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British Open : un retour historique en Irlande du Nord

Pour la deuxième fois seulement de son histoire, le British Open prendra place du 18 au 21 juillet en Irlande du Nord. Hôte de l’édition 1951 du plus vieux tournoi du monde, le Royal Portrush Golf Club s’apprête de nouveau à recevoir les meilleurs joueurs du monde sur un tracé chargé d’histoire.

Ce n’est certes pas une première dans l’histoire du British Open, mais c’est tout comme. Depuis sa création en 1860, le plus vieux tournoi du monde n’avait traversé la mer d’Irlande qu’une fois. C’était en 1951 et il aura fallu attendre 68 années de plus pour voir cette épreuve mythique revenir au Royal Portrush.

Une éternité pour les amateurs de golf, désormais bien peu nombreux à se souvenir du swing de Max Faulkner, vainqueur de cette première édition nord-irlandaise. Une éternité également pour le peuple d’Ulster mordu de golf et qui attendait ce retour avec impatience.

Avec 215 000 billets vendus pour cette 148e édition, The Open 2019 est déjà entré dans l’histoire en étant le premier à se dérouler à guichet fermé. Ambiance de folie garantie autour des fairways du Dunluce Links, le parcours historique de Portrush qui promettait déjà à lui seul un tournoi exceptionnel.

Mythique Royal Portrush

Hôte du British Open pour la deuxième fois donc, le Royal Portrush véhicule une histoire autrement plus chargée que l’unique visite de The Open en 1951. À l’époque le golf niché sur la côte Nord de l’Irlande du Nord, à quelques encablures de la Chaussée des Géants, fêtait déjà ses 63 ans. Ouvert en 1888, il fut le premier à accueillir un tournoi de golf professionnel sur l’Île sept ans plus tard. Une épreuve en match-play remportée par l’Écossais Alex « Sandy » Herd face à la future légende du golf, Harry Vardon, un an avant la première des six victoires de ce dernier au British Open (un record).

La même année, Portrush devenait le premier links hors d’Angleterre à accueillir le British Ladies Open. Une édition 1895 remportée par Lady Margaret Scott, lauréate des trois premières levées du tournoi. Terre de champions, Portrush a vu naître Graeme McDowell, vainqueur de l’US Open 2010, grandir Fred Daly, premier Nord-Irlandais titré en Majeur (British 1947), et révélé Rory McIlroy, auteur du record du parcours à seulement 16 ans - un 61 (-11) exceptionnel - bien avant d’accumuler quatre succès en Grand Chelem. 

The Dunluce Links

Réputé mondialement, et régulièrement classé parmi les plus beaux golfs du monde, le Royal Portrush a beaucoup évolué depuis sa création. Bâtis de part et d’autre de la Causeway Road, la route côtière de la Chaussée des Géants, les dix-huit trous initiaux ont peu a peu évolué pour glisser au cœur des dunes. Jusqu’à ce que l’architecte Harry Colt n’établisse en 1929, les plans définitifs du Dunluce Links, le plus prestigieux des deux parcours du Royal Portrush. C’est celui-ci qui accueillera cette année le British Open, bien que le parcours ne soit quelque peu aménagé pour l’occasion avec un changement dans l’ordre des trous, et l’emprunt de deux trous au parcours voisin du Valley Links.

Mais les monuments du Dunluce Links seront eux bien de la partie. Le trou numéro quatre d’abord, un long par 4 au fairway ondulant bardé de bunkers et bordé d’un rough impressionnant, dont le green étroit prend place entre deux dunes de sable. Le cinq ensuite et son green perché sur les falaises au-dessus de la mer qui offre des vues éblouissantes sur la plage et les ruines du Dunluce Castle qui a donné son nom au parcours. Le seize enfin, un long par 3 de 200 mètres au-dessus d’un immense ravin qui répond au doux de nom de « Calamity Corner ».

McIlroy, chouchou du public 

Très attendu, le retour du British Open au Royal Portrush doit beaucoup au succès de l’édition 2012 de l’Irish Open organisé sur ce même parcours, autant qu’aux nombreux succès des golfeurs nord-irlandais au cours de la dernière décennie. Avec Darren Clarke (British Open 2011), Graeme McDowell et Rory McIlroy, le pays s’est offert six titres Majeurs en quelques années. Les trois hommes évolueront cette année devant un public acquis à leur cause. Mais c’est bien McIlroy qui est le plus attendu par les fans locaux.

De retour en pleine forme cette année avec deux titres acquis sur le PGA Tour, l’ancien numéro 1 mondial est l’un des grands favoris du tournoi et a coché la date sur son calendrier depuis bien longtemps. Il aura toutefois fort à faire face au gratin mondial dont les joutes auront rarement été aussi excitantes que cette année. Le retour au plus haut niveau de Tiger Woods, en quête d’un seizième sacre Majeur après son succès au Masters n’y est pas pour rien. Autant que les résultats hallucinants du numéro 1 mondial Brooks Koepka en Grand Chelem (quatre titres en deux ans).

De Dustin Johnson à Justin Rose en passant par Rickie Fowler ou le tenant du titre Francesco Molinari, une bonne vingtaine de joueurs semblent en mesure de décrocher la Claret Jug cette année. Sans oublier l’Américain Gary Woodland, lauréat il y a quelques semaines de l’US Open et grand spécialiste des stingers, ces balles basses et tendues tellement efficaces dans le vent. Trois Français seront également au rendez-vous puisque Romain Langasque, qualifié grâce à sa deuxième place en Afrique du Sud en décembre dernier, accompagnera Alexander Levy, dans le champ après ses excellents résultats sur le Tour européen en 2018, et Michaël Lorenzo-Vera, deuxième en Espagne la semaine dernière. Autant d’ingrédients qui promettent une 148e édition de The Open absolument fabuleuse.


Par Sébastien CACHARD-BERGER
3 juillet 2019