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L’histoire de l’Amundi Open de France

Un an après la tenue de la Ryder Cup, le Golf National retrouve l’Amundi Open de France. Retour sur l’histoire du plus vieil open continental, inscrit au calendrier depuis plus de cent ans.

Alex Noren, lors de l'Open de France 2018.

C’est en effet en 1906 que s’est organisé pour la première fois ce qui s’appelait à l’époque le Grand Championnat Omnium. Les dirigeants du Golf de Paris avaient pour objectif de créer une compétition d’envergure internationale, afin de développer la discipline en France. Le 30 juin et 01 juillet 1906, les premiers participants du “Grand championnat omnium” se jouent le titre au Golf de la Boulie. Arnaud Massy, joueur professionnel français, inaugure le palmarès de l’épreuve. Une entrée en matière parfaite dans l’histoire de la discipline, pour ce nouveau tournoi qui souhaite s’inscrire dans la durée.

Arnaud Massy, première star de l'Open

Il faut dire qu’Arnaud Massy est un des joueurs les plus en vogue à l’époque, comme en attestent ses performances à l’Open britannique. Un Majeur qu’il remportera en 1907, avant de doubler la mise sur l’Open de France. Il devient, par la même occasion, le premier golfeur à réaliser cet exploit. Le Français devra ensuite attendre 1911 pour remporter le tournoi pour la troisième fois. Entre-temps, le tournoi parisien se fait un nom, et devient convoité par les meilleurs joueurs britanniques du moment. Taylor, Duncan, Braid… Tous viennent tenter de s’emparer de la coupe Stoïber. 

L’hégémonie britannique sur l’Open de France continuera dans les années 1920. C’est d’ailleurs pendant cette période que Aubrey Boomer s’impose à… cinq reprises sur le tournoi, en l’espace de dix éditions (1921, 1922, 1926, 1929, 1931). Le joueur anglais est, encore actuellement, le seul détenteur du record de victoires. Un autre Anglais, en la personne de Cyril Tolley, devient (et il l’est encore), le seul joueur amateur à s’imposer (1924, 1928).  

Vient ensuite l’heure de la mondialisation du golf. La discipline n’est plus archi-dominée par les Britanniques. De nouvelles fédérations se créent et entraînent une internationalisation du golf. L’Open de France voit alors les nationalités de ses vainqueurs se diversifier - Sud-Africains, Argentins, Égyptiens, Américains, Taïwanais… Il devient plus dur pour les Français de briller à domicile. Les succès se font plus rares. Marcel Dallemagne, auteur d’un triplé historique (1936, 1937, 1938), devra attendre 10 ans et la victoire de Firmin Cavalo pour voir un Français lui succéder au palmarès. Ce dernier devra attendre à son tour… 21 ans, et l’avènement de Jean Garaïalde.

Les années passent, le golf se professionnalise en Europe avec la création du circuit européen tel qu’il existe encore aujourd’hui, dans les années 70. L’Open de France fait désormais partie des tournois les plus importants de la saison. Des légendes de la discipline viennent y inscrire leur nom au palmarès. L’un des joueurs les plus marquants de l’histoire de la compétition est sans doute Severiano Ballesteros. A l’époque, en 1977, l’Espagnol n’est alors qu’un jeune homme de 20 ans. Il devient alors le plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi. Il deviendra ensuite l’un des plus grands golfeurs de tous les temps. Suivront par la suite des vainqueurs tout aussi prestigieux tels que Nick Faldo, Bernhard Langer, Retief Goosen, José Maria Olazábal…  

Le début du troisième millénaire est marqué par le doublé de Jean-François Remesy, en 2004 et 2005. L’Allemand Martin Kaymer en profite pour battre le record du parcours en 2008 (62, -9). Thomas Levet remporte l’une des plus belles victoires de sa carrière à cette occasion, en 2011, à l’occasion de la 101e édition. Il est, pour l’heure, le 7e et dernier vainqueur français du tournoi. 

Un plateau 2018 très relevé

Cette même année, le Golf National annonce que c’est sur son parcours de l’Albatros que se jouera la Ryder Cup 2018. Cette nouvelle fait revenir des gros noms du circuit, qui souhaitent repérer le parcours. Tommy Fleetwood s’impose en 2017, avant d’enflammer les Français et la planète golf l’année suivante, au sein de la Team Europe. L’année 2018 est un grand cru pour le tournoi français : la Ryder Cup n’est plus que dans quelques mois, et plusieurs joueurs sélectionnés sont ainsi du déplacement. Justin Thomas (alors n°2 mondial), Jon Rahm, Sergio Garcia, Fleetwood… Tous répondent présents, et l’Open de France est alors remporté par Alex Noren.

La légende de l’Open de France s’est également forgée dans ces moments forts, comme cette édition 1920 où l’Américain Hagen et le Français Jean Gassiat doivent partir en play-off, disputé sur 36 trous le lendemain. Mais aussi la quatrième et dernière victoire d’Arnaud Massy dans la compétition, à l’âge de 48 ans. Ou encore la dernière victoire en carrière de Byron Nelson, sorti d’une retraite entamée dix années plus tôt, pour réussir cet exploit (1955). 

Alors, qui succèdera à Alex Noren cette année, alors que le tournoi s’appelle désormais l’Amundi Open de France ? Le suspense reste entier, mais nul doute que le spectacle sera à la hauteur de l’événement.


Par Mathilde L'AZOU
16 octobre 2019