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Jean-Lou Charon : « toute une filière engagée dans la transition écologique du golf »

Dans un contexte de crises climatiques et de pression croissante sur les ressources naturelles et la biodiversité, la ffgolf a très récemment signé un nouvel accord-cadre avec les Ministères de la Transition Ecologique et Solidaire, de l’Agriculture et des Sports permettant de maintenir les conditions d’un développement soutenable de l’activité golf en France et de poursuivre la dynamique en faveur d’une meilleure gestion environnementale des parcours engagée depuis plus de 15 ans. Jean-Lou Charon, Président de la Fédération, ne cache pas sa satisfaction de voir toute la filière golf et les pouvoirs publics continuer à travailler main dans la main dans l’intérêt général.  

Jean-Lou Charon, le renouvellement de la Charte golf et environnement avec les Ministères de la Transition Écologique et Solidaire, de l’Agriculture et des Sports est une bonne nouvelle.

Dans le contexte environnemental actuel, il apparaissait fondamental de parvenir à renouveler cette Charte avec les pouvoirs publics pour convenir d’un cadre et d’une feuille de route qui permettront à notre activité de poursuivre et d’amplifier la dynamique initiée il y a plus de 15 ans. L’avenir de notre activité repose sur notre capacité collective, organisations représentatives du golf, clubs, pratiquants… à toujours mieux concilier les exigences environnementales, économiques et sportives. C’est pourquoi, la ffgolf continuera d’agir dans 3 domaines : la préservation de la ressource en eau, la baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et la préservation de la biodiversité.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le contenu de cette charte ?

Ce nouvel Accord-cadre permet de maintenir les conditions d’un développement soutenable de l’activité golf en France, avec notamment deux dispositions cruciales pour la sauvegarde de l’activité des clubs : le dispositif d’arrosage spécifique des golfs en cas d’arrêté préfectoral de restriction d’usage de l’eau a été reconduit (Annexe 1 page 15), le statut d’espaces à contraintes des golfs a été institué et permet aux golfs de continuer d’utiliser des produits phytosanitaires de l’usage gazons de graminées pour les greens, départs et fairways. En contrepartie de ces dispositions vitales pour la pérennité de notre secteur d’activité, cet accord incite toute la filière à poursuivre, pérenniser et élargir ses engagements en matière de préservation de la ressource de l’eau et de la biodiversité sur les 5 prochaines années.

Tous nos clubs sont animés de la même volonté, intégrer et accélérer la prise en compte de l’environnement dans toutes leurs activités.

Les golfs français, gestionnaires d’une activité de plein air, sont très sensibles à la question environnementale et se montrent fortement mobilisés sur ce sujet.

En tant qu’exploitants de terrains de jeu de pleine nature, et citoyens témoins comme tout un chacun des tensions climatiques et des enjeux liés à la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, ils sont parfaitement conscients de leur responsabilité et des enjeux pour l’avenir de notre discipline. Tous nos clubs sont animés de la même volonté, intégrer et accélérer la prise en compte de l’environnement dans toutes leurs activités.

Cette mobilisation ne date pas d’hier. Vous évoquiez une dynamique enclenchée il y a plus de 15 ans…

En 2005, nous avons connu un important épisode de sécheresse ayant conduit à des mesures strictes de restrictions d’arrosage qui ont parfois pu mettre en péril la survie des clubs. En réaction à cette situation exceptionnelle, la ffgolf et les organisations représentatives du golf français ont sollicité les Ministères de l'Écologie et des Sports afin de signer une Charte sur l'eau qui garantissait l’arrosage des parcours et en particulier des greens en période de grande sécheresse. En contrepartie, la ffgolf et les gestionnaires de golfs s’engageaient à rechercher et à mettre en œuvre toutes les possibilités de réduction de l'arrosage. La signature de cette première Charte fut le symbole d’une véritable reconnaissance par les pouvoirs publics du rôle économique de notre sport. Ce fut aussi le point de départ d’un mouvement en profondeur de toute la filière pour adapter ses pratiques d’entretien aux enjeux environnementaux et sensibiliser les joueurs. Je tiens à saluer le travail remarquable initié par Georges Barbaret et Jérôme Paris. Respectivement Président de la Fédération et Président de la Commission Environnement en 2005, Georges et Jérôme ont été les pionniers de cette démarche et d’admirables défenseurs de la cause du golf.

