Sainte-Rose

Pich and Putt de Sainte-Rose, à Narbonne

À l’origine du parcours de Carcassonne, dont il a dessiné le parcours, Jean-Pierre Basurco, natif de La Nivelle et pro de son état, est aussi le créateur du pitch and putt de Narbonne. Ce Basque, qui ne cherche pas le moins du monde à cacher son lieu de provenance, est parti d’un double constat pour bâtir cette structure.

« Lorsque j’étais à Carcassonne, une vingtaine de Narbonnais qui y jouaient m’ont dit qu’ils seraient intéressés par la création d’un golf dans leur ville, explique le pro. Il n’y avait aucun parcours à proximité donc le projet semblait envisageable. D’autre part j’avais le souhait d’être autonome et indépendant. Les pros de clubs ne travaillent pas toujours dans de très bonnes conditions, ils ont souvent des salaires peu motivants. Être à son compte est une bonne solution et je les encourage à s’associer à deux ou trois pour monter de petites structures et être les seuls maîtres à bord. »

Toujours est-il qu’après avoir rencontré le maire de Narbonne à qui ils expliquaient leur projet, Jean-Pierre Basurco et son associé se voyaient proposer un terrain de 13 hectares à la sortie immédiate de la ville. Pas de risque d’être délogé de sitôt, les terres sur lesquelles sont dessinés ces 18 trous étant inondables. « On m’avait dit qu’en moyenne il y avait une inondation tous les 50 ans. En 2005, lorsque nous avons inauguré le parcours, il y en a eu deux en 15 jours ! » s’amuse-t-il. Les 18 trous devraient donc être à l’abri pour le siècle à venir et le club house et le restaurant, nettement en surplomb du parcours, sont eux protégés quoi qu’il arrive.

Outre les 18 trous du parcours, le site comprend un grand practice d’une trentaine de postes et un putting green. « La condition pour qu’un pitch and putt fonctionne bien est qu’il soit très près de la ville, personne ne ferait une heure de route pour ça, reconnaît notre pro. Des gens viennent entre midi et 2 pour déjeuner et taper des balles ou faire un parcours. Parmi eux beaucoup viennent de la zone industrielle. C’est un vrai golf de travailleurs, ici ! »
Jean-Pierre Basurco fait référence au panneau qui accueille les visiteurs à l’entrée du site. L’origine des pitch and putt y est expliquée (voir photo) : « Né en Irlande dans les années 1930, le Pitch & Putt est surnommé à ses origines « working men’s golf ». Les distances sont courtes car aucun trou ne dépasse 90 mètres… »

Le golf de Sainte-Rose reçoit aussi des touristes, principalement des Britanniques, très familiarisés avec ce type de jeu. « Leur habitude, explique Jean-Pierre Basurco en rigolant, est de prendre des balles au club house et de ne payer au retour que celles qu’ils ne peuvent rendre puisqu’ils les ont perdues… »

Sainte-Rose

La fréquentation de ce club très vivant, où des compétitions sont organisées quasiment tous les week-ends de l’année, en simple comme en double, est très variée. Un championnat de France des entreprises et un championnat de France individuel s’y sont d’ailleurs joué. Il accueille de bons joueurs qui viennent perfectionner leur petit jeu, mais aussi beaucoup de débutants. « Il y a des gens de tous les milieux sociaux, des personnes âgées, pas mal de femmes, des jeunes de 30 à 40 ans, détaille Jean-Pierre Basurco. Une fois qu’ils sont venus, ils se rendent compte que ça leur revient moins cher qu’une salle de gym. Beaucoup viennent s’initier ici et jouent ensuite sur les parcours de la région, ce qui ne les empêche pas de revenir souvent. »

C’est le cas de ces deux compères surpris sur le parcours par jour de vent glacial. L’un est chômeur, sur le point de monter une entreprise, l’autre est gendarme, tous deux avaient deux heures de disponibilité. Le froid intense ne coupe en rien leur bonne humeur, et leurs bons coups provoquent autant leur rire que les mauvais.

En 2011, 230 licences y ont été délivrées et cette année, les chiffres devraient monter de façon spectaculaire : le mois de janvier dernier a vu une progression de 34% des licences par rapport au même mois de l’année précédente ! C’est dire le succès du golf de Sainte-Rose. « Je pense que l’on devrait développer davantage ce type de structures, professe Jean-Pierre Basurco. C’est dans des petites unités comme ça qu’on peut former des golfeurs. »
En revanche, le classement des joueurs à partir de 54 de handicap n’est pas du goût de notre Basque : « Le golf est un sport difficile, il ne faut pas perdre ça de vue. Je pense qu’on trompe un peu les gens en leur faisant croire que l’on joue au golf à 54 de handicap. Avec un handicap pareil, on ne sait pas jouer et ça peut décourager les gens. Mes débutants, je les accompagne jusqu’à ce qu’ils aient un handicap de 26 et après ça, ils ne sont pas perdus sur un 18 trous. »

Jean-Pierre Basurco s’occupe également de son école de golf, composée d’une cinquantaine de jeunes de 6 à 16 ans, dont 60 % environ ne sont pas des enfants de golfeurs. Tous les mercredis, il est assisté dans sa tâche par un fringant octogénaire, Pierrot Cavany (voir photo), golfeur, bien sûr, mais pas tous les jours, surtout bénévole et philosophe : « Le golf, c’est comme l’humilité, il en faut un peu tous les jours. »

C’est ainsi que va la vie au pitch and putt de Sainte-Rose, soutenu par un bon nombre de petits sponsors, des entreprises locales de toutes sortes et des viticulteurs, intéressés par la clientèle de ce golf. Cela permet de doter les compétitions, même de façon modeste, mais le principal est ailleurs : ici règne une véritable ambiance de club, rendue notamment possible par la charte qui lie tous les membres. Celle-ci leur impose entre autres de participer à un minimum de compétition et les engage à accompagner les débutants.

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