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Mathilde Claisse : « Je pense être là pour la Golfers' »

La n°1 française amateur de 2017 est éloignée des terrains depuis début février, en raison d’une luxation de la rotule. Alors que ses congénères disputent la Coupe Esmond cette semaine, la pensionnaire du Pôle France Girls se confie sur la façon dont elle gère cette longue période d’arrêt.

Mathilde Claisse est éloignée des fairways depuis début février. Alexis Orloff / ffgolf
29 mars
2 avr.
INTERNATIONAUX DE FRANCE U21 FILLES COUPE VILMORIN, TROPHÉE ESMOND ET TROPHÉE CLAUDE-ROGER CARTIER
LIEU : Saint Cloud, France
CATÉGORIE : U21

Quelle est la nature exacte de votre blessure ?
J’ai une luxation de la rotule du genou gauche, avec un déchirement de l’aileron intérieur. Je me suis fait ça début février, à la musculation. Je faisais un exercice d’épaulé-jeté, j’ai mal atterri, et ma rotule s’est luxée.

Où en est votre récupération ?
Je suis à la fin de mon immobilisation. J’ai une attelle qui fait toute la longueur de ma jambe. J’ai fait une IRM au bout de deux semaines pour voir comment c’était, et j’ai vu le médecin régulièrement. Pour l’instant, ça se poursuit normalement. Je peux quasiment marcher sans béquilles, mais avec l’attelle bien sûr. En kiné, je suis en train d’essayer sans l’attelle et de réapprendre à marcher, parce que j’ai un peu perdu finalement (rires). Je vais passer un scanner le mercredi 4 avril, pour voir si tout est bien consolidé et si je peux reprendre le golf.

Quel type de travail physique pouvez-vous effectuer pendant cette période ?
Depuis trois semaines, je fais un peu de sport du haut du corps tous les jours. Je ne peux pas faire des trucs de fou, mais j’essaye d’en faire un peu, parce que j’ai perdu super vite.

Avez-vous une idée de la date de votre reprise puis de votre retour à la compétition ?
Si le scanner de mercredi est bon, en sortant, je pourrai putter directement. Le mercredi d’après, je pourrai chipper, et le mercredi encore après, je pourrai taper des balles. Après, ça dépendra de comment je me sens et si mon genou tient le coup. Je pense que je serai là pour la Golfer’s (du 4 au 8 mai, NDLR), pour un retour tranquille, en équipe, avec mon club du RCF La Boulie, dans un format que j’aime bien. Il y a un moment où il va falloir que j’y retourne, parce que là c’est vraiment dur, ça fait beaucoup trop longtemps que je n’ai pas joué. Je ne sais pas si je vais pouvoir retrouver mon niveau de jeu, on n’en sait rien. Pour l’instant, je n’ai pas encore fait de rotation, et je ne me vois pas le faire. Tout ce que je vois, c’est ma rotule qui n’est plus dans l’axe.

« Au début, ça a été vraiment très très dur »

Vous aviez déjà connu ce genre de blessure ?
Pas pendant une saison, dans une période où j’avais un bon niveau golfique. Avant les sélections du pôle, j’avais eu un arrachement osseux au pouce, mais j’étais plus petite, ça n’avait rien à voir. J’avais eu deux mois de plâtre, mais c’était le pouce, donc la rééducation était allée très vite. Je n’avais mis qu’une semaine avant de pouvoir bouger de nouveau correctement.

Comment est-ce que vous arrivez à gérer la situation mentalement ?
Là, ça va, parce que je suis proche de la fin. Au début, ça a vraiment été très très dur. Quand je me suis blessée, il y avait beaucoup de tournois, je voulais beaucoup jouer. J’étais préparée. Je venais de changer de putter, donc je voulais l’utiliser en tournoi. Et puis, même si j’ai joué l’Annika Invitational USA en janvier, ça faisait quatre mois que j’étais en break hivernal, donc j’avais vraiment envie de jouer. Et là, non, pas possible…

Mais donc, maintenant, ça va mieux…
Oui, je me dis que je vais bientôt pouvoir retoucher les clubs. Mais je me tiens quand même tranquille, parce qu’il y a le scanner, et que, tant que ça n’est pas passé, je n’avance pas. J’ai déjà pris un coup au moral, parce que j’étais censée pouvoir putter il y a déjà bien longtemps, mais le médecin a préféré que je ne fasse rien du tout, pour s’assurer que ça se consolide bien. Mais c’est vrai que les deux semaines qui viennent de passer ont paru vraiment longues. Surtout que les filles sont en tournoi, donc je suis toute seule au Creps.

Qu’est-ce que ça fait, justement, de voir les autres joueuses partir en tournoi, alors que vous êtes obligée de rester à la maison ?
La première fois, c’était pour les Internationaux d’Espagne, et ça m’a vraiment fait beaucoup de mal. C’était juste après ma blessure, et je voulais vraiment jouer ce tournoi. Je les ai vues partir, alors que moi, je restais en France, et je devais faire de la kiné, ça m’a vraiment embêtée. Mais j’ai appris à l’accepter, à me dire : « Ok, je suis blessée, donc ça, je ne pourrai pas le faire ». Du coup, pour la Esmond, franchement, ça ne me dérange pas.

Le soutien des autres joueuses du pôle a été important pour vous ?
Oui, cette année, on a la chance d’avoir vraiment un bon groupe au pôle. L’ambiance est vraiment super, on se connaît bien, et on est toutes gentilles les unes envers les autres. Elles étaient les premières à m’aider quand j’en avais besoin et à m’encourager.

« J'ai appris plein de trucs »

Du fait que vous soyez blessée, comment vous êtes-vous organisés au sein du pôle ?
Au lieu d’aller toute la journée au golf (ce qui serait quand même très embêtant pour moi, sachant que je ne peux pas jouer), j’y vais quand j’ai cours, et sinon, l’après-midi, si je n’ai pas cours, je reste  au Creps et je fais de la kiné. On a trouvé un système comme ça, où je fais quand même cinq séances de kiné par semaine. Thomas Duchon (le coordinateur du pôle espoir, NDLR) m’emmène ou me ramène, ça dépend.

L’apport de l’encadrement du pôle a été important ?
Oui, surtout le préparateur mental, Franck Rigole. Je l’appelais quasiment une demi-heure tous les jours. On a beaucoup parlé de relaxation, mais aussi d’imagerie, c’est-à-dire de visualiser du golf pour rester en contact avec le jeu. On a aussi travaillé sur l’acceptation de la blessure. Je pense qu’il m’a beaucoup aidée, j’ai appris plein de trucs. Malheureusement, il a fallu que je sois blessée pour les apprendre, mais bon, c’est comme ça (rires). Ça servira pour la suite.

Cela vous permet-il aussi de pouvoir relativiser certaines choses ?
C’est vrai que j’étais super triste d’être blessée, et qu’après, dans la rue, je croisais des gens qui étaient en fauteuil roulant. Je me disais que, pour moi, c’était temporaire, alors que pour eux, c’est pour la vie. Et puis en kiné, vu que je suis obligée de plier mon genou, ça fait très mal. En temps normal, en préparation physique, on a mal. Mais là, je ne sentirai plus grand-chose.

Du coup, vous avez pu vous focaliser un peu plus sur les cours, avec le bac qui arrive à la fin de l’année ?
Oui, ça m’a permis de travailler mes cours. Mais ça ne me vend pas du rêve, je préfèrerais jouer au golf (rires). Mais c’est comme ça, il faut bien que je m’occupe un peu.


Par William LECOQ
29 mars 2018