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Coupe Murat : Hubert Tisserand au bout du suspense

Troisième après deux tours (- 5), le Lyonnais a rejoint Victor Veyret en tête, ce matin, à l’issue du troisième (- 6) avant de conclure son tournoi par un 72 et un total de 279 (- 5) lui permettant de conserver un coup d’avance sur François Lagraulet et Jérémy Gandon.

Les lauréats de la coupe Murat 2018
Les lauréats de la coupe Murat 2018. Alexis Orloff
25-27
mai
INTERNATIONAUX DE FRANCE MESSIEURS COUPE MURAT
LIEU : Chantilly, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Quelle dernière journée ! De celles qui laissent une trace dans l’histoire d’un tournoi aussi prestigieux que les Internationaux de France messieurs avec d’incessants rebondissements et une succession de leaders changeant au fil des trous des deux derniers tours.

Avec six Français classés dans le top 6 au terme des trente-six premiers trous, les chances de voir l’un d’entre eux conquérir la coupe Murat, trois ans après la victoire de Jeong Weon Ko, semblaient importantes même si rien n’est jamais assuré en golf et plus encore sur un parcours aussi exigeant que celui de Vineuil.

Les probabilités d’un succès tricolore ont été confortées par le déroulement du troisième tour à l’issue duquel Hubert Tisserand venait rejoindre Victor Veyret en tête (- 6), un coup devant Victor Trehet et Clément Charmasson, troisièmes, et deux devant Jérémy Gandon, cinquième. 

Hubert Tisserand à la coupe Murat
Hubert Tisserand peut savourer sa victoire dans ces Internationaux de France. Il rejoint Gary Stal et Adrien Saddier, deux autres Lyonnais, au palmarès.

Mais, pour tous ces candidats au titre, le plus dur restait à accomplir lors du dernier tour en oubliant la fatigue engendrée par les trois précédents et la pression inhérente à un ultime parcours décisif.

Non sans mal, Hubert Tisserand a réussi à s’imposer au bout du suspense et il a rejoint au palmarès de l’épreuve un autre joueur du Golf Club de Lyon, Gary Stal, vainqueur en 2011 : «Ça fait plaisir de faire partie des lauréats de cette coupe Murat auprès de quelques grands noms du golf français, déclare Hubert Tisserand. Je suis très heureux et épuisé car la journée a été harassante. Lundi, je suis rentré malade des championnats du monde universitaires aux Philippines et il n’a pas été facile de gérer l’accumulation de fatigue. Je me suis battu jusqu’au bout et ça me fait le plus grand bien moralement de gagner à Chantilly. Car, j’ai galéré depuis ma victoire à l’Open de la Mirabelle d’Or (en 2016). Depuis mon retour en France, je me suis entraîné dur avec Renaud (Gris) et j’ai beaucoup progressé techniquement. Mais, sans un putting performant, il m’était impossible de décrocher une victoire. Cette semaine, j’en ai mis quelques-uns et ça fait toute la différence.»

Un birdie au soixante-douzième trou pour la victoire

Malgré une frappe de balle très moyenne sur les premiers trous du troisième tour, Hubert Tisserand a enchaîné les pars grâce à un petit jeu solide. Puis, il a enquillé un putt de trois mètres pour le birdie au 8 et un autre de quatre mètres pour l’eagle au 9 (- 3).

Avec un total de - 8, le Rhodanien devenait le nouveau leader provisoire. Mais, une mise en jeu égarée à droite au 11 l’a obligé à se recentrer et il n’est pas parvenu à sauver son par. Un second bogey au 14 a ramené son score à - 1. Il n’a pas converti une bonne occasion de birdie à trois mètres au 16 et a dû se contenter d’un par sur le 18.

Hubert Tisserand à la coupe Murat
Même s'il n'a pas bénéficié d'une bonne frappe de balle, aujourd'hui, Hubert Tisserand s'est battu pour décrocher la victoire.

