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Programme Golf pour la Biodiversité : l’exemple d’un bon inventaire à La Rochelle Sud

À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité de ce 22 mai, coup de projecteur sur un parcours en harmonie avec son environnement. Labellisé argent dans le Programme Golf pour la Biodiversité, le golf de La Rochelle Sud travaille en étroite collaboration avec la LPO, afin de recenser toutes les espèces qui y vivent.

Le golf de La Rochelle Sud abrite de nombreuses espèces, animales comme végétales. DR

C’est une caractéristique revendiquée et affichée : au golf de La Rochelle Sud, on aime la nature. Véritable jardin golfique, ce 9 trous est niché dans un joli coin de verdure, à quelques pas du chef-lieu de Charente-Maritime. Quoi de plus normal que de le retrouver dans la liste des sites distingués par le label argent du Programme Golf pour la Biodiversité, issu lui-même d’un partenariat entre la ffgolf et le Muséum national d’Histoire naturelle.

« J’ai fait ma formation en lycée agricole, et dès cette époque, j’ai eu envie de voir les choses différemment par rapport à la préservation de l’environnement, explique Robert Eugene, directeur et green-keeper de La Rochelle Sud. J’ai eu la volonté de transposer ça dans les métiers du golf. »

L’une des conditions pour obtenir ce label argent était de s’associer à une structure naturaliste, afin que cette dernière procède à un inventaire précis. En 2017, le golf a fait appel assez logiquement à la LPO (Ligue de protection des oiseaux), non seulement de par sa proximité géographique (le siège de la structure se situe à Rochefort), mais également du fait que des bénévoles arpentaient déjà depuis plusieurs années certaines zones, pour répertorier les espèces.

Un cahier des charges strictement respecté

L’inventaire a ainsi suivi à la lettre le protocole mis en place dans le cadre du programme. « On a même alourdi le cahier des charges », insiste Robert Eugene. « Le protocole est très important, car il est élaboré par un organisme renommé sur le plan scientifique : le Muséum national d’Histoire naturelle », appuie Eric Brugel, responsable de l’équipe expertise au sein de la LPO.

Le protocole suivi dans le cadre du Programme Golf pour la Biodiversité.

Trois experts de la structure naturaliste ont ainsi effectué huit déplacements au total sur le site, soit davantage que les six prévus. Virginie Barret s’est occupée des chauves-souris, Lydie Gourraud des oiseaux, et enfin Eric Brugel du reste de la faune, ainsi que de la flore. « C’est un golf qui laisse une grande place à la nature, et moi-même, j’en ai été le premier surpris, glisse ce dernier. Il comprend beaucoup de surfaces en évolution libre, comme des hauts roughs par exemple. Cela permet à une flore spontanée de s’installer. »

Le glaïeul des moissons fait partie des plantes répertoriées.

Dans cette démarche, les naturalistes s’appuient sur un outil particulier : l’IQE, pour Indicateur de qualité écologique. Il est basé sur un protocole semi-standardisé de diagnostic des enjeux naturalistes, prenant notamment en compte  la diversité et la patrimonialité des espèces et des habitats naturels, ainsi que les fonctionnalités écologiques du site étudié. Cela donne par exemple au golf de La Rochelle Sud un score de 70/100, chiffre qui pourra être repris et comparé lors d’un prochain IQE, pour mesurer l’efficacité des actions mises en place.

Quelques espèces mises au jour

Cette phase d’inventaire a débouché sur quelques découvertes, comme par exemple le glaïeul des moissons, « une fleur rose et spontanée », selon les mots d’Eric Brugel. Plusieurs orchidées ont également été identifiées, ainsi qu’une espèce de pavot hybride, légèrement différente du coquelicot commun.

Du côté du golf comme de la LPO, on met en avant le respect et la confiance mutuelle dans la réussite d’une telle collaboration. « C’est toujours un équilibre à trouver, livre Robert Eugene. Cela nécessite une bonne connaissance de son terrain, et le respect des savoirs acquis de part et d’autre. » « Les échanges sont fructueux et instructifs, confirme Eric Brugel. L’important est de se faire confiance et de communiquer. » Une bonne entente qui pourrait se poursuivre, pourquoi pas, pour l’obtention future du label or.


Par William LECOQ
22 mai 2019