Le golf de Spérone est probablement le parcours de France le plus gâté par la nature. Une seule photo de l’un de ses trous situés en bord de mer et voilà la fabrique à rêves lancée à toute vapeur ! Ciel d’un bleu profond, mer turquoise, écumes argentées, plages de sable blanc, fairways aux ondulations provocantes, greens miroitants… Quand autant de clichés sont réunis, le paradis n’est pas loin.

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Seulement voilà ! On est ici avant tout pour jouer au golf, avec des moyens qui souvent se trouvent à mille lieues des espoirs. De nombreux témoignages font état de retournements de situation particulièrement cruels au contact de la réalité du jeu et, parfois, de la force du vent : des rêves de grandeurs qui explosent et se transforment en enfer pavé de balles perdues. Il fallait donc faire quelque chose.

« Pour la plupart des joueurs, venir ici est l’aboutissement d’un rêve mais la majorité d’entre eux ne dispose pas des moyens techniques pour surmonter de grandes difficultés, admet Ariane Buzzo, la directrice. Nous nous sommes donc placés dans l’optique des joueurs moyens et nous avons rendu le parcours plus facile pour ne pas les décourager. C’était une nécessité de trouver un équilibre entre ce rêve et l’intérêt golfique du parcours. »

Quelques arbres trop malicieux ont ainsi été retirés du parcours, certains abords ont été nettoyés, ce qui a eu pour conséquence de réduire considérablement le risque de se retrouver dans des situations compliquées. Et, contrairement à certaines rumeurs faisant état d’un entretien approximatif, le golf de Spérone, sans être manucuré, est dans un état irréprochable.  

Spérone, considéré à juste titre comme l’un des plus beaux golf d’Europe, reste cependant difficile à jouer, avec notamment des greens rendus assez durs par l’insistance du vent. Ici, sans doute plus qu’ailleurs, il faut garder un minimum de lucidité au moment de jouer, savourer l’instant en évitant de se mettre à rêver de coups de génie.

Autant l’aborder tranquillement parce que le plus grand coup de génie a déjà été tapé il y a près de trente ans par deux hommes réunis pour l’occasion en sublime paire de foursome : Jacques Dewez, le propriétaire des lieux, et Robert Trent Jones, l’architecte. « Nous avons la chance que Jacques Dewez, ce grand monsieur,  soit tombé amoureux du site, reconnaît Ariane Buzzo. Il a été un précurseur puisqu’il a non seulement imaginé de construire un golf ici mais parce qu’il a contribué faire construire l’aéroport de Figari. Cette partie de la région n’était pas du tout exploitée pour le tourisme avant la création du golf. »

Bien que les photos les plus diffusées montrent les trous de bord de mer, seuls le tiers du parcours offre une vue sur la Méditerranée, ce qui est une excellente proportion, très bien répartie qui plus est : les deux derniers trous, un par 3 suivi d’un par 5, permettent de reprendre ses esprits après avoir côtoyé quelques-uns des joyaux universels de l’art de dessiner des trous de golf.

En attendant, le spectacle n’en est pas moins captivant avec cette plongée dans le maquis offerte dès le premier trou : calme absolu rehaussé du frémissement de l’air dans les feuillages et du gazouillis des oiseaux, senteurs tour à tour légères et pénétrantes, arbustes charmants dès lors qu’on n’y cherche pas sa balle, myriade de teintes de vert, rochers de granite patiné affleurants, mer en arrière-plan… Chaque vue pourrait être une carte postale. En revanche, la difficulté du 8, un long par 4 avec un green en hauteur, n’est pas une vue de l’esprit.

Ce n’est qu’au deuxième coup du 11, si tout va bien, que se dévoile de très près la Grande Bleue. Mieux vaut être préparé à encaisser les grandes secousses qui ne manqueront pas de faire vaciller les amateurs d’émotions fortes. Le green du 11, protégé par un bouquet de rochers et qui semble en surplomb de la mer, avec sa vue imprenable sur la Sardaigne ; le 12, petit par 3 qui peut s’avérer cruel si le vent s’en mêle avec les îles Lavezzi en fond; le 13, avec son dévers diablement aimanté vers la plage de Spérone ; le 15, qui fait semblant de contourner la mer avant de s’approcher de l’éperon qui sert de départ au 16.

Au 16, justement, le trou signature, on n’hésitera pas une seconde à s’aventurer jusqu’aux back tees, juste pour le frisson, au bout de l’éperon (sperun, en corse) qui a donné son nom au golf. Pour ceux qui en ont les moyens, il s’agit ni plus ni moins que de traverser les eaux d’un bout à l’autre de la falaise. Avec un temps calme, ce par 5 est très court mais, comme par enchantement, il peut se faire très très long par vent contre et le bout de l’arc de falaises sur lequel est posé le green paraître inaccessible.

« Jouer ce parcours marque à vie », témoigne Lucio, un joueur rencontré sur le parcours, très habitué des lieux au vu de quelques coups sortis de nulle part sinon de sa casquette de sorcier… A se remémorer ce golf fantastique, on en oublierait presque le club house sur la terrasse duquel on est pourtant installés : vues évidemment imprenables à l’ombre de larges parasols, couleurs de la nature  toujours superbes et changeantes, restauration impeccable. Un petit conseil : autant en profiter avant de jouer. Après une partie, il devient difficile de s’extraire de l’état second dans lequel ce golf plonge ses visiteurs. Ce n’est pas Lucio, les yeux encore embrumés d’émotions fortes, qui nous démentira !

www.golfdesperone.com

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