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Entretien avec Albane Pain

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17/04/2014

Lilloise, championne d'Europe handigolf après une carrière en valide, une belle histoire de combativité. 

Albane Pain

Récemment titrée championne d’Europe par équipes, avec l’équipe de France mixte handigolf, cette joueuse lilloise se réjouit d’avoir osé se remettre au golf après avoir subi son handicap. Et pas seulement pour la gloire des titres, loin s’en faut !

Depuis quand jouez-vous au golf ?
J’ai commencé à l’âge de 14 ans, au golf de Brigode, dont je suis toujours membre. J’ai progressé assez rapidement pour participer à de grandes compétitions amateur, ce qui m’a permis de jouer avec des filles qui sont depuis devenues professionnelles, comme Karine Icher, Gwladys Nocera ou Marine Monnet. J’ai même battu une fois Karine, en championnat de France, mais ce n’était pas pour la finale...

Mais vous avez dû arrêter le golf suite à votre handicap...
Il y a quatre ans, j’ai subi des opérations au pied gauche suite à une malformation osseuse et malheureusement, lors de la dernière opération, le nerf a été touché et je ne récupérerai plus la marche normale. Mon pied droit est aussi atteint et sera opéré quand j’irai un peu mieux. J’ai donc arrêté de jouer pendant plus de deux ans.

Vous avez fini pour vous y remettre...
Longtemps, je me disais que le golf c’est fini pour moi. Puis mon frère a rencontré Nino Ourabah (l’un des responsables de l’association Handigolf) et c’est comme cela que j’ai appris l’existence du golf handisport. Au début, je n’étais pas emballée, ça ne me disais pas grand chose, surtout parce que je craignais de ne pas retrouver le plaisir qui était le mien auparavant. J’ai fini par rencontrer Nino et le fait de rejouer m’a permis de sortir un peu de mon handicap, de faire du sport et de m’extérioriser énormément aussi.

Et vous avez très vite retrouvé votre niveau...
Avant j’étais classée 3,8 et j’en suis maintenant à 4,5. Et l’an dernier j’ai réussi à jouer 74 sur un parcours ! Je garde cette performance en mémoire parce qu’elle fait très plaisir mais aussi parce que ça me donne l’espoir de baisser encore un peu mon handicap !

Depuis quand faites-vous partie de l’équipe de France handigolf ?
Il y a deux ans, comme j’avais un bon handicap de jeu, on m’a proposé de suivre un stage de trois jours de l’équipe de France. Ils voulaient savoir ce que je valais. Ce stage s’est très bien passé, j’ai très bien joué et j’ai été sélectionnée pour participer à la Coupe d’Europe des Nations.

Et vous êtes devenue championne d’Europe par équipes...
Ça a été la plus belle expérience de ma vie dans le cadre d’une équipe ! L’ambiance, la cohésion, le relationnel, tout était parfait, et en plus on a eu la chance de gagner. Je n’étais pas super contente de mon jeu, parce que j’avais en tête le jeu qui était le mien avant, mais j’étais hyper heureuse d’y participer et d’avoir repris une véritable activité sportive.

Albane Pain

Quelles sont vos prochaines échéances sportives ? 
Au mois de mai, en deux semaines, nous avons l’Open de France à Saint-Omer et les championnats d’Europe individuels en Angleterre ! Mais je ne suis pas sûre de pouvoir participer aux deux, de pouvoir me libérer en raison de mon travail. Ensuite, en septembre, nous avons les championnats du monde au Japon, mais nous ne savons pas encore si la Fédération pourra financer notre déplacement.

Quelle est votre profession ? 
Avant mon handicap, j’étais responsable du rayon golf chez Décathlon, à Lille, et je suis très reconnaissante que l’on ai pu depuis me proposer un emploi plus adapté. Aujourd’hui, je m’occupe de le comptabilité et même si cela me demande beaucoup d’énergie, je m’éclate ! Il y a quelques années, j’ai aussi travaillé chez Ping.

On peut supposer que cela n’a pas été facile de reprendre une activité sportive...
Beaucoup de gens disent qu’ils ne pourront jamais retrouver une activité , mais c’est faux. Il ne faut pas se mettre de freins. Je suis très heureuse de pouvoir rejouer.

Comment se manifestent ces freins ?
Le premier est de croire que l’on n’y arrivera pas, et c’est surtout contre cela qu’il faut se battre. Une fois franchi ce cap, il faut aussi passer celui des dossiers et des examens médicaux qui vous permettront d’avoir le statut handigolf. Il y a ensuite le regard des autres qui n’est pas toujours facile à vivre. On entend souvent des réflexions désagréables qui montrent que nous ne sommes pas bien acceptés. Lors d’un grand prix auquel je voulais participer, l’arbitre n’a pas voulu m’autoriser l’accès avec ma voiturette alors que sans elle je ne peux pas jouer... Il faut se battre contre les idées reçues, les nôtres comme celles des autres.

Votre golf a-t-il beaucoup changé depuis votre handicap ? 
Ma force maintenant ce n’est pas le swing, c’est surtout le mental ! Je ne peux pas m’entraîner beaucoup, je dois donc jouer avec les moyens du bord. Mais j’ai de l’expérience, j’essaie de jouer un peu plus avec les mains, je travaille beaucoup plus la stratégie et le petit jeu. Et je ne cherche pas à faire des birdies partout, j’accepte mieux les erreurs, avec humilité. Par contre, je me bats jusqu’au bout et ça paie !

Et votre plaisir de jouer est intact... 
Aujourd’hui, quand je joue, c’est vrai que ce n’est pas toujours évident, mais je garde vraiment le plaisir du jeu, l’envie d’aller jouer et de garder une activité physique. Et ça me permet de passer au-dessus de mes problèmes, c’est ça qui est bien !

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