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Mon jour de gloire #3 : Maïtena Alsuguren

Dans quelques mois, les meilleurs amateurs du monde se retrouveront au Golf National et à Saint-Nom-la-Bretèche pour les championnats du monde amateur par équipe. Avec ce podcast, la Fédération française de golf vous plonge déjà dans les coulisses de l'épreuve. Dans ce troisième épisode, Alexandre Mazas accueille Maïtena Alsuguren, championne du monde en 2000 et directrice technique nationale adjointe de la ffgolf.

Écoutez l'épisode 3 de « Mon jour de gloire » sur la plateforme de votre choix.

 

Maïtena Alsuguren, championne du monde à plus d'un titre

 

Sacrée en tant que joueuse lors de l'édition 2000 de l'Espirito Santo Trophy en Allemagne, Maïtena Alsuguren a pris part en tant que capitaine à un deuxième titre mondial, celui remporté par les messieurs en Argentine dix ans plus tard. Bien que très différente vécue de l'autre côté de la barrière, l'émotion de la victoire était aussi forte.

 

Depuis plus de vingt-cinq ans, Maïtena Alsuguren est une actrice essentielle du développement du golf français, œuvrant dans la discrétion des coulisses à détecter les espoirs tricolores, à favoriser leur éclosion dans les rangs amateurs et à préparer leur grand saut dans le monde professionnel. Mais avant d'occuper sa fonction actuelle de directrice technique nationale adjointe de la ffgolf, cette Basque pure souche, héritière d'une longue lignée de joueurs et enseignants, a écrit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire du golf amateur dans notre pays,, en particulier lors des compétitions par équipes. « C'est ce qui me motivait le plus », admet-elle.

Et à la lecture d'un palmarès qui comprend notamment le Vagliano Trophy 1997 avec l'Europe continentale, et les championnats d'Europe 1999 avec la France, on la croit sans peine. Mais de son propre aveu, le point d'orgue de sa carrière – bien devant le titre de championne de France individuelle glané en 2001 – est et restera la victoire au championnat du monde 2000 à Berlin. « Quand vous préparez un événement, que vous le préparez pour le gagner car c'est clairement ce qu'on a fait, que des moyens sont mis en place, que chaque membre de l'équipe s'investit à fond pour atteindre l'objectif fixé, et que vous gagnez à la fin, c'est vraiment une joie fantastique. Émotionnellement, c'était très fort », se souvient-elle.

Une médaille d'or en tant que joueuse...

Mondiaux 2000
L'équipe de France lors des Mondiaux 2000 (AFP / ffgolf)

Quatre ans après avoir découvert les Mondiaux amateurs lors de l'édition 1996 aux Philippines, Maïtena Alsuguren fait figure de pilier dans l'équipe sélectionnée pour le grand rendez-vous de la fin août en Allemagne. Aux côtés de Karine Icher et Virginie Auffret, elle justifie sa réputation de joueuse solide, capable d'éviter les catastrophes et ramenant à chaque tour une carte qui compte : sur le parcours du Sporting Club Berlin, elle réalise le deuxième meilleur score individuel (grâce notamment à un 67 le samedi, meilleure carte de toute la compétition) et mène les Bleues au titre suprême. « J'ai vécu le dernier trou en sachant qu'on avait gagné... Et j'en ai profité pour jouer le plus de coups possible », rigole-t-elle aujourd'hui en évoquant cet anecdotique double bogey concédé au 18. « Émotionnellement, c'était très fort. Et je pense que c'est quelque chose qui restera dans les mémoires de chacune d'entre nous. »

Son histoire d'amour avec les Mondiaux amateurs aurait pu s'arrêter là, mais en intégrant la Fédération française de golf à la suite d'une ultime année en tant que joueuse en 2001, Maïtena Alsuguren s'est donné la chance d'en renouer le fil. Dans un rôle différent, évidemment, mais pas moins intéressant : « Quand on se retrouve de l'autre côté de la barrière, c'est là qu'on appréhende les difficultés qui peuvent exister dans toute la préparation du programme, du choix des lieux, de la constitution des staffs, des entraînements, etc. C'est très intéressant, très challenging aussi, car l'enjeu est de proposer la meilleure préparation à nos athlètes pour les accompagner et leur faire gagner du temps », résume-t-elle.

... Et une médaille d'or en tant que capitaine !

En 2010, Maïtena Alsuguren a de nouveau goûté au bonheur d'un titre mondial, celui remporté par les messieurs en Argentine. Propulsée capitaine en remplacement de Pascal Grizot, retenu en France par le dossier de candidature de la Ryder Cup 2018, la technicienne a pris part au plus près à l'exploit réalisé par Romain Wattel, Alexander Levy et Johann Lopez-Lazaro. « J'avoue qu'émotionnellement, c'est plus difficile de suivre que de jouer, car quand on a les clubs en mains on est concentré sur ce qu'on a à faire, alors que quand on est en dehors des cordes on est plus dans l'anticipation, on regarde davantage ce que font les autres équipes, donc c'est bien plus stressant », indique-t-elle. « Mais la joie a été très forte, bien sûr, et le moment de partage avec les joueurs était vraiment chouette ! C'était une autre façon de vivre ces émotions fortes que j'avais connues en tant que joueuse. »

Impliquée à double titre dans les Mondiaux 2022 – d'un côté la sélection et la préparation des représentants français, de l'autre l'organisation de l'épreuve – Maïtena Alsuguren voit cette échéance comme une nouvelle opportunité de renouer, avec certes un peu plus de distance, avec ces incomparables émotions collectives : « C'est jouable, même si aujourd'hui quand on regarde la place de nos joueuses et joueurs dans les classements mondiaux, on est clairement moins bien placés que sur d'autres éditions. Mais pour autant, c'est parfaitement jouable. Il faut tirer parti de l'avantage concurrentiel d'être à la maison. Et puis, les Mondiaux sont aussi l'occasion de révéler des talents, donc on compte aussi là-dessus », conclut-elle.

Maïtena Alsuguren
Maïtena Alsuguren en 2019 (Alexis Orloff / ffgolf)

Par Alexandre MAZAS
12 janvier 2022