En 2010, cette charte était déjà reconduite une première fois et s’enrichissait de nouveaux volets…

Reconduite en 2010 pour pérenniser ce dispositif d’arrosage en cas de sécheresse, la Charte désormais intitulée « golf et environnement », associait la signature du Ministère de l’Agriculture à celles des Ministères de l’Écologie et du Développement Durable, de la Santé et des Sports. Son objet était de maintenir le cadre des relations entre les parties en ce qui concerne le développement de projets reconnus d’intérêt commun portant sur la réduction de l’impact sur la ressource des prélèvements pour l’arrosage des golfs et la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires (ex : Plans Ecophyto, Stratégie nationale Biodiversité, Directive cadre sur l’eau…). Elle ouvrait également de nouveaux chantiers importants pour inscrire la filière dans une nouvelle dynamique en faveur d’une meilleure gestion environnementale des golfs.

Parmi ces chantiers figuraient : le développement du réseau d’épidémio-surveillance des organismes nuisibles des gazons pour mieux comprendre et prévenir leurs dégâts et le recours aux produits phytosanitaires - je salue d’ailleurs la qualité des travaux dans ce domaine - , l’accès aux aides financières des Agences de l’eau pour la réalisation d’études et de travaux destinés à réduire les prélèvements d’eau et l’utilisation de produits phytosanitaires, la préservation de la biodiversité au travers du partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle et le lancement du Programme de labellisation des clubs qui s’engagent pour la biodiversité, l’édition de supports techniques pour accompagner les clubs comme le guide de gestion environnementale des espaces golfiques, les actions de communication valorisant les initiatives des golfs et sensibilisant les pratiquants.

Je compte continuer à faire de ces enjeux un axe prioritaire de l’action fédérale.

Avez-vous pu mesurer les bénéfices réels de ces actions ?

La charte engageait la filière à assurer un suivi des objectifs au travers de la réalisation d’états de lieux et d’enquêtes, tant sur la gestion de l’eau que l’utilisation des produits phytosanitaires, et ce de manière à évaluer les progrès accomplis, les difficultés rencontrées et les pistes d’amélioration possibles pour l’avenir. Nous avons mené ces études avec le plus grand sérieux (Rapport sur la gestion quantitative de l’eau en 2013 et l’Enquête nationale Ecophyto en 2017). Au travers de ces réalisations et des résultats concrets, notre filière a pu démontrer pendant près de 15 ans sa prise de conscience des enjeux environnementaux, son engagement et son investissement pour mener la transition écologique du golf français. Je compte continuer à faire de ces enjeux un axe prioritaire de l’action fédérale.

Comment voyez-vous la suite ?

Il nous reste maintenant à pérenniser ce travail et engager un nouveau cycle de réflexions.
Avec l’ensemble des acteurs de la filière golf nous devons nous réunir pour anticiper l’accélération des effets du changement climatique sur notre activité et prévoir les actions à mettre en œuvre dans nos clubs de golf pour assurer notre développement de manière durable et garantir l’équilibre entre la préservation de notre environnement de pratique, notre économie et la qualité d’accueil de nos pratiquants. Les enjeux à venir pour la Commission Environnement et le service Territoires Environnement et Equipement de la Fédération sera d’apporter des solutions nouvelles et concrètes pour optimiser et préserver nos besoins en eau et réduire au maximum l’utilisation des produits phytosanitaires car c’est essentiel pour faire vivre la biodiversité que nous représentons. Grâce au Muséum, nous avons démontré que nos golfs sont de vrais viviers de biodiversité indispensables pour l’avenir, et que l’eau est obligatoire pour les faire vivre… Nous allons devoir proposer des solutions pour assurer une autonomie en eau comme par exemple calibrer la création de bassins de récupération d’eau a minima pour les greens et ainsi pouvoir arroser pendant plusieurs jours en cas de forte sécheresse. Nous devons aussi amplifier notre travail sur la recherche de nouvelles techniques pour entretenir nos terrains en préservant les sols.


Par La rédaction
5 septembre 2019