Son 70 (- 1) lui a quand même permis de partager la première place (207) en compagnie de Victor Veyret : «En me retrouvant co-leader après ce score sous le par, je me suis dit que je pouvais gagner, reconnaît le Lyonnais. Au fond de moi, je savais que je pouvais mieux jouer au quatrième tour et que j’étais armé physiquement pour tenir le coup malgré la fatigue.»

Il a commencé par un bogey au 1 à cause d’un "trois putts" qu’il a effacé en rentrant une énorme «ficelle» de vingt mètres au 2. Mais, il a concédé deux autres bogeys (4 et 5) : «J’ai conservé une bonne attitude car il restait encore treize trous, ajoute-t-il. Je me suis accroché et j’y ai cru.»

Son birdie du 9 l’a bien relancé. Il a sauvé deux très bons pars au 11 (wedge-putt) et au 12 (sortie de bunker - putt). Hubert Tisserand a glissé un putt de 3,5m au 13 pour le birdie et remettre son compteur à zéro pour l’après-midi et redescendre à - 6 : «J’ai vu que je comptais deux coups d’avance sur mes poursuivants, indique-t-il. J’ai pensé qu’il me fallait encore creuser l’écart sur les cinq derniers trous.»

Mais, après avoir loupé un putt de six mètres pour le birdie au 14, il en a raté un de cinquante centimètres au 15 qui lui aurait sans doute offert l’occasion de plier le tournoi : «Ce n’était pas le moment de m’énerver car mon avance demeurait la même.»

Après un par au 16, son attaque de green du 17 a atterri dans un bunker tout près de la lèvre : «Pour lever la balle, je devais donner de la vitesse à la tête de club, explique-t-il. Mais, elle est sortie forte du club et je me suis retrouvé de l’autre côté en bordure de green sur une bouche d’arrosage. J’ai droppé. Je suis resté court d’un mètre sur mon premier putt et j’ai raté le deuxième.»

A la suite de ce double, Hubert Tisserand était à égalité à - 4 avec François Lagraulet et Jérémy Gandon : «Il me restait un par 5 à bien négocier et un birdie me suffisait pour l’emporter.»

Le Rhodanien a expédié son drive dans le rough de gauche mais, il a atteint le green en deux grâce à un superbe coup de bois 3. Sa balle s’est arrêtée à une quinzaine de mètres du drapeau. Il s’est laissé un putt de moins d’un mètre pour le birdie. Et, celui-là, il l’a rentré : «Cette victoire n’est pas une fin en soi mais, elle me conforte dans mes choix et dans mon futur projet. Je vais donc continuer à travailler pour le mener à bien.»

François Lagraulet et Jérémy Gandon complètent le podium

La deuxième place de François Lagraulet et la troisième de Jérémy Gandon ont offert un magnifique triplé aux amateurs français, comme en 2002 avec François Illouz, Olivier Chabaud et Grégory Bourdy. 

François Lagraulet à la coupe Murat
Battu en play-off en 2015, François Lagraulet a fini une nouvelle fois deuxième à Chantilly.

Mais, l’un et l’autre sont passés tout près de la victoire. Une mésaventure déjà vécue par le Bordelais, il y a trois ans, lorsqu’il avait été battu en play-off par Jeong Weon Ko.

Ayant abordé le dernier tour avec un total de 212 (- 1), l’étudiant d’UMKC a débuté par un bogey mais, il a ensuite inscrit trois birdies sur sa carte (4, 8 et 9) puis un quatrième au 13.  Alors à - 4, il ne comptait que deux coups de retard sur Hubert Tisserand. Le Girondin a conclu par un bogey au 17 et un birdie au 18 pour un score de 68 et un total de 280 susceptible de lui offrir un nouveau play-off en cas de grosse défaillance de Hubert Tisserand. Mais, elle ne s’est pas produite : "J'y ai presque cru à l'issue de mes deux solides derniers tours (70 et 68), confie François. J'ai pris beaucoup de fairways et de greens (seize au dernier tour). Mon putting a été solide. Sur l'aller du dernier tour, je n'étais pas très près des drapeaux mais, j'ai bien négocié les deux par 5. Du 10 au 15, les trous difficiles de Vineuil, j'ai touché tous les greens en régulation mais, il n'y a eu qu'un seul putt qui est tombé, celui de sept mètres au 13. J'ai vraiment bien joué pour mon retour à Chantilly. Je suis très content de ma performance et d'avoir honoré l'invitation de la Fédération."

