons de vie, des leçons d’attitude à avoir dans la vie... Après un service militaire où j’étais... moniteur de golf sur la base de Metz (!), je suis passé par le golf et le centre d’entraînement de Montgriffon qui se développait grâce à la chaîne Blue Green.

Et du Blue Green de Montgriffon au Blue Green de Pléneuf-Val-André, il n’y a qu’un pas !
Oui, à un moment, Blue Green a regroupé jusqu’à 35 golfs et dans mon évolution, il fallait un jour que j’aille vers un poste de directeur. En 1996, je suis passé à Pléneuf en vacances. Et l’année d’après, le poste s’est ouvert... Quand j’ai vu ce site fabuleux, je n’ai pas hésité. Ma femme et moi avons alors quitté la région parisienne pour venir ici. Le golf, qui aura vingt ans en 2012, était ouvert depuis cinq ans seulement. Donc il y avait beaucoup de choses intéressantes à créer. La chance, là encore...

Comment conciliez-vous les deux «missions», directeur de golf et organisateur de ce tournoi Allianz golf tour ?
Elles sont totalement imbriquées. Les deux aspects ne vont pas l’un sans l’autre. Chaque année, on se dit qu’avec l’expérience tout va être beaucoup plus facile. Et tous les ans, les mêmes exigences se posent. C’est l’aspect financier qui reste le plus compliqué. Trouver des partenaires dans la période économique actuelle n’est pas simple... Le Challenge Tour se charge de l’apport technique exclusivement. Le reste passe par la filiale créée par la Fédération Française de Golf, «ffgolf production», aujourd’hui sous la responsabilité de A.S.O. (Amaury Sport Organisation). C’est A.S.O. qui cherche les grands partenaires pour le tournoi. Et nous avons besoin de partenaires de plus en plus importants. Lesquels ont légitimement une demande de visibilité de plus en plus grande. Cela passe donc par des plans de communication nationaux...

L’Allianz Open Côtes d’Armor Bretagne va-t-il perdurer ?
Comme pour les autres tournois, le dernier contrat avec Allianz courait sur trois années: 2010, 2011 et 2012. Après, on verra. Ce que je peux dire, c’est que les relations avec les partenaires sont très bonnes. Il y a eu Allianz, bien sûr. Et dès le début, nous étions aussi rentrés en contact avec la mairie, qui nous a suivis. Puis le conseil général des Côtes d’Armor. Puis la région Bretagne. C’était extrêmement important d’expliquer à tous que ce projet, ce n’est pas simplement deux cent personnes et un tournoi. Il s’agit d’un véritable outil pédagogique, pour l’activité touristique et le sport professionnel.

Après cinq éditions de ce tournoi du Challenge Tour au Val-André, comment mesurez-vous l’impact positif ?
La perspective du tournoi nous oblige à régler des problèmes qu’on remettrait à plus tard sinon. Lors de l’hiver 2011, nous avons ainsi modifié le n°10, en prévision de l’extension et la rénovation du clubhouse (en voie d’achèvement, les ouvriers étant justement à pied d’oeuvre durant cette interview!). Pour toute l’équipe de terrain, le tournoi est une motivation, il en va de notre crédibilité. Si on fait bien notre job, on a tout de suite de bons retours, et de la part des joueurs eux-mêmes. Il ne s’agit jamais de critiques bêtes et méchantes. Les pros sont sur les parcours toute l’année et savent de quoi ils parlent. C’est valorisant pour nous d’avoir leur avis.

En tant que responsable de l’organisation, avez-vous eu des sueurs froides ?
Oui, en juin dernier, lors de la dernière édition. Il y a eu des actes de vandalisme la nuit précédent le premier tour. Six greens ravagés, dont trois où nous avons relevé, à cinq heures trente du matin, plus de deux cent cinquante impacts de sandwedge! Il y a eu discussion entre nous, le terrain, et le directeur du tournoi. Solution: premiers départs décalés d’une heure, puis nettoyage des greens qui ont ensuite été comblés avec du sable compacté. L’extraordinaire, c’est que les joueurs ont été 100% solidaires. Pas un ne s’est plaint. Personne n’a dit qu’il avait mal joué à cause des greens !

D’autres anecdotes ?
Lors de notre première édition en tant qu’étape du Challenge Tour, en 2007, Stuart Davies a fait un choc allergique sur le parcours. A cause d’un médicament qu’il avait pris à la fois sous forme de pommade et de comprimés... Il a fait un malaise. Nous l’avons ramené au clubhouse. Ni le médecin ni la protection civile ne trouvaient la cause du problème. Son état empirait... Nous avons appelé le Samu. On attendait une ambulance mais on nous a envoyé un hélicoptère. Il voulait se poser sur le green du 18! Mais cela aurait tout retardé. Finalement, il a pu atterrir sur le practice. Totalement le truc qu’on pense ne jamais rencontrer. Et bien si, ça arrive (rires)!

Et côté joueurs, quelle impression ?
D’une manière générale, les joueurs sont d’une simplicité et d’une gentillesse incroyables avec tout le monde ici. Pourtant, ce sont de très grands joueurs parfois, vraiment pas n’importe qui... Nos deux premiers vainqueurs, l’Anglais Peter Baker (2007) et le Suédois Joakim Haeggman (2008) ont quand même joué en Ryder Cup. Ce sont deux grands messieurs mais ils ont été très simples, très bien. Pour cela, le personnel du golf est toujours ravi de vivre cette semaine de tournoi.

Pensez-vous que l’Allianz Open Côtes d’Armor Bretagne aura développé de jeunes vocations dans la région ?
Totalement. Comme pour tous les sports professionnels, un grand événement comme celui-là est une vitrine. Hors tournoi, on ne peut pas ouvrir les portes du golf à tous et ce, pour des raisons de sécurité. Pendant un tournoi, on peut. A ma grande surprise, l’Allianz Open a attiré énormément de spectateurs non golfeurs. Depuis dix ans, notre parti pris était de faire en sorte que l’entrée soit gratuite. Il y a des animations sur le site, cent cinquante joueurs présents, des tenues hyper colorées, certains pros qui vont manger une «galette-saucisse» à la buvette du public après leurs parcours... Tout cela est extrêmement attractif, notamment pour les enfants. Cette petite balle blanche qui part si loin, pour eux, c’est magique!

Avec les Anglais Baker (2007), James (2009), Walker (2010) et Archer (2011), en plus de Haeggman en 2008, ce sont des joueurs du Nord, habitués aux conditions de jeu rudes, qui se sont imposés à Pléneuf...
C’est dû, sans doute, aux conditions de bord de mer, conjuguées au dessin du parcours. Tous les ans, nous avons au moins une journée très difficile sur les quatre tours. Il faut garder la tête froide et là, ce sont souvent les hommes d’expérience qui se révèlent.

Sur quels trous de Pléneuf-Val-André, voit-on le plus de grosses catastrophes chez ces pros ?
On a eu des catastrophes au départ du n°1. Au n°10. Au n°14. Même si le parcours n’est pas très long (par 72 de 5849 m, architecte Alain Prat), il n’autorise aucun relâchement. Et comme il y a toujours un «petit» vent ici, il faut savoir quand attaquer et quand rester en retrait.

Rêvez-vous, pour l’édition 2012, d’avoir enfin une victoire française ?
Bien sûr! Et même une victoire d’un Breton! On compte sur François (Delamontagne)!

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