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Augusta National Women’s Amateur : Pauline Roussin-Bouchard, les pieds sur terre

Les meilleures joueuses amateurs mondiales se retrouvent à Augusta, de mercredi à samedi, pour la deuxième édition de ce tournoi aux accents de Masters. Premier épisode de notre coup de projecteur sur les trois Françaises engagées avec Pauline Roussin-Bouchard, au cœur d’une saison prolifique avec sa fac de Caroline du Sud.

Pauline Roussin-Bouchard a déjà glané trois victoires individuelles avec sa fac cette saison. Darren Reese
31 mars
3 avr.
AUGUSTA NATIONAL WOMEN'S AMATEUR CHAMPIONSHIP
LIEU : Augusta National / Champions Retreat, États-Unis
CATÉGORIE : Toutes catégories

Le tournoi ? Prestigieux à souhait. Le cadre ? Exceptionnel. Le champ de joueuses ? Le top du top. La manière d’aborder tout cela pour Pauline Roussin-Bouchard ? Strictement la même que pour un autre tournoi. Tout simplement. La meilleure amateur française, qui s’apprête à disputer l’Augusta National Women’s Amateur Championship (ANWA) pour la première fois, est formelle : « Ça ne va absolument pas changer ma manière de jouer. Je regarde ce tournoi exactement comme un autre tournoi. »

Il faut dire que la méthode a fait ses preuves. Pour ne parler que de la saison universitaire 2020-21, la joueuse varoise compte trois succès en individuel. Le dernier en date, déjà à Augusta mais sur un autre parcours, l’a vue poster le score record de sa fac de Caroline du Sud : -15 en trois tours. Celle qui a occupé la place de n°1 mondiale amateur une bonne partie de l’année 2020 a été élue deux fois joueuse de la semaine dans la Southeastern Conference (SEC), et figure en tête du ranking Golfstat des joueuses NCAA (sa fac étant en tête du ranking par équipes).

L'US Open comme référence

Mais là encore, pas de quoi sortir Pauline Roussin-Bouchard de son rail. « Les rankings, je n’y pense absolument pas, campe-t-elle. Leur seule utilité, c’est au moment de tenter les cartes. » Reste tout de même l’excitation de disputer ce tournoi, né en 2019, annulé pour cause de covid en 2020, et permettant aux meilleures joueuses amateurs du monde de se mesurer les unes aux autres dans le temple de l’Augusta National… au dernier tour.

Pauline Roussin-Bouchard a occupé la place de n°1 mondiale amateure de longues semaines en 2020

« Ça met en valeur le golf féminin, qui manque parfois un peu de visibilité, se félicite la n°1 française amateur. Ce tournoi sert aussi à ça. C’est un honneur de le jouer, mais en même temps, on le mérite toutes, car on est entièrement dévouées à ce que l’on fait. Les garçons jouent à Augusta… donc pourquoi pas les filles ? »

Mais avant un éventuel dernier tour, samedi sur le tracé mythique, il va falloir disputer les deux premières rondes sur le tracé de Champions Retreat, que connaît déjà la désormais n°3 mondiale. « J’y ai déjà joué quatre ou cinq fois en reco, explique Pauline Roussin-Bouchard. C’est un vrai parcours de championnat, pas facile. Après, je ne le connais pas encore en conditions de tournoi. » En termes d’expérience à mettre à profit lors de cette semaine géorgienne, elle cite notamment sa première participation à l’US Open, en décembre dernier, où elle avait franchi le cut. « En termes de champ de joueuses, de difficulté de parcours et de pression, ça va être assez similaire », prédit-elle.

« L’attitude va être primordiale »

Dès ce lundi et sa première partie de reconnaissance officielle, Pauline Roussin-Bouchard pourra se faire une idée plus précise du gabarit de Champions Retreat en configuration tournoi. Elle y sera accompagnée par son caddie de la semaine Sébastien Clément, ainsi que par son coach Alain Alberti, qui a fait le déplacement. Restrictions sanitaires obligent, contrairement à ce qu’elle avait envisagé l’an dernier avant l’annulation, la joueuse varoise va cependant devoir se passer de la présence des membres de sa famille au bord du terrain, elle qui est habituée à énormément partager ce genre de moments avec ses proches. « Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir vivre ce moment en famille, mais c’est comme ça », souffle-t-elle.

Car demeure malgré tout l’excitation de pouvoir pousser la porte de l’Augusta National, qui plus est pour y évoluer à quelques jours du Masters. Mais là encore, la volonté est surtout de garder les pieds sur terre. « Bien sûr, j’ai hâte de voir tout ce cadre, confie-t-elle. Mais pour l’instant, je me concentre plus sur une compétition à jouer que sur un lieu à visiter. L’attitude va être primordiale. Il faudra avant tout rester soi-même. Chacun a une façon personnelle de jouer Augusta, ça sera très important de bien la caler. »


Par William LECOQ
28 mars 2021