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Ici, il ne faut surtout pas venir en client, consommateur ou autres avatars du même type. Avant d’aller jouer, la moindre des choses est de se présenter à Christiane. Christiane, c’est un poème épique à elle toute seule. La preuve ? Homère aurait écrit l’Odyssée II s’il avait eu la chance de la connaître.

Donc, le Golf du Reginu, ce sont 9 trous qui n’existeraient pas sans Christiane, directrice,  présidente et générale (trois mots qui la feraient bondir et la mettraient presque en colère si elle les entendait) de l’Amicale Golf Club de Balagne, une association loi 1901. C’est aussi simple que cela. L’intéressée met bien en avant qu’elle n’a pas été la seule à permettre l’existence de ce parcours mais les faits sont têtus, c’est bien elle qui consacre depuis longtemps la plupart de son temps à cette œuvre.

Avant tout cela, il existait un autre parcours de 9 trous près de Calvi, « magnifique » qui malheureusement dut boucher ses trous pour cause de faillite. Les joueurs de ce golf, dont Christiane et son médecin de mari, ne pouvant rester sans parcours, des recherches furent entreprises et aboutirent à quelques encablures de la plage de Lozari, sur la commune de Speloncato. Une sorte de juste retour  des choses puisque en des temps aujourd’hui immémoriaux, un 18 trous de 6005 mètres, le Golf Club de l’Île-Rousse, fondé en 1929, s’étendait juste derrière cette plage. Une vieille photographie de ce défunt parcours est exposée dans le club house.

Christiane et les siens passèrent des jours et des jours et quelques nuits à déblayer ce terrain couvert de maquis. « Là où il n’y avait pas de maquis, c’était plein de ronces ! On ne voyait presque plus les oliviers ! » C’est dire l’ampleur de la tâche. Le parcours s’est donc construit par étapes patientes, sur une durée de 14 ans. Aujourd’hui, l’arrosage est intégré mais les aides de la collectivité territoriale ont loin d’avoir été au-delà des espérances que nourrissait l’équipe. Malgré cela, le golf du Reginu a été terminé il y a 6 ans de cela.

Pour le dessin du parcours, Chris (c’est ainsi que l’appellent ses amis, statut que quiconque pourra acquérir passées les cinq premières minutes de discussion à moins d’y mettre beaucoup de mauvaise volonté) s’en est entièrement remise à l’œil expert de son mari. « Il est chasseur depuis longtemps, ce qui lui a donné la faculté de déceler et détecter les mouvements du terrain. Il a tout dessiné, ici, sur place ! » explique-t-elle admirative.Toujours est-il qu’ils ont pratiquement tout fait à tous les deux. « Mais je remercie le ciel ou le bon dieu, appelez ça comme vous voulez, pour les aides inespérées que nous avons quand même reçues. »

Chris, qui vit à deux pas d’ici, à Monticello, a de quoi être fière d’avoir « sorti de terre ce parcours et son club house, à partir de rien et pour presque rien ». Mais en mettant la main à la pâte, au sens propre comme figuré puisque, outre quelques deniers personnels, les fonds ont été le fruit de soirées repas et musique organisées au fur et à mesure de l’avancement des travaux.

Le résultat de ces courses folles est un parcours sauvageon, parfois bien compliqué à aborder, peuplé d’oliviers et de chênes, fleuri de nénuphars et d’orchidées, entouré de fières montagnes parfois enneigées, dans un calme étonnant, et doté de greens d’excellente facture.

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Au golf du Reginu, on aurait tort de jouer seul ou même entre soi. On se priverait de la rare expérience de partager une partie avec les joueurs du cru, les plus sereins qui soient, heureux de de jouer comme de vivre, sans besoin de le manifester intempestivement. Ici on prend non seulement son temps, on prend le temps de prendre son temps, ce qui est très reposant mais aussi vivifiant.

Une fois la partie terminée, on aura peut-être la chance d’assister à une scène extraordinaire. Postée devant le club house, Chris se met à siffler de curieuse façon et, quelques secondes plus tard, les spectateurs n’en croient pas leurs oreilles : un autre sifflement venu du ciel leur parvient. Sans mot dire, Chris jette alors en l’air des morceaux de viande qui seront repris au vol par un magnifique milan royal, sous les yeux ahuris des présents et le regard mi inquiet mi envieux des quelques chats de la maison.

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Mais ce n’est pas tout, des golfeurs arrivent, d’autres reviennent, il faut s’en occuper. Notamment de ces deux joueurs venus d’Ajaccio le matin même et qui attendent patiemment. « Ici, on mange les meilleurs sandwichs de Corse ! » disent-ils en chœur provoquant une moue d’assentiment poli de Chris. Il faut dire qu’elle met du cœur à les préparer et à les agrémenter de produits issus du potager du golf, tomates, basilic, persil… Outre le fait de régaler les visiteurs, cela permet d’alimenter les caisses de l’association. C’est dans ce double but que sont également vendues des confitures faites sur place. Celle d’oranges amères sont exceptionnelles. 

On ne quittera pas les lieux sans se procurer une des étonnantes balles logotées du club. « On nous prenait pour des fous lorsque nous nous sommes mis à construire ce golf. Pour ne pas contredire les gens qui nous traitaient ainsi, nous avons décidé de coiffer nos balles du chapeau que vous voyez », commente Chris, l’œil en attente d’une réaction de son interlocuteur.

Douée d’une énergie et d’une passion propre à soulever les montagnes, Chris envisage d’agrandir de 9 autres trous son parcours. Elle voit même plus loin: « Il faudrait deux ou trois golfs de plus pour faire de cette région une vraie destination golfique. » Certaines autorités locales semblent du même avis. Il ne reste donc plus qu’à attendre que cela se concrétise.

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