Issu des qualifications, le jeune Breton, 23 ans, s’est offert le cut et une jolie semaine à l’Alstom Open de France... Avant de prendre la route illico pour rejoindre un tournoi de l’EPD, circuit allemand où il évolue depuis deux saisons.
Dire que Damien Perrier a arraché sa place à l’Open de France in extremis est peu de choses. Il n’aurait même jamais dû tenter les qualifications, le 18 juin dernier au golf du Stade Français à Courson, si son père ne l’avait inscrit en lui disant: «Tu as une semaine de libre devant toi. Tente le coup!» Fait incroyable, c’est en sortant un eagle pour être en play off de ces «qualifs» que le jeune Breton a bondi sur le dernier des quatre tickets en jeu pour disputer l’Alstom Open de France. Inutile de dire que vendredi dernier, quand il s’offrit son premier cut à l’Open grâce à deux très bonnes cartes (70 et 72) et à un 26e rang provisoire, Damien pouvait exulter. Quel cadeau le jour de ses 23 ans! Et devant tous ses amis rennais et bretons, déboulés d’Armorique pour l’occasion. Après un 3e tour mouvementé (77), où un quadruple bogey au redoutable n°15 le faisait rétrograder 64e, il gagnait toutefois le droit, ce dimanche, de jouer sa partie finale avec l’Espagnol Raphaël Cabrera-Bello, 11e Européen et 45e mondial. Et sans complexes, s’il vous plait: «Malgré les conditions terribles de vent et de pluie, tôt ce matin au practice» racontait-il sur le coup de midi, j’ai dominé Rafa au début (trois birdies pour Damien dans les huit premiers trous)» et cela m’a mis en confiance.»
Sept à huit heures de route vers Bayreuth dès ce dimanche
Avec un 72 final, le joueur du Golf de Rennes (qui vit par ailleurs sur le parcours voisin de Cicé-Blossac) repartait du Golf National sur un bilan global extrêmement positif. Ne serait-ce que pour ce troisième tour, certes difficile sur la fin mais joué aux côtés du Belge Nicolas Colsaerts: «Nico est francophone. Et c’est une vedette maintenant. Du coup, notre partie était très suivie et j’avais sans doute un peu plus de pression sur les trous finaux...» Pour sa deuxième participation à l’Alstom Open de France (il avait déjà été de l’édition 2009) et sa sixième apparition seulement sur un tournoi du circuit européen, le Breton pouvait être satisfait. Mais sans s’attarder non plus... Car à peine sorti du parcours de l’Albatros, Damien libérait sa chambre au Novotel et bondissait en voiture pour filer vers l’Allemagne afin de disputer, dès ce lundi, un tournoi de l’EPD Tour, circuit germanique qui est l’équivalent de l’Alps Tour, soit la troisième division européenne: «J’aurais même dû être déjà là-bas ce dimanche pour en jouer le Pro Am.» Sept à huit heures de route en perspective pour aller à Bayreuth, avec ses 72 trous encore dans les jambes! Mais Perrier n’était pas seul pour ce voyage puisqu’il partait directement du Golf National avec Kenny Lesager, son caddie occasionnel à l’Alstom Open de France, mais aussi son compagnon de route (et lui aussi joueur sur l’EPD) tout au long de l’année sur ces autoroutes allemandes qui mènent à la plupart de la vingtaine de tournois annuels du circuit.
Vainqueur de son premier tournoi EPD en avril au Maroc
La plupart des tournois seulement. Car cet EPD fait quelques escales hors Allemagne, voire hors Europe. Comme du 1er au 3 mars dernier, lors de l’Amelkis Classic disputé à Marrakech, au Maroc. Un tournoi remporté par un certain... Damien Perrier! Avec ce premier succès en deux saisons sur l’EPD Tour, Damien est aujourd’hui 7e du classement provisoire. Et donc parfaitement bien dans le dessein qui l’a un jour décidé de s’exiler temporairement sur la «Deutschland Galaxie». Explications: «J’ai choisi l’EPD Tour plutôt que l’Alps Tour parce que la saison y commence plus tôt, dès février, et qu’il y a une vingtaine de tournois à disputer. Et comme sur l’Alps Tour, les joueurs qui sont dans le Top 5 du classement en fin de saison ont leur carte pour l’année suivante sur le Challenge Tour. Comme sur l’Alps Tour aussi, le Top 6 gagne le droit d’aller aux cartes européennes en entrant directement par les PQ2 (une étape de gagnée dans ce parcours du combattant que sont les qualifications pour l’année suivante sur le circuit européen.»
250€ de droits d’entrée contre 90€ sur l’Alps Tour
Et le jeune Rennais de souligner que seul l’objectif sportif a compté pour lui quand il a choisi de s’aligner sur l’EPD Tour plutôt que sur l’Alps Tour: «Ce n’est certainement pour le côté financier puisque sur l’EPD, nous payons 250 € de droits d’inscription aux tournois contre 90€ sur l’Alps Tour. Et que la dotation des tournois est de 30 000 € sur l’EPD contre 45 000 sur l’Alps Tour. Ce qui m’a décidé, aussi, c’est que la saison en Allemagne est bien construite, avec des périodes de tournois de quinze jours et des période de calme de quinze jours. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de disputer les qualifs de l’Open de France.» Avant de programmer le trajet «Guyancourt-Bayreuth» sur son GPS, Damien Perrier n’oubliait pas de préciser que son choix personnel n’enlève absolument rien aux qualités de l’Alps Tour, et encore moins à celles du Challenge Tour. En tout cas, après ce qu’il aura vécu de positif, et de formateur compte-tenu de la préparation «ultra course» du parcours de l’Alstom de France 2012, on peut imaginer que Damien va retrouver son EPD Tour plus gaillard que jamais. On lui souhaite donc un bon Festival de Bayreuth!
Nathalie Vion pour la Fédération française de golf