
Miguel Angel Jiménez, maître de cérémonie
Julien, êtes-vous surpris par votre victoire ?
Oui, un peu. Même si je sais que je joue bien je suis quand même étonné de gagner si vite et d’avoir réussi à le faire malgré toute la tension qu’il peut y avoir lorsqu’on est en position de gagner pour la première fois sur le Tour. Mais j’ai très bien géré cette situation et je suis fier de ce que j’ai fait.
Tout au long de la journée, vous sembliez nager en plein bonheur. Etait-ce seulement une impression ?
Non, j’ai pris beaucoup de plaisir toute la semaine et encore plus aujourd’hui avec cette carte de moins 8 pour le dernier tour. Ce n’est que du bonheur ! Je n’ai fait aucun bogey et j’ai bien commencé la journée en passant à moins 4 à l’aller.
Au fur et à mesure de votre parcours, avez-vous senti la victoire approcher ou au contraire avez-vous essayé de ne pas y penser ?
J’ai commencé à y croire fortement à partir du 15. Je savais que j’étais dans le coup et que si je tenais bon sur les derniers trous, ça pouvait le faire.
Vous regardiez donc les tableaux de scores ?
Je regarde toujours les scores. Je savais où en étaient Manassero et De La Riva. J’ai très bien joué sur la fin du parcours, avec mes birdies au 14, au 15 et au 16 pour finir avec celui du 18 avec ce sacré coup de fer 4. C’était exceptionnel.
Ce birdie du 18 sort de l’ordinaire…
C’est le bonus sur ma carte parce que je ne m’attendais pas forcément à en faire un sur l’un des trous les plus durs du parcours. Mais c’est le plus beau birdie de ma vie. Il y avait 205 mètres au drapeau et on voulait faire pitcher la balle 10 mètres avant le trou pour qu’elle glisse un peu. Elle a pitché exactement où on voulait et elle a fini mieux que ce qu’on avait prévu. C’est un beau cadeau, je vais m’en souvenir longtemps.
A aucun moment vous n’avez été submergé par la pression ?
J’avais toujours un peu de tension mais je sais que je joue bien depuis trois ou quatre mois et j’ai déjà gagné sur le Challenge Tour et l’Alps Tour. Pour être franc, j’ai eu vraiment la trouille sur le dernier putt : j’avais les mains qui tremblaient mais je me suis appliqué pour prendre une décision simple. Dans ces moments-là, on est un peu ailleurs et on a du mal à se concentrer. J’ai juste essayé de faire ma routine habituelle, pas plus, pas moins.
Ce tournoi était le premier que vous faisiez avec votre caddy ?
Pas exactement. Yann Vandaele était déjà mon caddy lorsque je suis monté sur le Tour en 2010. L’an dernier, il a travaillé un peu avec François Delamontagne et surtout Christian Cévaër. Mais cette saison, c’est effectivement notre premier tournoi.
Voyez-vous déjà l’avenir différemment ?
Je n’ai vraiment pas eu le temps d’y penser ! Je suis quelqu’un d’assez angoissé et donc cette belle victoire va me permettre de faire baisser le stress. Mais je vais continuer de faire ce que je fais depuis pas mal de temps, poursuivre dans la même direction où nous travaillons avec mon coach Benoît Ducoulombier. Je regrette bien d’ailleurs qu’il ne soit pas là aujourd’hui. Et puis, financièrement parlant, ça va me faire du bien parce que j’étais un peu juste avant ça pour financer ma saison. Même si j’étais déjà très confiant pour cette saison, je vais forcément jouer de façon plus libérée. Cette victoire n’est, j’espère, qu’une étape et qu’il y en aura d’autres.
Vous attendiez-vous à l’accueil que vous ont réservés les joueurs français ?
Ça, c’est un grand bonus ! Je me souviendrai longtemps de cette douche au champagne ! On est très solidaires entre nous, on se tire mutuellement vers le haut. Je pense que ma victoire va en appeler beaucoup d’autres cette année parce qu’il y a vraiment un très gros potentiel dans notre groupe. Je suis sûr que cette saison va être une grande année française.