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Trophée Golfers’ Club : Le grand huit des Racingwomen

À deux reprises dans l’histoire de la compétition, l’équipe de Saint-Cloud l’a remportée cinq fois d’affilée entre 1933 et 37 puis entre 1971 et 75. Le RCF La Boulie a porté ce record à huit victoires au terme d’une fantastique série de 2004 à 2011.

Lors des huit finales remportées entre 2004 et 2011, le RCF La Boulie a battu à quatre reprises Saint Cloud comme à Pian Médoc en 2009. Crédit / ffgolf
25-29
mai
CHAMPIONNAT DE FRANCE PAR ÉQUIPES DAMES 1ÈRE DIVISION - TROPHÉE GOLFER'S CLUB
LIEU : GOLF CLUB DE LYON, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Vainqueur de trois Gounouilhou (1989, 90 et 91) sous les couleurs du RCF La Boulie, Christophe Pottier entama sa carrière professionnelle après le championnat d’Europe amateur de 1991. Treize ans après, il est revenu dans son club pour occuper la fonction de head coach et il a marqué son retour par un premier succès à la Golfers’ Club organisée à Sablé Solesmes : « Ma première mission a été de créer un groupe solidaire animé d’un véritable  état d’esprit d’équipe alors que les filles étaient assez divisées, explique-t-il. Si nous voulions reconquérir le titre qui échappait au club depuis 1999, il fallait que la mayonnaise prenne et ce fut le cas dès 2004. Il faut dire aussi que cette quête de titres, français et européens, était un vrai projet de club. Nous accomplissions un énorme travail de préparation pendant l’hiver qui fédérait toutes les joueuses. Aucune d’entre elles ne manquait une séance. Et, l’enchaînement de victoires a décuplé leur confiance. Nos adversaires alignaient des équipes très compétitives conduites par d’excellentes joueuses, parfois meilleures que les nôtres. Mais, nous faisions régulièrement la différence sur nos cinquièmes et sixièmes joueuses. Charlotte Schmidlin et Raphaëlle Vilatte n’ont jamais perdu et leurs succès se sont révélés souvent décisifs. »

Des dix titres remportés avec l’équipe féminine du Racing, deux lui ont laissé un souvenir impérissable, ceux de 2005 à Morfontaine et de 2011 au Prieuré : « A mes yeux, la finale de 2005 contre Saint-Cloud est la plus belle, reconnaît-il. Il restait deux joueuses sur le parcours. Lorsque Priscilla Gracia a perdu au 20e trou, nous pensions que c’était fini d’autant que Caroline Aubert était menée 3 up par Anne Lanrezac au départ du 16. Nous avons félicité nos adversaires. Tout le monde s’est embrassé. Mais, Caroline a pris le 16, le 17 et le 18 pour égaliser. Puis, grâce à un eagle sur le par 5 du 3, elle s’est imposée au 21e trou. Lors de la remise du trophée, Lally Segard, qui avait suivi le play off, adressa un merveilleux compliment à Caroline en déclarant qu’elle aimerait jouer au golf comme elle. Je pense toujours que celle-là, nous l’avons volée ! L’autre finale mémorable pour moi s’est déroulée en 2011 face à Saint-Germain. Nous avions perdu les deux foursomes le matin. Léa Charpier apporta le point décisif en battant Alexandra Bonetti dans l’ultime simple. C’était fantastique comme toute cette série d’ailleurs ! »

Le sans-faute de Charlotte Schmidlin-Gardella et Raphaëlle Vilatte

Face à Saint-Germain en 2011, le dernier simple gagné par Léa Charpier a été décisif et a permis au Racing de s’imposer pour la huitième fois.

Des huit finales disputées et gagnées par les Racingwomen entre 2004 et 2011, Charlotte Schmidlin-Gardella et Raphaëlle Vilatte n’en ont raté qu’une seule à cause de leurs examens, celle de 2009 pour Charlotte et de 2004 pour Raphaëlle. L’une et l’autre ont donc réalisé un sans-faute en sept participations ! « C’était magique, confie la première. Nous avons vécu des moments exceptionnels. Au sein du groupe la cohésion était très bonne et elle s’était réalisée naturellement. Nous nous entendions très bien et c’était capital. » «Au début de cette série, je crois que l’équipe n’était composée qu’avec des enfants du club, indique la seconde. Une grande amitié nous liait et nous aimions toutes énormément ce club. Nous rigolions beaucoup aussi. L’ambiance était géniale. Christophe nous a beaucoup aidées. Il n’a jamais commis d’erreur dans la composition d’un double ou dans l’ordre des matches. Il sentait toujours les choses et sa stratégie était gagnante. » « Nous savions que nous alignions une équipe solide et homogène et que nous possédions tous les atouts pour ramener la coupe à La Boulie, poursuit Charlotte Schmidlin-Gardella. Pour y parvenir, il fallait battre tout le monde et nous ne pensions qu’à ça. Au fil des jours, nous jouions de mieux en mieux et ça nous rassurait. En qualification, nous étions concentrées sur notre partie mais, dès les quarts de finale, c’était tout pour l’équipe. Chacune d’entre nous se mettait à son service. Celles qui étaient laissées au repos pour les doubles ou les simples, caddeyaient leurs partenaires. » 

Comme pour Christophe Pottier, les deux finales mémorables de Charlotte Schmidlin-Gardella et Raphaëlle Vilatte sont celles de 2005 à Morfontaine et de 2011 au Prieuré : « Avec le play off de Caroline Aubert dans la première et le match fantastique de Léa Charpier contre Alexandra Bonetti dans la seconde, se rappellent les deux Racingwomen. Elle n’avait pas loupé un coup de la partie ! » Tous ces moments de vie partagés et ces émotions fortes ont tissé des liens indéfectibles d’amitié entre les joueuses du RCF La Boulie : « Quand je croise Manon Gidali ou Agathe Laisné au club, ces souvenirs me reviennent en tête », conclut Charlotte Schmidlin-Gardella. Depuis l’adoption de la nouvelle formule de la Golfers’ Club en 1975, le club francilien a totalisé quatorze titres (seize depuis 1929), le dernier remontant à 2015 à Valescure, pour autant de participations à la finale. Il est devancé par St Nom-la-Bretèche avec seize titres (dix-neuf depuis 1929) qui défendra, à Lyon, celui remporté l’an dernier.


Par Gérard RANCUREL
13 mai 2022