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Trophée Gounouilhou : Bussy Guermantes enfin champion

Battue à deux reprises en finale (2004 et 2007) puis reléguée en 2e division en 2016, l’équipe de Seine-et-Marne a dominé la 88e édition de l’épreuve en s’imposant (5,5 à 1,5) en finale aux dépens de Biarritz, le précédent champion.

L'équipe de Bussy Guermantes
Autour de leur capitaine et du trophée, les joueurs de Bussy savourent cet instant magique. Alexis Orloff / ffgolf
27 avr.
1 mai
CHAMPIONNAT DE FRANCE PAR ÉQUIPES MESSIEURS 1ÈRE DIVISION - TROPHÉE GOUNOUILHOU
LIEU : GOLF DE TERRE BLANCHE, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Marchant seul sur le fairway du 11, Nicolas Poirier, capitaine de l’équipe de Bussy depuis 2004, venait de laisser derrière lui les deux derniers simples pour rejoindre les premiers en passe de leur offrir ce qu’il désirait le plus depuis si longtemps, à savoir le titre de champion de France : «Ça sent bon», lançait-il avec un large sourire en traversant le départ du 12.

Quelques minutes plus tard, Nicolas Foschia apportait le troisième point à son équipe en infligeant un très sévère 9&8 à Alexandre Bauduin, en crise de "socket" sur l’aller de son match. Il s’empressait de rallier le green du 13 où Aurélien Douce était sur le point de conclure son simple contre Edouard Castagnet, mené 6 down.

Aurelien Douce à la Gounouilhou
En réussissant un birdie sur le 13, Aurélien Douce a offert le quatrième point à son équipe sous les yeux de Nicolas Poirier.

Au 11, il s’était créé un belle occasion de mener 7 up et de se retrouver "dormie". Mais, son putt pour le birdie avait frôlé le trou. Après avoir partagé le 12 avec le gaucher biarrot plus du tout dans sa partie depuis ses quatre bogeys consécutifs à l’aller, le vainqueur de la coupe Mouchy a enquillé un putt de cinq mètres pour le birdie au 13 et la victoire finale.

Levant les bras au ciel, tous ses équipiers se sont précipités sur lui pour l’embrasser et l’inonder d’eau. Au milieu de ses effusions, Nicolas Poirier peinait encore à croire ce qu’il venait de se produire sous ses yeux.

Car, durant toute cette semaine varoise, le capitaine buxangéorgien n’avait pas réussi à chasser de sa mémoire les précédentes finales perdues ou, pire encore, la relégation de 2016 à Fontainebleau alors qu’il pensait aligner une formation capable de décrocher son premier titre : «Elle était très forte sur le papier mais, elle était passée à côté du tournoi car le parcours ne convenait pas au jeu produit par les joueurs, déclare-t-il. Ils étaient très puissants mais, pas assez performants sur les greens. Ce fut une énorme désillusion. Nous avons pris un gros coup sur la tête et il a fallu reconstruire. Repartir d’une page blanche avec des jeunes talentueux. Cette relégation a marqué le début de cette belle histoire. Je savais que ce groupe-là disposait de quelques années devant lui pour progresser, gagner en maturité et en expérience. Par le passé, nous nous étions appuyés sur de joueurs exceptionnels mais, ils étaient devenus pros. Club formateur, Bussy sortait des top-players (François Calmels, Romain Wattel, Charles Russo) mais, en les perdant, l’équipe s’affaiblissait et il nous fallait rebâtir à chaque fois.»

Deux années en 2e division et une difficile accession

Après deux années en 2e division, Bussy Guermantes est remonté en 1ere l’an dernier avec la même équipe : «Dans la douleur, se souvient Nicolas Poirier. Et en 2017, l’accession nous avait échappé sur le dernier trou de l’ultime simple. Encore un final dramatique. Mais, nous nous sommes relevés de toutes ces épreuves grâce au travail. Au fond de moi, je me disais que je ne voulais plus revivre ça. J’avais parlé aux joueurs de ces déceptions, des erreurs commises et des mauvais choix pour qu’ils sachent ce que nous avions traversé les années précédentes. Mais, en arrivant à Terre Blanche, j’étais pleinement conscient des progrès accomplis par chacun d’entre eux. De plus, ils étaient animés d’un fort ego, une qualité indispensable pour s’imposer en match-play. Car, un tel championnat se gagne d’abord au mental. Nous avons débarqué quelques jours avant le début de la compétition pour passer du temps ensemble, une démarche indispensable pour souder une équipe. J’avais le pressentiment qu’il allait se produire quelque chose. Mais, en golf, on n’est jamais sûr de rien.»

L'équipe de Bussy
Enfin rassemblés, les joueurs de Bussy fêtent le premier titre de l'histoire du club

Le capitaine de Bussy est admiratif de cette nouvelle génération de joueurs : «Ils m’impressionnent par leur faculté à s’amuser, à rigoler, puis dans la seconde qui suit à taper un super coup. C’est un vrai bonheur de partager tout ça avec eux. Ils me donnent de la légèreté. Car, intérieurement, j’était très stressé à cause des finales ou des demi-finales perdues. Je craignais que ces blessures ne s’ouvrent de nouveau. Ca n’a pas été le cas et c’est une immense joie. Sans forfanterie, je crois pouvoir dire que Bussy était au-dessus de ses adversaires. Notre victoire en finale en atteste même s’il y a eu quelques frayeurs et quelques doutes durant les cinq jours de compétition. Je suis fier que le nom de Bussy figure sur le socle de la coupe Gounouilhou»

Battu par Victor Dubuisson en simple dans la finale perdue en 2007 contre St Nom-la-Bretèche à Sablé Solesme, Christophe de Grancey savourait plus encore que ses jeunes partenaires cette victoire : «J’étais revenu à Bussy en 2016 l’année de notre descente en 2e division. Aussi, je suis très content que nous soyons parvenus à décrocher ce titre.»

La perte du second foursome au 19e trou a sans doute entamé le moral des Biarrots avant de disputer les simples : «Mais, je crois qu’en nous retrouvant très vite distancés dans deux d’entre eux (4 down au 6 pour Edouard Castagnet et 7 down au 7 pour Alexandre Bauduin), les autres joueurs, informés des scores, ont pris un coup au moral, commente Nicolas Cano, le capitaine de Biarritz. Un grand bravo à Bussy, impérial au cours de cette finale. Nous n’avons pas pu rivaliser.»

L’an prochain, c’est l’équipe de Bussy qui sera celle à battre dans la 89e édition de la Gounouilhou. Un statut qu'elle est aisément capable d'assumer à condition de ne pas perdre certains de ses éléments comme par le passé.


Par Gérard RANCUREL
1 mai 2019