27/09/2012 - Championnat du Monde Dames

C’est parti pour les françaises. En attendant leur résultat du jour, voici déjà, avec Céline Boutier, le premier de 3 portraits que nous leur consacrons cette semaine.

Il y en a qui vont danser une fois la nuit tombée. Il y en a d’autres qui se lèvent à cinq heures du mat pour aller au bal. C’est ce qui s’est passé pour l’équipe de France féminine de golf, ce matin à Belek, en Turquie. Shannon Aubert, Céline Boutier et Perrine Delacour étaient en effet convoquées aux aurores pour assurer les trois danses inaugurales du Championnat du Monde dames au Gloria Golf Club. Dès 7h30 pour Shannon, puis à 7h40 et 7h50 pour ses coéquipières. De par le décalage horaire avec la France (+1 heure), c’est comme si les filles s’étaient arrachées de la couette à 4 heures du matin; la plupart d’entre vous n’étiez pas levés, avouez, bande de marmottes! Dans leurs parties inaugurales, les Françaises étaient associées aux équipes du Canada et de la Thaïlande. Avec, pour ce premier tour de jeudi en stroke play (deux meilleures scores retenus chaque soir), le New Course comme premier terrain de jeu. Ca tombait bien a priori. Car les «Trois souris», après leurs quatre jours de reconnaissance, jugeaient le «New», plus facile que le Old Course. Du côté de l'encadrement, Karine Mathiot tempérait cette première impression des filles, jugeant au contraire que le New Course, malgré ses fairways très aérés à l'Américaine pouvait au final s'avérer beaucoup coriace que le Old Course… Pour l’ultime «reco» d’hier mercredi sur le «New Course», Karine et Edouard Brechignac avaient fixé un petit challenge au trio, avec un objectif de dix birdies à réaliser contre… ce qu'elles voulaient !

De quoi déchaîner les «Golden Girls», qui plièrent le contrat dès le trou numéro 12! Avec un bon paquet de drapeaux plantés, notamment par Perrine sur les par 3. Victoire! Les filles pouvaient négocier leur glace préférée à l’hôtel chaque jour de la semaine jusqu’à dimanche. Faut pas jouer au poker avec des surmotivées de cette trempe. Cela risque toujours de coûter cher en vanille-pistache ou même, parfois, en Fraises Tagada, parlez-en à Karine Mathiot! Côté couleurs, c’est en chemisette Lacoste fuschia et en tailleur-jupe bleu marine que l’équipe au grand complet (sauf Edouard Brechignac en ce qui concerne la jupe) entrait pour de bon dans la compèt hier soir mercredi à l’occasion de la cérémonie d’ouverture. Une journée où les filles posèrent aussi pour la première fois avec Gary le Gorille, leur peluche mascotte à Belek, et avec les fils de Gary: trois petits cache-bois en peluche noire (comme leur papa) prénommés respectivement: François (comme François le Français), François Junior et François JuniorJunior. Après un dernier brief avec Maïtena Delamontagne, la Capitaine de l’équipe, tout était donc en place à J-1 du lancement du Mondial 2012. Un événement qui sera pour Céline, Perrine et Shannon, l’un des grands pics de leur route de golfeuses, quoi qu'il arrive de bon et de moins bon. En attendant le résultat final d'une première journée entamée aux aurores (lire le compte-rendu ce soir), puis qui s'annonçait écrasée de chaleur (32°C) et peut-être pas si facile que cela, voici le premier des trois mini-portraits que nous consacrons aux trois joueuses cette semaine. Celui de Céline Boutier…

Céline Boutier ou… "La planification de la victoire"

Céline Boutier a 19 ans. Elle vient de la région parisienne et joue pour le club du PCC. Quand elle était au Pôle France Girls de Chatenay-Malabry qui est encadré par Edouard Brechignac, elle a bondi sur deux titres (2010 et 2011) au Championnat d’Europe  par équipes Girls. Passée cet hiver au Pôle France dames de Toulouse, encadré par Karine Mathiot, elle a fait de son année 2012 un modèle du genre. Car avant de partir aux Etats-Unis intégrer l’Université de Duke (à Durham, en Caroline du Nord) laquelle l’avait sollicitée, parmi d’autres facs US, pour jouer dans son équipe, Céline a pensé: «C’est ma dernière saison en Europe, je vais la jouer à fond!» A bloc, pour Smiling Boutier, cela donne: victoires aux Internationaux de France et d’Allemagne, double victoire par équipe et en individuel à la Coupe des Nations en mars à Sotogrande, victoire au championnat d’Europe individuel en août et, bien sûr, cette sélection pour le Mondial en septembre. Le top du top dans tout ça, Céline? «Sans hésiter les Internationaux de France juniors/Coupe Esmond! Toutes les meilleures Européennes sont là. C’est une formule très dure avec 36 trous en match play par jour. Ca se passe à Saint-Cloud donc pas loin de la Porte d’Orléans où j’habite. Et c’était surtout la dernière fois que j’y participais. Donc... Je voulais vraiment gagner. Et là, j’arrive... Et je gagne!» Elle explique alors, miss Boutier (c’est là qu’elle va nous scier en toute innocence) que d’habitude, tout est très différent car, en gros, elle gagne presque sans le faire exprès... «Oui, oui, explique t-elle d’une petite voix humble et musicale, les autres fois, je jouais mon jeu et je voyais ensuite ce que cela donnait, mais je n’avais jamais planifié ma victoire. Là, si.»
 
Et le titre européen en individuel, planifié ou pas, alors? «Non, non, en Slovénie, j’ai juste joué mon jeu. Et comme il était en place... Mais je ne pensais pas gagner. Il y avait toutes les meilleures!» Et elle, Céline, elle n’est pas dans les meilleures peut-être?!!! «Ben c’est vrai que j’ai vachement progressé cette année, dans tous les domaines. Et oui, je réalise que c’est quand même une grosse saison et que le Championnat d’Europe était un gros tournoi. Ca fait du bien, tout ça. Cela m’a mis très en confiance avant de partir aux Etats-Unis. Je suis sereine, j’ai moins à me préoccuper pour mon golf et c’est bon de ne pas avoir à stresser de ce côté-là car, à Duke, j’ai beaucoup à faire par ailleurs.» Arrivée dans son université américaine le 17 août dernier, Céline a dû au début «s’adapter en tout, pour la langue, le campus, les entraînements de golf». Mais passé ce cap, elle aime maintenant «vraiment tout». Et l’Américaine qui partage sa chambre est-elle une joueuse de l’équipe, une golfeuse? «Non, non, elle ne joue pas au golf, elle est normale.» Une fille «normale» (!) qui convient parfaitement à la jeune Frenchie: «C’est bien aussi, quelqu’un qui n’a rien  à voir avec le golf, ça change.» Même si, arrivant de Caroline du Nord, miss Boutier a dû digérer un bon décalage horaire en atterrissant directement en Turquie, on serait étonné qu’elle ne développe pas l’essentiel de son potentiel habituel ici. D’autant qu’elle précise avec une absence de prétention déconcertante et assez adorable: «En général, je l’ai dit, je ne planifie pas mes victoires. Mais là, c’est un peu comme avant la Coupe Esmond... Ce Mondial, c’est mon objectif de la saison.» Voilà qui promet! On est pas à l’abri d’une Céline qui contribuerait à la «perf» de son équipe de France en changeant ses habitudes de modestie extrême. Donc en le faisant tout à fait exprès, et avec préméditation, pour la seconde fois de l’année!
 
 
Nathalie Vion pour la Fédération Française de golf
 

 

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