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Mondiaux 2022 : Kinés, des membres essentiels aux équipes

On met souvent en avant les joueurs, les joueuses, les coachs ou encore les capitaines mais que serait une équipe de France sans son Kinésithérapeute ? Philippe Vignon, kiné des dames et Khélil Baba-Aïssa, celui des messieurs, nous parlent de leur mission qui va souvent au-delà du simple pansement.

Khélil Baba-Aïssa, entouré par Quentin Debove (à gauche) et Nathan Trey (à droite) au Championnat d'Europe par équipes boys 2019. Alexis Orloff / ffgolf

Un suivi tout au long de l’année

Elle sera le point d’orgue de la saison, l’épreuve attendue et l’épreuve pour laquelle les Kinésithérapeutes seront indispensables en 2022, on parle bien évidement des Championnats du monde en France. Si la date de fin aout semble encore loin, leur mission a pourtant déjà commencé depuis longtemps. Depuis plusieurs années même.

Philippe Vignon, toujours au contact des joueuses sur les épreuves internationales.

Le travail sur place au moment du tournoi semble être le plus évident mais Philippe Vignon (Kiné équipe de France dames) et Khélil Baba-Aïssa (Kiné équipe de France messieurs) appliquent surtout leur fonction à travers un suivi des membres des équipes. Leur but, ne jamais laisser le hasard et le manque de rigueur s’installer dans les rangs des Tricolores : « On doit être là pour éviter les blessures, leur donner les clés pour garder la forme de manière autonome. On fait tout ça en accord et en partenariat avec le staff des équipes car c’est une vraie complémentarité qui existe entre la technique, le physique et la santé, explique Khélil. La plupart du temps le suivi se fait à travers les différents stages et regroupement des équipes mais aussi au quotidien avec des interventions dans les centres de perf’ ou bien tout simplement par le biais d’un message, d’un coup de téléphone ou d’un appel en visio. C’est parfois difficile de suivre les joueuses qui sont aux États-Unis mais on leur fait confiance et on demande des retours pour suivre l’évolution des filles sur les exercices et les attentes qu’on a envers elles », complète Philippe. 

Le fameux bilan santé qu’on a tous connu dans notre vie s’applique sous la forme d’un bilan kiné pour ces sportifs de haut niveau. Réduire les douleurs, trouver des solutions aux petits pépins, adapter les entraînements en fonction de la forme du moment. Pour Philippe Vignon, c’est cet ensemble de chose qui fait que les joueuses peuvent garder la confiance : « On assure vraiment ce côté médical et récupération lors du tournoi mais tout ça passe par un suivi annuel avec la connaissance des faiblesses et des forces de chacune. Personnellement j’ai un petit carnet avec des infos sur les joueuses, je connais leurs habitudes et je dois surtout m’adapter pour que le confort de l’athlète soit au maximum. »

Bien plus qu’une simple mission de consultation, le rôle de ces hommes est primordial. Expérimentés et fières de représenter la France, Philippe et Khélil font partie de la famille tricolore : « Je suis amoureux du sport. C’est une équipe avec laquelle j’adore travailler donc je suis excité d’aller aux Mondiaux, raconte avec émotion Khélil Baba-Aïssa. Être kiné de l’équipe de France à domicile c’est énorme. J’ai en tête Chantilly avec les boys en 2019 lorsqu’on a été titré Champion d’Europe par équipes et ça me donne des frissons rien que d’en parler donc j’ai hâte. On va amener ces jeunes à leur pic de forme pour faire de notre mieux à l’instant T. »

Mon job ce n’est pas la technique ni le physique mais la bienveillance.

Khélil Baba-Aïssa, kinésithérapeute de l’équipe de France messieurs.

Conserver la forme et la fraîcheur

Certes, c’est sur du long terme que la condition physique et la santé s’entretiennent mais le jour du tournoi il y aura également des instants importants aux côtés des kinés. C’est bien simple, les journées commenceront évidement par un réveil musculaire et pourquoi pas par un petit bandage s’il le faut ou alors un massage pour enlever les tensions.

Le soir, c’est ce rituel de la récupération qui se mettra en place et tout ça sera orchestré par les kinésithérapeutes et le staff dans son ensemble. Comme il le disent eux-mêmes, pas de place au hasard mais plutôt à l’anticipation : « Certains font leur séance de réveil musculaire seul dans leur chambre mais je suis dispo pour n’importe quelle question, n’importe quel conseil. Je dois être disponible est prêt à gérer toutes les situations, déclare khélil. Pendant la semaine, il faut que les filles restent en forme. Je dois reculer la fatigue le plus possible. Après un effort physique et mental je vais travailler avec elles pour réduire tout ça et faire en sorte qu’elles n’aient qu’à se concentrer sur le jeu, le jeu et le jeu », ajoute Philippe.

Atteindre ce qu’on appelle le pic de forme à travers une préparation physique millimétrée, une préparation technique à la pointe mais aussi un corps parfaitement huilé pour la compétition. Encore une fois, rien ne doit être oublier et c’est vers cette perfection que les deux hommes veulent tendre.

Kiné alias grand-frère

La joie des Bleus et de Khélil lors du titre de Champion d'Europe en 2019.

« Tu veux bien me suivre pendant quelques trous. J’ai besoin d’une présence et d’un soutien. » Ce sont des paroles qui arrivent souvent aux oreilles des kinés. Car lorsque le jeu est lancé, leur rôle prend un tout autre sens. Toujours présents au bord des fairways, Khélil et Philippe ont au fil des années, au fil des Championnats, tisser des liens forts avec les différents joueurs et joueuses des équipes de France. Ils sont en quelques sorte des épaules sur lesquelles s’appuyer et c’est aussi important que leur fonction initiale : « Pendant les parties je ramène des sandwichs, je donne des petites consignes sur l’hydratation, je suis là pour les rassurer où transmettre des infos qui viennent des coachs, explique Philippe. C’est très important de faire preuve de présence et pas uniquement avant ou après le jeu. »

« À la base je ne suis pas golfeur donc j’ai une relation qui peut être plus rassurante pour certains et je ne suis pas là pour juger, confie Khélil. Ça peut vraiment leur faire du bien lorsqu’on entre dans ce rôle un peu de grand frère. Finalement mon job ce n’est pas la technique, ni le physique mais la bienveillance et ce sont ces moments très intenses auprès des joueurs qui laissent place à des émotions uniques. Dans ces regards et ces échanges avec eux j’ai le sentiment que mon métier prend encore plus de sens et il n’y a rien de plus beau. »


Par Romain MURAILLE
23 février 2022