Accueil / Actus / Pro / Challenge Tour / Frédéric Lacroix : « Il ne faut rien prendre pour acquis »

Frédéric Lacroix : « Il ne faut rien prendre pour acquis »

Auteur d'une fin d'année exemplaire sur le Challenge Tour avec notamment trois top 5 sur les quatre derniers tournois, Frédéric Lacroix a validé son accession au Tour européen la saison prochaine. Contrat rempli pour l'élève de Franck Lorenzo Vera, qui abordera la grande finale à Majorque (4-7 novembre) avec ambition.

Frédéric Lacroix
Le Racingman jouera sur le Tour européen la saison prochaine. JOHANNES SIMON / GETTY IMAGES EUROPE - AFP
04-07
novembre
ROLEX CHALLENGE TOUR GRAND FINAL SUPPORTED BY THE R&A
LIEU : T-Golf & Country Club, Espagne
CIRCUIT : Challenge Tour

Avant même le dernier tournoi de la saison, vous voilà assuré de monter sur le Tour européen : contrat rempli ?
Oui, bien sûr, puisque l'objectif en début de saison était de décrocher cette carte du Tour. Et c'est sûr que de me présenter à la finale du Challenge Tour sans être dans l'obligation de réaliser une grosse performance, c'est un luxe bien agréable ! Ça enlève un peu de pression, même s'il reste un objectif à atteindre sur ce dernier tour : accrocher le top 5 final de la Road to Mallorca. On voit tous les ans que les joueurs qui sont montés via le Challenge Tour ne rentrent pas tous dans les gros tournois, donc il faut vraiment lutter jusqu'au bout pour finir le plus haut possible au ranking. Si tu termines dans le top 5, tu as quand même beaucoup plus de chances d'aller jouer des Rolex Series que si tu finis 20e. Pour moi ça va être compliqué d'aller chercher l'une des quatre premières places, mais avec une victoire à la grande finale j'ai une chance de finir cinquième.

Vous avez validé cette montée sur le Tour ces toutes dernières semaines, en enchaînant d'excellents résultats au Portugal (2e), au Swiss Challenge (4e) et il y a quelques jours en Espagne (5e). À quoi est due cette belle série ?
C'est cool de bien jouer en fin de saison, quand ça compte vraiment. J'ai vu mon coach mi-septembre, avant de partir au Portugal, et on a bien travaillé. On a mis en place quelque chose d'assez simple, des directives de swing assez basiques, et j'ai réussi tout seul en tournoi à bien me caler, à taper la balle comme on l'avait décidé, et j'ai joué ces dernières semaines sans doutes, avec juste des pensées positives. Et la conséquence presque immédiate d'un travail bien fait, ce sont ces résultats qui tombent, donc c'est vraiment satisfaisant.

Parlez-nous de votre relation avec Franck Lorenzo Vera, votre entraîneur depuis juste avant votre passage pro, avec qui vous êtes passé en trois ans de l'Alps Tour au Tour européen...
J'ai rencontré Franck quand il est arrivé dans mon club de la Boulie en tant que « head coach », en 2017 il me semble. Je bossais avant cela avec Guillaume Biaugeaud, qui est parti à cette époque-là au Vaudreuil. J'aurais pu rester avec Guillaume avec qui ça se passait très bien, mais quand Franck est arrivé au RCF pour prendre la tête des équipes, j'ai tout de suite adoré son discours, et on a commencé aussitôt à travailler ensemble. C'est peut-être le changement dont j'avais besoin pour évoluer. Quoi qu'il en soit on s'est tout de suite très bien entendus, dans le golf et en dehors, et les résultats sont rapidement venus confirmer qu'on faisait du bon travail. Et aujourd'hui, on ne va pas changer une équipe qui gagne ! Et c'est pareil pour le reste de mon staff, qui n'a pas changé non plus depuis que je suis passé pro

