Interviews > Interviews
16/11/2009

Bourdy : « Je suis tellement heureux ! »

Vainqueur à Hong Kong ce dimanche, Grégory Bourdy a remporté son premier tournoi en 2009, le tout dernier de la saison régulière. Quatre tours sous le par pour terminer à -19, avec deux coups d’avance sur Rory McIlroy, pourtant auteur d’une grosse charge le week-end (65 et 64). Pas le temps de savourer pour Greg : une coupe de champagne rapide dans le vestiaire et il filait fissa à l’aéroport pour Dubaï, puisque cette victoire le qualifie in extremis pour le Dubaï World Championship, la finale du Tour européen.

Grégory, on ne vous demande pas comment ça va…
Ah je suis en pleine forme ! C’est difficile pour moi d’aller mieux, même si je suis un peu cassé. Rien à voir avec une nuit agitée, puisque j’ai dû vite prendre l’avion pour Dubaï après ma victoire. Je suis tellement heureux…

Apparemment, vous aviez le fluide sur les greens cette semaine.
J’ai certes bien putté, surtout lors du troisième tour où j’ai joué 63 (-7). Mais il n’y a pas eu que le putting, loin de là. J’ai fait beaucoup de très bonnes choses, et notamment d’excellents coups de fer. J’ai même raté pas mal de putts sur des greens difficiles à lire et avec beaucoup de grain. Quand tu en rentres un sur deux ou un sur trois pour le birdie, tu es plutôt très content. Le dimanche, j’ai planté les mâts, surtout au début, et ce n’est pas rentré. Mais l’important, c’était la régularité.

« Je m’étais préparé à gagner »

Vous aviez un œil sur le leaderboard ou vous êtes resté dans votre bulle ?
Je n’ai rien regardé de ce qui se passait autour de moi. Je savais qu’avec deux points d’avance sur Derksen et cinq sur les autres poursuivants au départ du dernier tour, j’avais juste à jouer mon jeu, avec un -3 ou un -4, j’avais neuf chances sur dix de gagner. Le leaderboard, je l’ai vu furtivement au 16 et au 17, presque malgré moi. J’ai vu que mon nom était en haut, mais sans savoir avec combien de coups d’avance. Au départ du 18, mon caddie Oliver Elissondo ne me disait toujours rien, donc je savais que je menais. J’ai juste pensé à faire une bonne mise en jeu et à attraper le green. Parce qu’avec un par ou même un bogey, j’allais au moins en play-off. C’est seulement quand je suis arrivé sur le green que j’ai vu que je pouvais prendre trois putts et gagner malgré tout.

Vous avez beaucoup insisté cette semaine sur le fait de jouer coup après coup.Comment arrive-t-on à se mettre dans cet état et à ne pas se projeter ?
Je fais une grosse préparation mentale avant chaque tour, pendant laquelle je m’oblige à être très rigoureux. Et à Hong Kong, j’ai aussi senti qu’il fallait que me fixe des objectifs de scores, ce que je ne fais pas très souvent. Comme quoi ça peut fonctionner parfois.

C’es votre troisième victoire sur le Tour européen, après le Mallorca Classic (2007) et l’open du Portugal (2008). Comment jugez-vous celle-ci par rapport aux autres ?
Elles sont toutes différentes, mais celle-ci a encore plus d’importance à mes yeux, pour plusieurs raisons. D’abord, j’étais déterminé à gagner ce tournoi avant qu’il ne commence. Je m’étais préparé mentalement pour ça, et ça a toujours une saveur particulière quand on décide quelque chose aussi fort. Sur la manière également : j’étais relâché, en pleine maîtrise. J’avais beaucoup de calme et de sérénité. Ce n’est jamais évident de partir avec deux coup d’avance, parce qu’en golf, on sait bien que ce n’est rien du tout. Donc gagner comme ça, devant un champ de joueurs aussi relevé, c’est une satisfaction énorme, je ressens beaucoup de fierté. C’était en plus le jour de l’anniversaire de ma mère, et j’avais ça dans un coin de ma tête. C’est bien pour elle, qui m’a tant donné.

« Le golf, ça reste un truc mental »

2009 ne vous avait guère souri jusque-là non ?
C’était jusque-là une saison en demi-teinte. Je n’avais pas gagné un tournoi ni même fait un podium. J’avais pourtant de bonnes sensation en début d’année. Mais je me suis toujours efforcé de rester patient, de me dire que ça pouvait tomber. Cette victoire, c’est grâce à cette attitude que j’ai su conserver toute l’année.

Olivier Léglise nous parlait des changements techniques apportés à l’hiver dernier pour expliquer en partie vos manque de sensations…
Que ce soit bien clair : les modifications techniques, c’est une partie infime de la performance. Il y a certes eu des petits changements, mais cette victoire est due à un ensemble de choses. Le golf, ça reste essentiellement mental, et quand on trouve les ressources, on y arrive.

Vous avez identifié les raisons de vos soucis en début d’année (quatre cuts sur les huit premiers tournois, et pas un top 40) ?
Non, car je n’avais pas envie de tirer un bilan avant la toute fin de saison, et j’ai bien fait. C’est bizarre le golf, parfois... Prenez Harrington cette année, qui rate plein de cuts, et qui tout à coup se met à enchaîner des performances incroyables. Il y a des choses inexplicables en golf.

« Les dix premiers mondiaux à plus long terme »

Vous êtes désormais 47e de la Race to Dubaï. Vous allez viser le top 30 final cette semaine, pour vous qualifier directement pour le British Open (il a besoin d’un top 4) ?
Je n’ai pas envie de me fixer d’objectifs cette semaine. J’ai juste envie de récupérer aujourd’hui pour repartir plein pot. Déjà, j’ai dû revoir mes objectifs à la baisse en cours de saison, puisqu’en début de saison, je visais le top 20 européen.

Vous êtes désormais 86e mondial…
Ouah, bien, bon job ! (il se marre). Vous me l’apprenez, je ne savais pas. C’est bien de se rapprocher du top 50 mondial et de l’accès à tous les gros tournois qui vont avec, même si ce n’est qu’une étape vers autres chose, puisque je vise toujours les dix premiers mondiaux à plus long terme.

Vous êtes également le premier joueur français à gagner un tournoi trois années consécutivement.
Ah, je ne savais pas non plus. C’est toujours agréable d’entendre ça, je prends. Mais on ne joue pas le championnat de France, ce n’est pas une finalité de se comparer entre nous. On veut se retrouver parmi les meilleurs.

C’est quoi votre programme après Dubaï ?
J’irai jouer les deux tournois en Afrique du sud en décembre prochain. L’hiver dernier, la coupure avait été trop longue et j’avais eu du mal à m’y remettre. Il y a deux bons tournois là-bas, au niveau de la qualité du terrain et du climat. Et si toutefois je décide de ne pas y aller, je ferai de toute façon un entraînement golf soutenu. L’an dernier, j’avais mis l’accent sur le physique,e t la coupure avait été trop longue.


Philippe Chassepot pour la ffgolf
Vainqueur du UBS Hong Kong Open 2009
Licence FFGolf Licence FFGolf
  • open de france alstom
  • Open de France Feminin
  • allianz golf tour
  • generali ladies tour
  • programmes tv
Fermer cette fenêtre

Index Flash


N° de Licence :

Valider


Fermer cette fenêtre