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« Ah oui, je suis aussi énervé qu’hier, j’en ai ras le bol là ! », balançait
Levet d’entrée, pourtant auteur d’un bon 69.
« Au 16, je me mets injouable à gauche, au 17 je dois rester court au chip et je dépasse bêtement pour me retrouver avec un putt en descente, et au 18, je balance un drive de merde dans l’eau et je fais virgule sur mon putt pour le par. » Ce sera tout pour les tâches, car pendant quinze trous, Thomas avait approché la perfection en faisant chauffer tous les mâts sur l’aller : fer 6 à un mètre sur le 3, fer 4 à 1,5m sur le 6, chip donné sur le par 5 du 7, et 3 mètres enquillés au 8. Et comme prévu, Thomas avait trouvé les greens mieux entretenus que la veille… Reste que le sentiment prédominant, c’était la rage :
« Ça fait deux jours de suite que je prends trois points dans la vue sur la fin, ça commence à me gonfler. » 24e à -2, à sept coups du leader Lee Westwood (-9) et cinq du wagon accroché à la deuxième place (Harrington, Villegas, McIlroy, Allenby, McGowan, Oosthuizen à -7), Thomas repartira en mode guerrier ce samedi, tant il y a de points en jeu pour le classement mondial.
Grégory Bourdy était en apparence plus calme, avec son polo pastel, son pantalon en lin et ses efforts pour contrôler ses paroles. Mais quand il ralentit son débit et laisse son regard se perdre au loin, on sait ce que ça veut dire : le signe qu’il tente de ne pas se laisser déborder par ses émotions négatives.
« Je suis très déçu et très énervé parce que j’étais parti pour bien me rapprocher des leaders. En plus, j’ai très bien putté, mis à part trois fois trois putts (12, 14 et 17). » On n’en saura guère plus pour aujourd’hui. Ce sera la leçon du jour : ces gens-là peuvent bien jouer sous le par (-3 pour Levet, -1 pour Bourdy, lui aussi 24e à -2), c’est toujours la dernière impression qui prime.
Sauf pour
Raphaël Jacquelin, tout sourire cette semaine. Hier, il avait enquillé trois birdies pour finir ; aujourd’hui, ce fut un vilain trois putts à cinq mètres sur le 18 qui l’a ramené à -1 (32e), un coup derrière ses deux compatriotes. Il en faudra plus pour énerver l’expérimenté lyonnais :
« Ouais, ça fait bogey, mais bon, après quinze ans de circuit hein… Je ne dis pas que j’en ai rien à foutre, mais je sais qu’il y en aura d’autres, des bogeys… » Sans doute dès ce samedi, pour un peu tout le monde, puisque les vents sont annoncés à 25 km/h de moyenne et 45 km/h en rafales. De quoi compliquer les attaques de greens,
« la clé du parcours » selon Raph’.