Stéphanie Arricau

Plongée au cœur des Pôles

La ville de Toulouse est progressivement devenue un haut lieu de l'enseignement de haut niveau en France. Elle abrite aujourd'hui le Pôle France Dames, dirigé par Karine Mathiot, et un Pôle espoirs, placé sous la responsabilité de Stéphanie Arricau.

Stéphanie Arricau a pris les rênes du pôle espoirs de Toulouse début septembre 2011 après avoir collaboré sur cette même entité, avec Karine Mathiot, les deux années précédentes. Pour cette saison, elle a la responsabilité de huit jeunes joueurs et joueuses, d’un âge échelonné entre 14 et 16 ans. L’objectif fixé par la Fédération est très clair : « Le but est de faire entrer le maximum de ces jeunes dans les pôles Boys et Girls, réservés aux 16-18 ans », explique-t-elle.

Après seulement quelques semaines de travail, il est bien sûr trop tôt pour se faire une idée quant au respect de cet objectif. D’autant que la tâche s’avère très ardue. La principale difficulté pour assurer la progression de ces jeunes réside dans le fait qu’il s’agit d’un groupe extrêmement hétérogène constitué de garçons et de filles de niveau golfique et d’âge différents. Certains ont déjà passé un ou deux ans dans ce pôle, les autres ont été sélectionnés à la suite de tests nationaux effectués en juin dernier.

Cela ne pose pas de problèmes particuliers en cours de semaine où ces espoirs sont réunis quatre demies journées, du mardi au vendredi. Cela devient plus compliqué lorsqu’il s’agit de les suivre lors des compétitions auxquelles ils participent certains week-ends : leur calendrier sportif est tout ce qu’il y a de homogène.

Il en faudrait cependant bien plus pour décourager Stéphanie Arricau. Bien sûr, il y a tout ce travail administratif et surtout l’aspect « gestion humaine » auquel elle ne s’attendait pas vraiment. Ces adolescents, tous internes au Creps de Toulouse – ils bénéficient des installations, notamment un chip and putt et un chipping green, et d’un suivi en préparation physique et mentale – ne sont pas toujours aussi sages que les images de champions qu’ils accrochent aux murs de leurs chambres. Cela se répercute forcément sur la vie du groupe.

Mais à voir travailler ces jeunes avec leur enseignante, les problèmes de quotidien semblent inexistants. Il est même difficile de croire qu’ils ne sont ensemble que depuis six semaines tant tout semble harmonieux et aisé. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait. 
Si, avant de la rencontrer, peu de ces jeunes savaient qui était réellement Stéphanie Arricau, ils sont maintenant tous au courant de son palmarès qui impose le respect : quatre victoires sur le circuit européen, dont l’Open de France qu’elle est la seule Française, avec Marie-Laure de Lorenzi et Patricia Meunier-Lebouc, à avoir remporté.

Petit détail qui a beaucoup amusé Stéphanie lorsqu’elle l’a appris, l’une de ses jeunes filles avait le poster de sa victoire à l’Open de France affiché dans sa chambre. « Ils connaissent mon palmarès, ce qui leur permet de savoir que je ne suis pas à côté de la plaque mais ce n’est pas parce qu’on a eu une carrière que cela fait de vous un bon coach, pondère-t-elle. Je dois moi aussi faire mes preuves. »

Ces jeunes gens ont donc une confiance totale en Stéphanie, ce qui se vérifie en constatant leur qualité d’écoute. Un autre facteur d’harmonie est curieusement provoqué par des contraintes matérielles : équipée d’un minibus, Stéphanie Arricau vient chercher ses élèves au Creps de Toulouse pour les conduire aux golfs de Seilh ou de Palmola, partenaires de ce pôle espoirs. « Les trajets, qui sont assez longs, contribuent à souder notre groupe : je parle beaucoup avec eux, pas seulement de golf mais aussi de leur vie scolaire et de leur vie quotidienne au Creps », détaille l’enseignante.

Cette bonne connaissance de ses élèves se trouve renforcée par les relations suivies que Stéphanie entretient avec les parents et facilitée par le fait qu’elle connaît plusieurs des pros de club avec qui ses jeunes ont commencé à travailler et continuent parfois de le faire lors des weekends où ils rentrent chez eux. 
Stéphanie Arricau est en tous cas satisfaite du travail effectué pour le moment par ses élèves. « Sur les huit, cinq ou six ont déjà pas mal avancé en six semaines, se réjouit-elle. Ils ont un grand potentiel mais ils n’ont souvent que deux ans d’école de golf. Pratiquement tout est à construire, mais à leur âge ils sont assez malléables, leurs défauts ne sont pas ancrés et ils ont peu d’apriori. Ils sont frais et spontanés, très attentifs. Cela permet d’agir, ce qui est très intéressant et motivant. »

Très enthousiaste de nature, Stéphanie se demande parfois si elle n’en demande pas trop à ses futurs champions : « J’ai peut-être des exigences trop fortes, basées sur le très haut niveau, je me trouve parfois un peu dure et je dois me raisonner. C’est la difficulté du début de mission. » Cela demande une grande faculté d’adaptation que d’apporter des réponses différentes à chacun des élèves, en fonction de leur degré de motivation et de la conscience qu’ils ont de leur talent.

