Ken Strachan

Flying Scotsman

Ken Strachan, le plus français des Écossais ou le plus écossais des Français, est un directeur qui insuffle un esprit vivant et perfectionniste au golf d’Hardelot.

J’apporte la joie...

Il faut se lever de bonne heure, bien avant le premier tee planté dans les brumes laiteuses du petit jour, pour trouver quelqu’un qui n’aime pas le parcours des Pins à Hardelot. Il se dégage réellement quelque chose de spécial de cette route tranquille, noble et fluide tracée par Tom Simpson en 1931. Ou plutôt: réinventée par Tom Simpson. Car le premier golf sur ce site-là avait été esquissé par un certain John Duncan Dunn en 1906, à la demande de John Whitley, ce marchand de linoléum anglais à l’origine du développement du Touquet et de Hardelot, deux sites qu’il voulait «stations balnéaires de classe internationale». Voilà un homme dont la devise fut:«J’apporte la joie». Et de la joie, dans ce coin du nord de la France à mi-chemin entre Paris et Londres, à un drive de Boulogne-sur-Mer, Mister Whitley en a apporté avec le jeu de golf. Et avec ce parcours qui garde, même quatre-vingts dix ans après sa mort, la belle marque apposée en 1931 par Simpson, une marque indélébile.

Princesses endormies

Les temps ont changé... Un autre 18 trous, «Les Dunes», a été dessiné en 1990 par un architecte belge sur une butte dominant Hardelot et sa plage grise, blanche et belle. En 1999 est arrivée la famille Boissonnas, qui a racheté les deux parcours et les a ajoutés à sa collection «Open Golf Club». Comme au Touquet sept ans plus tôt, Nicolas Boissonnas a immédiatement mis beaucoup de choses en oeuvre pour réveiller les «princesses endormies» ou les «princesses inachevées» que sont les golfs soit très anciens soit un peu trop récents. L’architecte Jean-Claude Cornillot a par exemple travaillé d’arrache-pied sur «Les Dunes» dès l’année 2002. Un magnifique clubhouse fut édifié, également aux Dunes. Et c’est à un Ecossais à la personnalité aussi vive que chaleureuse, Ken Strachan, 46 ans, que la direction des deux parcours, «Les Pins» et «Les Dunes» fut confiée.

Glenfiddich ou Glenlivet ?

Ancien golfeur pro originaire de Dufftown, dans le nord de l’Ecosse («C’est le pays des deux whiskeys : Glenfiddish et Glenlivet, situe-t-il avec humour. Ma grand-mère repose près d’une des deux distilleries, dans un très bel endroit où elle est très bien!), Ken Strachan a aussi joué au hockey-sur-glace dans l’équipe des Dundee Rockets. Mais son caractère de compétiteur enjoué, il le met désormais au service des deux parcours d’Hardelot. Et pas question de négliger l’un par rapport à l’autre, même si, bien sûr, il est conscient que «Les Pins», ce bijou signé Tom Simpson est un «monument historique» sur lequel il faut donc intervenir avec modération et discernement. Parlez-lui des «Dunes», de ses dénivelées amusantes, de son environnement superbement arboré, et il vous convaincra qu’il y a de l’Augusta National ou du Seignosse dans le caractère du cadet des deux parcours !

Hiver d’architectes en 2013

Quelle que soit la préférence de chacun, Hardelot séduit à la fois par les identités bien distinctes de ses deux 18 trous et par cette notion de qualité vers laquelle on sent toutes les forces en présence tendues. Et si le golf a subi comme partout ailleurs les effets de la crise, avec une perte notable de la clientèle britannique (baisse de 25 % du chiffre d‘affaires avant une petite remontée en 2011 et un mieux prévu pour 2012), Ken Strachan voit avec une passion intacte les projets de travaux se préciser pour l’hiver 2013, «Un futur hiver d’architectes!». Sur «Les Dunes», Jean-Claude Cornillot va notamment s’attaquer à de nouvelles modifications sur les trous 16 et 12. Sur «Les Pins», c’est Patrice Boissonnas, l’un des fils de Nicolas Boissonnas, touché à son tour par le virus du dessin golfique qui s’intéressera de près aux bunkers et à la qualité du gazon. Avec le spécialiste néerlandais Franck Pons à ses côtés.

Site des PQ1 des cartes européennes

Confronté comme tous ses pairs à la difficile conjoncture, le directeur écossais a dû se résoudre à un plan de restructuration, resserrant pour l’instant les forces vives à une petite équipe de seize personnes. On est loin des vingt-neuf jardiniers officiant au London Golf Club, dit-il! Question de charges sociales totalement différentes des deux côtés du Channel... Mais Ken, aussi bien pour le sport que pour la qualité de ses parcours, se réjouit que Hardelot reçoive, en 2011, 2012 et 2013, les pré-qualifications 1 des cartes du circuit européen: «C’est un critère de qualité. Dans une recherche de perfection, le fait de travailler pour la préparation des cartes avec les agronomes du circuit européen est un plus.» Sans compter, conclut le patron, que la centaine de jeunes joueurs (18-25 ans) venus du monde entier et sans doute conquis par ce qu’ils voient à Hardelot seront autant d’ambassadeurs auprès des touristes golfeurs de leurs pays !

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