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Pierre Pineau : « Cela faisait cinq ans que je n’avais pas joué sur un Links »

A bientôt 23 ans, l’élève de Guillaume Biaugeaud est passé tout près de l’exploit ce mardi sur le parcours de Prince’s, dans le Kent. Malgré l’énorme déception, le jeune joueur de l’Alps Tour revient sur sa journée pas comme les autres dans ces "qualifications régionales" pour le 150e The Open de l’histoire.

A trois trous près, Pierre Pineau rejoignait Victor Perez dans ce 150e The Open de l'histoire... Tristan Jones / Alps Tour
30 juin -
2 juil.
HAUTS DE FRANCE-PAS DE CALAIS GOLF OPEN
LIEU : Aa Saint-Omer Golf Club, France
CIRCUIT : Alps Tour

A trois trous de la fin de ces qualifications (sur quatre sites différents et pour 16 places en jeu pour l’Open britannique à St Andrews), Pierre Pineau, seul français engagé, était encore co-leader à -3 avec l’Irlandais Ronan Mullarney. Et puis un bogey et surtout un triple bogey concédés ont transformé cette belle journée en véritable cauchemar. Il finit à la… 19e place, à +1. Terrible dénouement ! 

Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques heures seulement après ces qualifications régionales pour le 150e The Open de l’histoire ?
C’est dur ! C’était la première fois que je prenais part à ces qualifications. Cela faisait cinq ans que je n’avais pas joué sur un Links. La dernière fois, j’étais encore amateur. Sur l’Alps Tour, où j’évolue en ce moment, on ne joue pas sur ce genre de parcours. Je suis arrivé hier (en Angleterre). J’avais une angine. J’ai failli ne pas venir. J’ai passé la nuit d’avant à l’hôpital, je suis donc content de la façon dont j’ai joué… Cela n’a pas tourné comme je le voulais à la fin mais je suis très content. 

Quel était votre objectif en vous élançant ce mardi 28 juin pour ce marathon de 36 trous ?
Je ne voulais pas savoir ce que je valais par rapport aux autres joueurs présents dans ces qualifs. J’ai fait une super journée, j’ai très bien putté… Non, vraiment, je venais ici pour me qualifier. Je suis donc extrêmement déçu car je sais qu’à quatre trous de la fin, j’avais le billet pour The Open. 

Je n’ai pas eu peur. Les mains ne tremblaient pas.

Justement, étiez-vous au courant de votre position par rapport au champ ? Y avait-il des leaderboards sur certains points du parcours ?
Oui, j’ai vu quelques petits leaderboards… Mais je n’ai pas eu peur. Les mains ne tremblaient pas. Comme je savais que j’étais bien placé, j’ai essayé de faire des pars et c’est quelque chose que je ne sais pas faire… Normalement, je tape le driver partout. Là, j’ai été quelque part contre ma nature. J’ai trop voulu jouer la sécurité. Alors que si j’avais continué à faire ce que je faisais depuis le début…   

Vous vous en voulez d’avoir adopté cette stratégie sur ces derniers trous ?
Oui, bien sûr. Après, je suis jeune. Mais le parcours était dur, il y avait beaucoup de vent… Cela aurait pu tourner dans les deux sens. Et ça a tourné dans le mauvais… Au départ du dernier trou (un par 4), je regarde le leaderboard et je vois que je dois faire birdie pour passer sinon c’est play-off à six pour une seule place. Du coup, je tape le driver et je perds ma balle. Mais je dois plier l’histoire avant ce dernier trou. 

Parlez-nous de votre journée. Vous bouclez vos 18 premiers trous avec un solide 70 (-2). Vous êtes alors sixième et plus que jamais concerné par l’un des quatre spots en jeu pour The Open…
Entre les deux tours, j’ai mangé à 50 centimètres d’un leaderboard et je savais très bien où j’en étais. Je savais qu’en faisant la même chose l’après-midi, ça passerait. Avec un peu plus de vent l’après-midi, même un -1 pouvait être suffisant. Et je ne me suis pas trompé. Mais à ce moment-là, je n’y pense pas car, comme je l’ai dit, le parcours est tellement dur, les conditions de jeu ne sont pas évidentes avec ce vent… Ce n’est pas comme si on était en été en France où on sait déjà comment la partie va se passer. Là, il y a des bunkers de partout, tu peux tomber en plein milieu du fairway et voir ta balle glisser dans un bunker sur le côté… Je commence très bien ce second tour, je fais trois birdies sur les neuf trous de mon aller (Ndlr, il est parti du 10). Mais il n’y a aucune euphorie chez moi. Je sais qu’il y a encore du chemin à faire. C’est un vrai test de golf. C’était vraiment dur tout le temps… 

Honnêtement, on mettait un British Open aujourd’hui sur le même parcours, je ne suis pas loin de la tête du tournoi.

A aucun moment vous vous êtes dit que c’était bon…
Au 6, qui était mon 15e trou, j’ai un putt de 4 mètres pour le par en descente et je le rentre pour rester à -3 total. Je sais alors que si je fais trois pars sur les trois derniers trous, ça devrait le faire. Mais hélas, je fais un trois putts au 7 à 10 mètres… Et là, je prends un coup sur la tête. 

Avez-vous eu Guillaume Biaugeaud, votre coach, juste après au téléphone ? Et si oui, que vous a-t-il dit ?
Je l’ai effectivement appelé. Il m’a dit qu’il était hyper fier. Que j’ai été en tête du tournoi, que c’étaient mes premières qualifications, que j’étais jeune… Il m’a dit qu’il fallait garder cela pour la suite car j’ai un tournoi dans deux jours à St Omer (Hauts de France-Pas de Calais Golf Open). C’est aussi pour cela que j’ai choisi de faire ces qualifications car le Prince’s (dans le Kent), c’est à côté. C’est assez pratique. C’est un truc que je voulais faire. Une qualification à une heure pour un Majeur, je ne pouvais pas rater ça. 

Que retenez-vous finalement de cette journée très importante dans votre jeune carrière professionnelle ?
Comme je l’ai dit, il ne faut pas que je me retienne. Je dois jouer mon jeu jusqu’à la fin, même si celui-ci est agressif. Et pas essayer de devenir quelqu’un d’autre. Je me rends compte aussi que j’ai largement le niveau. La partie derrière moi, il y avait Matthew Southgate (battu en play-off à cinq). Honnêtement, on mettait un British Open aujourd’hui sur le même parcours, je ne suis pas loin de la tête du tournoi. Bref, il y a plein de bonnes choses à retirer de cette expérience, même si je suis évidemment très déçu de la façon dont cela s’est terminé pour moi. 

Vous êtes dans le coup pour monter depuis l’Alps Tour sur le Challenge Tour en fin de saison. Comment allez-vous aborder ce sprint final sachant qu’il ne reste que six tournois à jouer ?
Je suis huitième de l’Ordre du mérite… Cela fait deux ans que je joue bien… Sur l’Alps Tour, ça n’a pas trop tourné en ma faveur pour l’instant et je suis malgré tout encore placé. Si la chance tourne bientôt, je sais que ça va payer.


Par Lionel VELLA
28 juin 2022