Championnat de France messieurs : le sacre pour Hugo Rouillon

Le joueur du Racing s’est imposé en finale du Trophée Jacques Leglise, 5&4, face à Nicolas Manifacier, du Golf Club de Toulouse. À l’issue d’une finale très maîtrisée, il succède à son partenaire de club, Frédéric Lacroix.

Hugo Rouillon, du RCF La Boulie, est le nouveau champion de France. Lucas Hélin / ffgolf
06-10
juin
CHAMPIONNAT DE FRANCE MESSIEURS COUPE GANAY ET TROPHÉE JACQUES LEGLISE
LIEU : Bondues, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

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Que peut-il bien arriver à un joueur qui parvient à faire birdie après avoir trouvé un obstacle d’eau sur sa mise en jeu ? Rien sans doute, si ce n’est peut-être de récolter la timbale à la fin de la journée. Et comme Hugo Rouillon (RCF La Boulie) a eu la bonne idée de réaliser cette performance ce dimanche en finale du championnat de France messieurs, en lieu et place d’une timbale ordinaire, il a soulevé le Trophée Jacques Leglise.

Ce birdie sur le par 5 du 4 du parcours Trent Jones de Bondues, après une mise en jeu ratée à gauche, est certes sa performance la plus spectaculaire de la partie, mais elle ne saurait pour autant en être le point clé, tant le Racingman a montré sa maîtrise tout au long des 14 trous qu’a duré la confrontation. Face à un Nicolas Manifacier (Golf Club de Toulouse) en manque de birdies et visiblement fatigué par ses matchs précédents (il est allé au moins au 18 sur les quatre premiers tours de match play), le match s’est terminé sur le score de 5&4.

Demi-finales : Rouillon serein, Manifacier à l’arrachée

Les deux hommes ont gagné le droit de jouer l’un contre l’autre dimanche matin, lors des demi-finales. Face à Hugo Rouillon se présentait Quentin Debove (Paris International Golf Club), qui a été le premier à prendre l’avantage au 2, sur un putt de 3 m manqué par son adversaire. Celui-ci se reprend au 3 et au 4, en mettant deux approches très similaires près du mât pour passer 1 up. Dans le même temps, Quentin Debove montre ses premières faiblesses, en mettant notamment son deuxième coup dans l’eau au 4.

Le Racingman ne demande pas son reste, et double son avantage au 5, avec un nouveau birdie. Celui qu’il réalise ensuite au 6 ne sert en revanche qu’à partager le trou, Debove ayant rentré le sien auparavant. Le jeune Parisien grignote son débours avec un birdie au 10, qui le fait revenir 1 down, mais cède à nouveau au 13, en mettant sa mise en jeu dans l’eau, puis en loupant le putt de 4 m pour partager le trou.

Le putting n’a pas fini de coûter cher au Parisien, puisqu’il rate également au 15, cette fois à moins de 2 m, pour passer 3 down. Le partage du 16 avec le par met fin au match.

« C’était un match tendu, avoue Hugo Rouillon avant de prendre le départ de la finale. On sent bien que la fatigue se fait sentir. » Dès la mi-journée, il annonce que pour s’imposer en finale, « il faudra jouer mieux que le par ».

L’autre demi-finale, plus accrochée, est allée plus loin. Nicolas Manifacier se voyait proposer un défi de taille, en la personne d’Hubert Tisserand, vainqueur de la Murat. Le birdie du Toulousain au 1, pour gagner le trou, a vite montré son état de confiance. Patient, Hubert Tisserand est cependant revenu à sa hauteur au 4 grâce à un birdie, et a pris l'avantage au 5 pour une raison similaire. Le birdie réussi au 6 par Manifacier finit de démontrer que ce match proposera du golf de première qualité.

Nicolas Manifacier a dû batailler face à Hubert Tisserand.

Nouvelle illustration au 10, lorsque Tisserand va chercher un drapeau coincé à droite contre l’obstacle d’eau, d’un coup de wedge magistral. Il perd néanmoins cet avantage dès le 11, à cause d’un bogey, puis concède le 12 dans la foulée. Mais le Lyonnais distille une nouvelle approche somptueuse sur son troisième coup au par 5 du 15.

Le match arrive ainsi all square au départ du 17, trou sur lequel il va basculer dans le camp toulousain. Une mise en jeu solide puis un bon coup de wedge donnent à Nicolas Manifacier une occasion de birdie qu’il s’empresse de convertir. Devant composer avec un drive qui a atterri dans le rough de droite, Hubert Tisserand ne peut en faire autant. Ses efforts pour arracher un ultime birdie au 18 restent vains.

Finale : Hugo Rouillon impeccable

Hugo Rouillon et Nicolas Manifacier s’élancent donc à 13 h pour la finale. Le Racingman prend l’avantage dès le par 5 du 1 avec un birdie, « le premier de ma semaine sur ce trou », rigole-t-il en sortant du green. Il double la mise sur le court par 4 du 3, avec une belle approche, tandis que Nicolas Manifacier commence à montrer un manque de réussite au putting.

Hugo Rouillon parvient à faire le par au 13 de l'extérieur du green, pour prendre définitivement l'avantage.

Arrive le fameux trou n°4, et le putt d’une douzaine de mètres rentré par Hugo Rouillon après sa mise en jeu dans l’eau. Manifacier a beau faire le boulot en rentrant un birdie aisé, il ne peut que partager le trou. Le Toulousain doit concéder le suivant, sa mise en jeu trouvant un bunker, et sa sortie heurtant la lèvre. « J’étais en délicatesse avec mes drives, confie-t-il. J’étais souvent 20 m derrière Hugo. »

Il visite un nouveau bunker au 8, mais cette fois près du green. Le résultat est cependant le même : bogey, et trou gagné pour le joueur du RCF La Boulie.

Ajouté au birdie du 9, alors que le deuxième coup de Manifacier termine derrière le green, cela porte la marque à 5 up à la fin de l’aller. Hugo Rouillon commet ce qui sera sa seule erreur coûteuse de la partie au 11, en laissant échapper un petit putt (et le trou par la même occasion). Mais il retrouve son avantage de 5 up au 13, profitant d’un nouveau bogey de Manifacier, confronté à une sortie de bunker très compliquée en fond de green. Le match se termine de manière logique au 14, avec une victoire 5&4 du ciel-et-blanc.

« Je suis super content, et un peu ému, lâche-t-il en sortant du green du 14, après être tombé dans les bras de sa belle-famille, venue le supporter. Je trouve que j’ai vraiment fait une belle finale, à part le putt que je rate au 11, je n’ai quasiment pas fait de faute. C’est juste du bonheur de gagner ici à Bondues, qui est un peu mon deuxième golf. »

Le Trophée Jacques Leglise reste en revanche dans le giron de son premier golf, le RCF La Boulie, puisqu’en inscrivant son nom au palmarès, Hugo Rouillon succède à son coéquipier Frédéric Lacroix.


Par William LECOQ, à Bondues
10 juin 2018