Accueil / Actus / Amateur / Jeunes / Cédric Coquet : « Il faut bosser le mental dès le plus jeune âge »

Cédric Coquet : « Il faut bosser le mental dès le plus jeune âge »

La préparation mentale prend une place de plus en plus importante dans l’entraînement des sportifs de haut niveau. Mais chez les plus jeunes, est-elle nécessaire ? Cédric Coquet, préparateur mental au sein de la fédération, nous livre son avis et sa manière de l’appliquer chez les enfants.

Cédric Coquet sera au contact des plus jeunes pour superviser l'équipe de France lors des Internationaux de France U14. Alexis Orloff / ffgolf
22-24
avril
INTERNATIONAUX DE FRANCE U14 CHALLENGE ALEXIS GODILLOT
LIEU : GOLF DE CHANTILLY, France
CATÉGORIE : U14

À l’occasion des Internationaux de France U14 qui débutent ce vendredi à Chantilly, Cédric Coquet (coach mental) a répondu à nos questions concernant la dimension mentale chez les plus jeunes. Sur place pendant toute la semaine pour superviser les Tricolores, son travail fait dorénavant partie intégrante d’une optimisation complète de la performance. Fini le temps où la technique prenait le pas sur le reste. Il part d’un constat finalement assez simple : tous les très bons joueurs de golf sont à l’aise techniquement mais la différence peut se faire grâce à une bonne approche émotionnelle de son jeu, même lorsqu’on est encore enfant.

Est-ce qu’il y a un âge pour commencer le travail du mental ?
Je ne dirais pas qu’il y a un âge officiel pour se lancer dans la préparation mentale mais c’est quelque chose qu’on peut travailler correctement à partir de 6/7 ans. Bien sûr ça ne travaille pas de la même manière que lorsqu’on a un adolescent face à soi ou un adulte mais c’est un travail qui est parfaitement faisable et complémentaire avec le travail de la technique et du physique. Il faut bosser ce domaine dès le plus jeune âge si le joueur ou la joueuse en question est réceptif et prêt.

La préparation mentale chez les plus jeunes est-elle vraiment nécessaire ?
Oui elle est nécessaire lorsqu’on veut gagner tout simplement. Tous les jeunes que je vois sur les parcours sont de très bons golfeurs. Mais pour sortir du lot, il faut être rigoureux aussi sur sa condition mentale. La préparation de l’esprit va permettre de mieux exploiter un bon niveau de jeu. C’est la différence entre un joueur capable de tenir le coup sous pression ou dans une journée moins bonne que d’habitude et un joueur qui se repose uniquement sur son golf.

On travaille beaucoup sur les émotions, la concentration, la visualisation et la respiration.

Concrètement, comment s’applique la préparation mentale chez les jeunes ?
Il existe beaucoup de moyens d’appliquer cette préparation mais d’une manière générale il faut développer les habilités de base. Chez les plus jeunes on ne fonctionne pas avec un programme personnalisé mais plutôt quelque chose d’universel qui fonctionne avec tous les profils. On travaille beaucoup sur les émotions, la concentration, la visualisation et la respiration. Chez les plus petits j’ai des histoires pour aborder d’une manière plus ludique le sentiment de peur, de frustration, d’excitation. Il faut aussi travailler au sens large et global. C’est-à-dire intervenir également auprès des entraîneurs et des parents pour qu’ils aient des attitudes et des paroles adaptées aux enfants et aux différentes situations. Ce qu’on veut éviter c’est le trou catastrophe avec des larmes et une position d’impuissance. Pour éviter ça j’ai des outils pour bien travailler la routine, la connaissance de soi et la stabilité émotionnelle.

Les enfants sont-ils demandeurs et ressentent-ils les bénéfices de cette préparation ?
Aujourd’hui ça a bien évolué dans le bon sens. Tout le monde travaille la dimension mentale maintenant. Ils sont demandeurs parce qu’ils sentent bien que certaines choses leurs échappent. Ils veulent des solutions et c’est même l’inverse, pendant les tournois la dimension mentale prend le dessus sur la dimension technique.

Vous êtes en train de nous dire que la préparation mentale est aussi importante voir plus que la préparation technique même chez les moins de 15 ans ?
Beaucoup ont un super niveau de jeu mais ils ne sont pas prêts mentalement. La conséquence directe c’est que leur golf n’est pas exploitable à 100%. Qu’arrive-t-il quand la pression monte ? Quelle est l’incidence sur le résultat ? Ce sont ces questions-là auxquelles on peut répondre à travers une bonne préparation mentale. Donc oui la dimension mentale et phycologique est très importante d’autant plus dans ce sport qui demande beaucoup de lucidité et de concentration.


Par Romain MURAILLE
22 avril 2022