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Un an après la Ryder, « des signaux encourageants » pour la biodiversité du Golf National

Il y a un an, des centaines de milliers de spectateurs ont sillonné les roughs du Golf National, à l’occasion de la Ryder Cup. En partenariat avec la ffgolf, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) mène actuellement deux études afin de mesurer l’impact de l’événement sur la biodiversité du site. Et les premiers indices vont plutôt dans le bon sens.

La nature reprend peu à peu ses droits au Golf National. Alexis Orloff / ffgolf

Des infrastructures titanesques, et une foule qui ne l’était pas moins : la Ryder Cup 2018, encore gravée dans toutes les mémoires un an après, devait forcément avoir un impact direct sur l’environnement du Golf National. Un an après le plus grand événement golfique jamais organisé dans l’Hexagone, les premières études observent la manière dont le site se remet.

En partenariat avec la ffgolf, le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) a remis en oeuvre au printemps le même protocole que celui effectué en 2016, et visant à mesurer l’Indice de qualité écologique (IQE) du Golf National. Le rapport définitif est attendu d’ici à la fin de l’année.

Durant la Ryder Cup 2018, des centaines de milliers de spectateurs ont sillonné les roughs de l'Albatros.

Par ailleurs, un autre protocole, axé cette fois sur la résilience des zones ayant encaissé un grand nombre de passages de spectateurs, est également en cours. Ces zones sont préservées depuis la compétition et seront étudiées pendant plusieurs années. « Il ne s’agit pas de nier que la Ryder Cup a eu un impact, explique Thomas Charrier, responsable de la cellule Environnement de la ffgolf. L’idée est de voir comment un site comme celui-là peut se remettre, et comment nous pouvons favoriser le retour de la nature. »

Dans les deux cas, les premiers résultats complets ne seront connus que dans quelques mois, mais d’ores et déjà, quelques indices poussent à l’optimisme.

Trois jeunes hiboux nés en début d'année

« Si les impacts peuvent sembler temporaires, c'est non seulement dû à une certaine capacité de résilience des milieux mais aussi aux mesures d'accompagnement, de préservation et de mise en défens de certains secteurs. Nous n’avons pour l’instant pas assez de recul pour conclure sur l’importance des impacts écologiques mais nous observons quelques premiers signaux positifs, détaille Océane Roquinarc’h, chargée d’études naturalistes dans le cadre des partenariats biodiversité au MNHN. Par exemple, nous avions une crainte concernant le dérangement des hiboux moyen-duc, déjà identifiés sur le golf en 2016, mais nous avons récemment observé trois jeunes nés en ce début d’année. Pour nous, c’est un bon signal. »

Dans les zones touchées par l’évènement , certaines plantes ont vite repris leur place. « Certains roughs ont repoussé encore plus riches qu’ils ne l’étaient auparavant », précise Thomas Charrier. « Une espèce végétale, la gesse de nissole, était présente ponctuellement avant la Ryder Cup, complète Océane Roquinarc’h. Aujourd’hui, nous constatons que sa population s’est accrue dans certaines des prairies non fauchées. »

L’analyse des résultats montrera si ces signaux reflétaient bien une évolution favorable. L’objectif poursuivi par la ffgolf et le MNHN est par ailleurs de mettre en place un Plan « Biodiversité et paysage » sur le Golf National, afin d’assurer le suivi de ces études sur le long terme et de rendre le site plus favorable à l’accueil de la biodiversité.

« Nous avons quelques tendances qui nous montrent que la Ryder Cup n’a pas eu un impact significatif, détaille Océane Roquinarc’h, chargée d’études naturalistes dans le cadre des partenariats biodiversité au MNHN. Par exemple, nous avions une crainte concernant le dérangement des hiboux moyen-duc, déjà observés sur le golf en 2016, mais nous avons récemment répertorié trois jeunes nés en ce début d’année. Pour nous, c’est un bon signal. »

Dans les zones "remises à zéro", telles que les qualifie le vocabulaire naturaliste, certaines graminées ont vite repris leur place. « Certains roughs ont repoussé encore plus riches qu’ils n’étaient auparavant », précise Thomas Charrier. « Une espèce végétale, la gesse de nissole, était présente ponctuellement avant la Ryder Cup, complète Océane Roquinarc’h. Aujourd’hui, nous constatons que sa population s’est vraiment accrue. »

Les résultats, attendus dans les prochains mois pour ce qui est de l'IQE, et dans les prochaines années pour ce qui est de la résilience, montreront de manière formelle si ces bons signaux étaient pertinents. L’autre objectif poursuivi par la ffgolf et le MNHN est par ailleurs de mettre en place un Plan paysage et biodiversité sur le Golf National, afin d’assurer le suivi de ces questions sur le long terme.