« Certains sont très modestes, d’autres s’assurent que j’ai bien vu leur coup, ils sont en recherche de reconnaissance, d’autres sont assez sûrs d’eux-mêmes mais la plupart ont envie de passer pro et la moitié a envie de faire la fac aux Etats-Unis, explique Stéphanie Arricau. Il faut trouver les bons axes de motivation pour chacun d’eux, savoir être juste et les encourager. »

Deux jeunes espoirs

Très différents les uns des autres, les jeunes espoirs du pôle toulousain ont cependant des points communs en dehors de leur talent. À la question, y a-t-il un champion ou une championne français qui vous servent de modèles, la réponse est unanime : un petit silence gêné… Très vite rompu par un « non » franc et massif suivi de l’explication de l’un d’eux. « Chez les joueurs étrangers, oui on en a : McIlroy et Woods ! » C’est dire si ces adolescents visent haut !
 

Valentine Coubelle

Valentine Coubelle, 14 ans
Originaire d’Amiens, Valentine Coubelle a commencé le golf à l’âge de 6 ans, avec ses parents. « J’ai progressé avec des pros différents et j’ai posé ma candidature pour entrer au pôle », résume-t-elle à la vitesse grand V avant d’expliquer que sa passion pour le golf est devenue de plus en plus forte. Elle invoque « le plaisir d’être dans la nature, de voir de beaux paysages, d’être tout le temps dehors », celui de suivre des tournois professionnels, au cours desquels « on apprend beaucoup en regardant les champions et les championnes ».
C’est elle toute seule qui a pris la décision de présenter sa candidature au Pôle Espoirs, avec l’accord de ses parents, bien sûr. « J’ai rencontré des gens qui y sont passé et qui m’ont dit que c’était génial ! Du coup j’ai voulu essayer et là, je suis très heureuse ! »
« J’ai encore beaucoup de marge de progression et je pense que dans deux ans je pourrai intégrer le Pôle Girls, puis, j’espère, le Pôle France. » La suite de sa carrière dépend à ses yeux du fait qu’elle sera ou non acceptée au Pôle France. SI tel est le cas, elle passera pro et suivra les pas de ses idoles que sont Rory – « j’aime bien son swing et comment il joue » – et Rickie Fowler.

Arnaud Ahoua

Arnaud Ahoua, 15 ans
Arnaud Ahoua vient d’entamer sa deuxième année au Pôle Espoirs. Le doute semble n’avoir pas de prise sur lui, sa vision des choses est d’une précision redoutable. « J’ai commencé le golf à l’âge de 9 ans, grâce à mes parents, le 1er mai 2006 sur le golf de Sainte Agathe, à Montluçon. Je faisais de la boxe, mais je me suis blessé, le golf a pris plus de place et ça m’a beaucoup plu. Au début de l’an dernier, j’ai passé les tests à Paris, pour intégrer le Pôle, j’ai fini 13e, et voilà ! »
Doté d’une puissance exceptionnelle – il balance les balles à 100 mètres avec un 60° et à 130 mètres avec un fer 9 mais "avec 80% d’intensité"–, ce jeune homme ne se laisse pas griser devant ce qui fait l’admiration de la plupart : « Je connais des gars qui sont bien meilleurs que moi au chipping et au putting. La puissance, ça ne sert pas à grand chose. »
L’avenir de ce jeune homme semble lui aussi parfaitement tracé. « J’aimerais entrer au Pôle Boys l’an prochain. Pour le moment je suis classé 9 ou 10e de ma catégorie et il faut être dans les 7 premiers, je crois. J’espère passer pro, mais avant je pense passer mon brevet d’Etat, vers 18 ans, aller faire la fac aux Etats-Unis. J’ai commencé à me renseigner là-dessus et j’ai encore deux ans pour m’entraîner avant de poser ma candidature. »
Question modèle, c’est là aussi très déterminé : « J’aime surtout Tiger parce que c’est un black, le premier à arriver à ce niveau. J’aime comme il joue, son jeu d’attaque et c’est tellement beau quand il réussit. Je pense qu’il va revenir, en tous cas j’ai envie qu’il y parvienne. »

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