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Augusta National Women’s Amateur : Pour Candice Mahé, persévérance et fierté

Troisième et ultime épisode de notre série consacrée aux trois Françaises engagées à partir de mercredi à Augusta. Un an après avoir vu sa première participation différée pour cause de pandémie, Candice Mahé va enfin pouvoir disputer l’épreuve, non sans avoir vécu une préparation contrariée ces derniers mois.

Candice Mahé jouera avec une grande pensée pour son grand-père, décédé en fin de semaine dernière. Georgia Dogs
31 mars
3 avr.
AUGUSTA NATIONAL WOMEN'S AMATEUR CHAMPIONSHIP
LIEU : Augusta National / Champions Retreat, États-Unis
CATÉGORIE : Toutes catégories

Certes, peu de monde sur terre peut prétendre avoir vécu les douze derniers mois de manière ordinaire. Mais dans le cas de Candice Mahé, cela deviendrait un doux euphémisme. Début mars 2020, l’étudiante de l’Université de Géorgie s’apprêtait à disputer la deuxième édition de l’Augusta National Women’s Amateur (ANWA), forte d’une année 2019 où elle s’était notamment imposée aux Internationaux d’Espagne.

En cette fin mars 2021, la joueuse bretonne a cette fois la certitude qu’elle disputera bien la deuxième édition du tournoi, celui-ci ayant été annulé l’an dernier. Mais les mois qui viennent de s'écouler ont vu se succéder la période de confinement, des tracas, quelques sautes de confiance, mais aussi et surtout la persévérance et la ferme volonté qu’elle paye enfin, et pourquoi pas cette semaine à Augusta.

« C’est sûr que le covid a modifié certains plans, constate Candice Mahé. J’avais déjà reçu l’invitation, je m’étais trouvé un caddie, j’avais pu jouer un peu à Augusta en reco… Et puis finalement je suis rentrée en France dès qu’ils ont annoncé le confinement. »

Un temps sans réelle possibilité de jouer au golf qu’elle a mis à profit en travaillant (attention, c’est l’instant "cliché breton") dans l’usine de crêpes de ses parents, dans le Morbihan. « J’ai pu les aider, et j’en étais très contente, sourit-elle. Ça m’a fait une nouvelle expérience. Je me suis rendu compte de la chance qu’on avait de jouer au golf tous les jours. »

Un os supplémentaire dans le pied

Candice Mahé a connu un automne en dents de scie sur les terrains américains.

Après un été sans énormément de tournois disputés, Candice Mahé a effectué un bon début de "fall season" avec sa fac de Georgia, mais son jeu a connu une période plus compliquée à partir de The Ally, tournoi disputé dans le Mississippi fin octobre. « J’ai connu beaucoup de misères sur le parcours cette semaine-là, relate-t-elle. J’avais perdu confiance. Mais la confiance, ça revient au fur et à mesure des tours. Du coup, j’en ai profité pour beaucoup m’entraîner en fin d’année. »

Cette nouvelle dynamique positive a rencontré une autre péripétie au mois de janvier, purement physique celle-là : « À la rentrée, j’ai un peu galéré, narre Candice Mahé. J’avais très mal à un pied dès que je mettais des chaussures de golf. Quand je faisais 18 trous, j’étais toujours obligée d’enlever mes chaussures au 15. » Le passage d’une radio s’impose, et il débouche sur un diagnostic certes rassurant, mais pas banal : la joueuse française possède un petit os supplémentaire dans le pied. Le port d’une prothèse la nuit a pour le moment solutionné le problème des douleurs, mais elle a, malgré tout, dû s’arrêter de jouer pendant trois semaines, manquant notamment le premier tournoi de sa fac en 2021.

Le caddie de la tenante du titre sur son sac

Depuis, Candice Mahé a pu participer au Gamecock Intercollegiate puis au Liz Murphey Collegiate Classic, ce dernier tournoi à domicile, mais sans parvenir à s’illustrer au niveau du score (67e et 77e places en individuel). Elle reste malgré tout confiante, à l’heure de faire le court déplacement vers Augusta. « Au Gamecock Intercollegiate, j’ai bien joué dans l’ensemble, mais je n’ai pas du tout scoré, j’ai fait quelques erreurs bêtes, explique l'élève de Bertrand Coathalem. Mais je positive. Je sais que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour m’entraîner. Et je sais que ça va payer tôt ou tard. »

Autrement dit, possiblement dès cette semaine, d’autant qu’elle a déjà pu prendre ses marques sur le tracé de Champions Retreat, où se dérouleront les deux premiers tours du tournoi. « Je connais un membre là-bas, et du coup, j’ai déjà eu l’opportunité d’aller y jouer depuis le début de l’année, souligne-t-elle. C’est vraiment un parcours sympa à jouer. » Quant au tracé de l’Augusta National en lui-même, « je pense qu’il ne faut pas en avoir peur, poursuit-elle. Bien sûr, si je dis que je ne vais pas être stressée, ce n’est pas vrai, parce qu’il y aura forcément de la pression quand je vais arriver au 1. » Elle aura pour cela un bel atout dans sa manche, ou plutôt sur son sac, en la personne d'Allen Payne, son caddie de la semaine, qui avait accompagné l'Américaine Jennifer Kupcho lors de son succès, il y a deux ans pour la première édition.

De la pression, mais aussi de la force intérieure. En effet Candice Mahé a eu la douleur, en fin de semaine dernière, de perdre son grand-père paternel, qui avait justement créé la fabrique de crêpes familiale. Et elle aura à cœur de lui rendre le plus bel hommage sur les tracés géorgiens. « Je suis forcément très attristée, confie la joueuse bretonne, d’autant plus que je partageais le golf avec lui. Malheureusement, on ne choisit pas la date de son départ. Mais je sais qu’il veillera sur moi pendant ce tournoi. Je ne vais rien lâcher, et je vais tout faire pour le rendre fier. »


Par William LECOQ
30 mars 2021