Malgré vos très bons résultats vous n'êtes pas encore parvenu à décrocher une victoire. En tirez-vous de la frustration ?
C'est difficile de le dire, car mes deux deuxièmes places cette saison étaient très différentes. En Espagne au mois de juin, j'ai fini bogey-bogey, donc j'ai clairement de quoi m'en vouloir. Même si j'ai joué assez bas sur quatre tours (-19, ndlr), c'est quand même moi qui ai fait des fautes à la fin. Mais au Portugal fin septembre, je suis revenu de très loin le week-end, et le dimanche matin j'étais encore à six coups de la tête. Ce dernier tour, je ne l'ai pas joué en pensant à la gagne, mais j'ai commencé très fort et Marcel Schneider n'a pas très bien joué, donc on s'est retrouvés à se disputer la victoire au 18. J'ai fait mon birdie sur ce dernier trou pour prendre la tête au club-house, mais derrière lui a rentré un putt de 15 m pour eagle et fini un coup devant moi... Même si c'était un peu dur à avaler sur le moment, je ne pouvais pas trop m'en vouloir. Après ça, j'ai fait aussi deux top 5, ça montre que le jeu est là mais qu'il manque un petit truc pour faire la différence. Enfin, finir un tournoi cinquième quand il manque quelque chose, c'est quand même plutôt bon signe !

La grande finale a lieu la semaine prochaine. Dernière occasion de remporter un trophée sur le Challenge Tour ?
Oui, c'est le dernier tournoi de l'année et le plus gros, donc il faut y aller à fond ! À moi de me préparer comme je l'ai fait ces dernières semaines, pour être compétitif dès le début. On verra comment les choses se passeront, mais on ne peut pas forcer une victoire. On peut seulement bien faire les choses en amont pour arriver dans les meilleures dispositions possibles, et on ne gagne à la fin que si ce travail a été bien fait.

Mes objectifs de carrière ne se limitent pas à juste monter sur le circuit européen.

Quelle est votre opinion sur la saison qu'a réalisé Julien Brun ?
Il a fait du super taf dès les premiers tournois de l'année, il a deux victoires et une régularité de dingue, donc il n'y a rien à dire : il a vraiment fait une super saison. Je suis très content pour lui ! La différence entre nous, c'est que Julien a très vite été dans les premiers de l'ordre du mérite, alors que moi j'ai longtemps navigué entre la 20e et la 30e place. Je me suis battu la plupart de l'année pour rattraper les gars qui étaient devant moi, alors que lui a presque toujours été tout en haut. On a joué le même circuit, mais on n'a pas tout à fait livré le même combat. Ce qu'il a fait est vraiment impressionnant !

Le Tour européen va bientôt commencer, fin novembre et début décembre en Afrique du Sud. Vous vous y projetez déjà ?
Je suis inscrit aux trois tournois prévus en cette fin d'année. Je pense que je vais y aller, même si je n'ai pas encore pris ma décision. Ça va dépendre de pas mal de choses, notamment si je suis encore en forme après la finale du Challenge Tour. En tous cas, on voit tous les ans des mecs montant du Challenge Tour qui sont très vite performants à l'échelon supérieur, donc il n'y a pas de raison que je n'aie pas cette ambition, que ça ne soit pas atteignable pour moi. Mais, encore une fois, ce n'est pas automatique : il ne faut rien prendre pour acquis, et ne jamais cesser de travailler. Et puis de toute façon, arriver sur le Tour n'est pas la finalité : mes objectifs de carrière ne se limitent pas à juste monter sur le circuit européen.

Avez-vous envisagé les implications de cette promotion d'un point de vue logistique ?
Oui, la principale question qui se pose quand on monte du Challenge Tour est celle d'un caddie à temps plein. Je travaille depuis les deux derniers tournois en Espagne avec Yann Vandaele (jusqu'à il y a peu copilote de Benjamin Hébert, ndlr), avec qui je vais faire la finale la semaine prochaine. On verra pour l'année prochaine, mais pour l'instant ça se passe plutôt pas mal entre nous, donc c'est cool.

Comment avez-vous vécu la saison 2020, votre première sur le Challenge Tour, écourtée par la pandémie ?
C'était une année très bizarre pour moi, car malgré ma catégorie pleine, je n'ai pas pu jouer tous les tournois du Challenge Tour. Sur les onze qu'il y a eu au calendrier, j'en ai fait neuf, et parmi ceux-ci trois étaient co-sanctionnés avec le Tour européen. Donc c'était vraiment une saison light, et le fait d'avoir seulement cinq places pour monter sur le Tour rendait les choses encore plus particulières. Je ne sais pas si j'aurais pu jouer les premières places si on avait eu une saison complète en 2020, mais j'en ai tiré ce que j'ai pu, ça m'a permis de découvrir un ou deux parcours qu'on a joué cette année, et au final peut-être que ça m'a aidé à bien jouer en 2021.


Par Alexandre MAZAS
26 octobre 2021