Après le premier tour, seulement six Français sont pour le moment dans le cut qui se situe à 71 coups, soit le par des deux parcours du Royal Troon et du Glasgow Gailes Links. Rien n’est évidemment joué puisqu’il reste un tour, disputé ce mardi, pour accéder aux 32e de finale. Ceux qui ont joué Troon lundi seront à Glasgow Gailes, ceux qui étaient à Glasgow Gailes se rendront à Troon. Chaque jouer aura donc évolué sur les deux parcours.
Dans le groupe France, composé de Julien Brun, Paul Barjon, Edouard España et Clément Sordet, c’est la satisfaction. Les deux premiers sont sous le par, le troisième dans le par, et le quatrième 2 coups au-dessus. « A moins de 6 mètres, j’ai tout rentré », fait remarquer un Julien Brun tout fier de son putting. Mais très insatisfait de beaucoup d’autres coups. « J’ai mis mon deuxième coup hors limite au 11 », avoue-t-il.
« Et tu as quand même fait 5 avec une balle hors limite ? C’est beau », s’extasie Adrien Saddier qui s’est joint au groupe. Ce dernier a d’ailleurs fait le meilleur score français de la journée, avec un 68 de très bon aloi puisque seuls deux joueurs, un Australien et un Britannique, ont fait mieux avec 67 coups.
On se raconte donc ses propres coups, mais on sait aussi relater ceux des copains, observés lorsque le hasard les faisaient se croiser sur le parcours. On sait se faire admiratif, mais aussi compatissant et même pédagogue : « Explique-moi ce que tu as voulu faire sur le 2. Tu aurais dû t’aligner vers la gauche pour faire ce coup… »
On rigole, on s’étonne de certaines choses observées, comme ces portiers postés en permanence devant l’entrée du club house ou ce gardien des vestiaires, tous revêtus de magnifiques uniformes très colorés qui les font ressembler à des maréchaux d’empire. Et, comme on sait aussi se faire moqueur, on ironise sur certains qui ont un peu explosé en vol lors de ce premier tour. « Combien il a fait XXXX ? » « 85 », répond-on. « Eighty five ? Too much ! »
A ce propos, deux des Boys les plus prometteurs, Kenny Subregis et Romain Langasque, sont un peu passés au travers des mailles de leur réputation. Mais chacun sait qu’ils sont capables de totalement renverser la tendance aujourd’hui.
Pour le moment, toutes les opérations se déroulent un peu dans l’anonymat. Très peu de spectateurs ont pu se libérer, mais sans doute se réservent-ils pour les « choses sérieuses », à savoir les parties en match play qui débuteront mercredi. De fait, il y avait sans doute plus d’arbitres sur le terrain que de spectateurs. Mais, parmi ces derniers, certains allaient prendre des nouvelles des joueurs à leur arrivée, les interrogeaient sur leur score et leur proposaient même des rendez-vous pour le lendemain : il n’y a pas spectateur plus attentif et attentionné qu’un agent venant faire son marché en prévision des temps sans doute proches où certains de ces joueurs seront décidés à passer professionnels.
Jean-Louis Aragon