Jérémy Gandon était déçu d’avoir loupé un putt d’un mètre au 18 pour le birdie et une carte de 70 le hissant à la première place en attendant l’arrivée de Hubert Tisserand : «Je m’en veux, affirme-t-il. Je n’étais pas au courant du score d’Hubert et j’ai joué trop vite ce petit putt.»

Jérémy Gandon à la coupe Murat
Un petit putt raté au 72e trou a privé Jérémy Gandon d'un play-off.

Distancé après un début de dernier tour compliqué (+ 3 après cinq trous), le Racingman a réagi sur la fin de l’aller par une série de trois birdies consécutifs avec des putts de cinq mètres au 7 et de trois mètres au 8. Au 9, il a putté pour l’eagle à cette même distance mais, sa balle a frôlé le trou.

De nouveau dans le par, il s’est créé une autre occasion au 10 à cinq mètres, puis au 11, un peu plus lointaine. Mais, il a concédé un bogey au 12. Et sur le 13, son coup de fer 7 a failli rentrer pour l’eagle. Il s’en est fallu de quelques centimètres.

Le "trois putts" du 18 à treize mètres l’a privé d’un possible play-off : «Je suis satisfait de ma réaction après mon début de partie, commente le Valentinois. J’ai bien tapé la balle et je me suis battu jusqu’à la fin. Dommage ce petit putt raté au 18. Je vais rentrer chez moi pour me reposer. Puis, je remonterai m’entraîner à La Boulie avant de partir au British Amateur.»

La grosse déception de Victor Veyret

Leader au soir du premier tour après son 63 record, Victor Veyret l’était encore au terme du troisième tour malgré un 74. Mais, les neuf derniers trous du dernier tour lui ont été fatals : «J’ai bataillé tout au long de la journée, assure-t-il. Je ne tapais pas la balle comme je le voulais et je n’étais pas dans le rythme. Pourtant, je suis resté dans le coup après mon + 3 de ce matin. Je me suis bien accroché sur l’aller, cet après-midi, mais, ça a craqué sur le retour avec un "trois putts" au 10 et mon double du 11. C’était fini car je n’ai pas réussi à trouver une clé pour conserver un swing correct. C’est dommage. J’aurais tant aimé gagner ce tournoi dans mon club pour ma dernière participation. Il faut savoir apprendre de ses erreurs et les accepter même si c’est très très dur.» 

Victor Veyret à la coupe Murat
Encore en tête après trois tours, Victor Veyret a craqué sur les neuf derniers trous.

Septième et meilleur joueur de Chantilly, Victor Veyret a reçu le trophée Jean-Louis Dupont attribué au leader après 36 trous.

Troisième après les cinquante-quatre premiers trous (- 5), Victor Trehet a occupé la première place au début du quatrième (- 6) avant que deux doubles ne l’écartent de la lutte pour le titre : «Ma balle perdue au 8 et mon triple du 10 m’ont éliminé, confirme le Landais. Je suis bien évidemment déçu même si cette septième place me laisse augurer de bonnes choses pour la suite de la saison. J’ignore si je disputerai le British Amateur car je suis neuvième sur la liste de réserve. Si je n’entre pas dans le champ, j’espère bénéficier d’une invitation pour l’Open de Saint Malo.»

Auteur d’un 70, cet après-midi, Quentin Debove s’est classé septième en compagnie de Victor Trehet et Victor Veyret.

Encore en course à la fin de la matinée, Clément Charmasson a mal négocié ses derniers trous (77) et a fini à la dixième place tout comme Charles Larcelet (285).


Par Gérard RANCUREL
27 mai 2018