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Mondiaux 2022 : Véronique Smondack, capitaine à l’esprit de famille

Fille de Catherine Lacoste et petite-fille de Simone Thion de la Chaume, Véronique Smondack sera la capitaine de l’équipe de France dames aux prochains mondiaux. Un rôle dans lequel elle transmet tout autant sa personnalité propre que les valeurs reçues en héritage.

La capitaine en compagnie des joueuses du collectif dames et girls, en novembre lors d'un stage en Californie. ffgolf

« Ça fait partie de moi. De mon ADN. De mon sang. Toute mon éducation a été faite autour du sport, c’est le golf qui a construit nos valeurs. » Faire le portrait de Véronique Smondack présente le grand avantage de ne pas requérir de longues explications pour savoir de quelle manière elle est entrée dans le monde du golf. L’évocation de son ascendance suffit : celle qui est née en 1980 sous le nom Lacoste est la fille de Catherine Lacoste, championne du monde par équipes en 1964 et lauréate de l’US Open en 1967, et la petite-fille de René Lacoste, solide 6 de handicap à côté de sa carrière de tennisman, et de Simone Thion de la Chaume, titrée au British Amateur en 1927.

« J’ai toujours su que je ne voulais pas devenir joueuse professionnelle, mais que ça ferait partie de moi, quoi qu’il arrive », souligne Véronique. Elle a ainsi été l’organisatrice, jusqu’en 2019, de l’Open international seniors dames, disputé chaque année sur la côte basque sous le nom de Trophée Simone Thion de la Chaume, et rassemblant lors de ses dernières éditions près de 160 joueuses d’une quinzaine de nationalités. À titre bénévole, elle a également présidé le Golf de Chantaco de 2013 à 2017. Depuis environ quatre ans, elle exerce son activité professionnelle dans la sophrologie.

« Je le fais à ma manière »

Véronique Smondack (à droite) a adhéré au projet global de Gwladys Nocera (à gauche)

Pas joueuse professionnelle donc, mais d’ici quelques mois, en occupant le rôle de capitaine de l’équipe de France dames lors des Championnats du monde amateurs par équipes (du 24 au 27 août pour les dames), Véronique Smondack vivra quand même sa propre expérience du haut niveau mondial. « Récemment, j’ai dit à ma mère : "T’imagines ? Si en août je reviens avec une médaille, j’aurai la même que toi, mais je n’aurais pas touché un club" », rigole-t-elle.

Pour autant, celle qui a joué à haut niveau lycéen et universitaire dans sa jeunesse aux États-Unis compte bien apporter sa propre personnalité à son capitanat. « Il faut arriver à faire avec son histoire, mais aussi créer la sienne, avance-t-elle. Et aujourd’hui, je pense par exemple que ma mère est fière de me voir capitaine de l’équipe de France, parce que je le fais à ma manière. »

« Gwladys avait un projet très clair dans sa tête »

Si Véronique Smondack est venue dans le golf par le canal familial, ce dernier n’est, en revanche, en rien dans sa nomination. Sa relation avec Gwladys Nocera, responsable de la filière féminine française, beaucoup plus. Toutes les deux se connaissaient déjà du temps de la carrière de joueuse de l’ancienne n°1 française, Véronique travaillant au sein de l’entreprise Lacoste dans les relations avec la presse sportive. « On s’est recroisées juste avant la pandémie avec nos deux familles, narre la capitaine. On a matché tout de suite. Huit mois après, elle m’a appelée pour me proposer le capitanat. »

L'équipe de France girls, vice-championne d'Europe en 2021.

Certes, il y a eu un rapide coup de fil à sa mère, pour bien comprendre en quoi consistait précisément le rôle de capitaine lors des grands championnats. Mais pour le reste, la réponse a été aussi rapide qu’affirmative. « Ce qui m’a plu, c’est que Gwladys avait un projet très clair dans sa tête, appuie-t-elle. Un projet sur le long terme, et dans lequel chacun avait un rôle très bien défini, avec le kiné Philippe Vignon et le préparateur physique Thomas Brégeon. Et quand je lui ai demandé pourquoi elle me choisissait moi, et pas quelqu’un d’autre, elle m’a dit que c’est parce qu’on partageait les mêmes valeurs. Ça m’a encouragée à dire oui. Ça et le fait de ne pas avoir à m’entraîner avec les clubs, ce qui m’aurait fait beaucoup stresser », plaisante-t-elle.

Déjà médaillée avec les Girls

Ce rôle de capitaine, Véronique Smondack l’a tout d’abord endossé en début d’année dernière, uniquement auprès des Girls. Des joueuses de 18 ans et moins avec qui elle a pris contact pour la première fois lors d’un stage à Biarritz, début 2021. « Le contact est venu facilement, livre-t-elle. Mon rôle ce n’est pas de leur dire comment elles doivent jouer, c’est le domaine de Gwladys. Ce n’est pas non plus de venir en tant que sophrologue, leur préparation mentale est déjà prise en charge. Moi, je dois aider à créer un lien fort avec les filles. Je suis là pour que Gwladys puisse se concentrer sur le coaching, y compris si ça implique pour moi de devoir faire des petites choses, je n’ai aucun égo par rapport à ça. »

La formule, jusqu’à maintenant, a fait ses preuves : l’an dernier, l’équipe de France Girls est passée tout près d’un titre européen. Durant l’hiver, le collectif s’est épaissi, les dames et les girls étant désormais regroupées dans une seule filière féminine, d’où sortiront les trois joueuses retenues pour les Mondiaux. « Je veux créer une équipe soudée et fière de porter le drapeau, campe la capitaine. Je sens que toutes ont intégré ces Mondiaux, et le fait qu’elles ont l’opportunité de jouer un truc inoubliable. »


Par William LECOQ
20 avril 2022