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Gary Stal, en finir avec la spirale négative…

L’ancien vainqueur à Abu Dhabi il y a déjà quatre ans maintenant attend avec impatience le début de la saison sur le Challenge Tour. Conscient de s’être un peu perdu en route, il veut redonner un coup de fouet à sa jeune carrière…

Gary Stal a perdu son droit de jeu sur le Tour européen à l'issue de la saison 2017... Will Russell / Getty Images Asiapac - AFP

Gary Stal vient tout juste de rentrer du Moyen-Orient où il a disputé trois étapes du Mena Tour, le circuit satellite de l’Asian Tour en pleine évolution dans lequel on retrouve aussi d’autres golfeurs tricolores comme Robin Roussel, Lionel Weber, Antoine Schwartz, Victor Riu et Maxime Blandin.
Cette expérience d’un point de vue sportif n’a guère été concluante pour le Lyonnais : deux cuts manqués et une très anecdotique 52e place acquise à Oman le 27 février.
« Je n’étais pas dans la balle, avoue-t-il sans détour. Je n’ai pas bien joué du tout là-bas. Mon but premier était d’abord de m’entraîner, de voir où j’en étais… Le petit jeu, chipping et putting, a été assez solide. En revanche, le grand jeu n’a pas fonctionné. » 

L’impression de tourner en rond 

Présent aux PQ3 des Cartes européennes à la mi-novembre du côté de Lumine (Espagne), le Français n’est pas parvenu à franchir le cut après 72 trous. 100e de l’Ordre du mérite du Challenge Tour 2018, il bénéficiera en 2019 d’une catégorie de jeu qui devrait lui permettre de prendre le départ d’une bonne quinzaine de tournois. Il va aussi tenter de décrocher quelques invitations supplémentaires via la Fédération française de golf (FFG) pour les premiers événements de la saison, notamment en Turquie fin avril, qui lancera officiellement les « hostilités » sur la deuxième division européenne.
L’exercice qui s’annonce est pour le moins important pour l’ancien membre de l’European Tour. Depuis la fin du mois de septembre, il a démarré une collaboration avec Alexandre Biron, son nouveau coach technique. C’est avec lui qu’il entend rattraper le temps perdu…
« J’avais besoin d’entendre un nouveau discours, j’avais l’impression de tourner en rond, explique-t-il, calmement. Je ne me sentais plus très bien devant la balle. J’avais beaucoup de doutes. Des doutes qui m’ont poussé à vouloir changer de coach. En 2018, mon jeu n’était pas bon du tout. Il y a peut-être eu deux mois de valables sur toute la saison (sept cuts franchis en quinze départs). Je veux retrouver un grand jeu solide. Ensuite, par la technique, on peut retrouver la confiance. Et une fois que la confiance est là… » 

Toucher quelque chose de grand 

Sublime vainqueur à Abu Dhabi en 2015 devant Martin Kaymer et Rory McIlroy s’il vous plait, Gary Stal a par la suite bien eu du mal à rebondir. Quatre ans après cet exploit, il avoue sans hésitation avoir commis plusieurs erreurs qui l’ont emmenées là où il se trouve aujourd’hui. C’est-à-dire « au fond du trou ! »
« J’ai gagné très jeune (il n’avait pas encore 23 ans) un des plus gros tournois du Tour, poursuit-il. Je me suis perdu dans mon jeu. Je me suis aussi trop relâché. J’ai trop peu joué quand je jouais vraiment bien alors que j’aurais dû continuer. Le fait de gagner sur le Tour, c’était une partie de mon rêve qui se réalisait. J’avais touché à quelque chose de grand. Je ne me posais plus de question. Je me foutais des gens, des regards… L’exemption de deux ans, suite à cette victoire, n’a pas eu l’effet escompté. J’ai relâché la pression de l’entraînement, je me suis un peu moins entraîné, j’ai perdu mes routines… Bref, je ramais dans le vide. Actuellement, je suis au fond du trou. Il n’y a qu’une seule solution, c’est de remonter sinon je ne pourrais pas profiter de la vie. » 

Regagner au plus vite 

Son âge, 27 ans depuis le 2 février, peut lui permettre également de relativiser sa situation. Il a, c’est vrai, encore toute sa carrière devant lui. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’a jamais songé à arrêter le golf de haut niveau. Jamais !
« Songer à tout arrêter ? Cela me traverse l’esprit depuis que j’ai 15 ans (rires). Le nombre de fois où j’ai dit que j’allais arrêter le golf après une partie parce que ça me gonflait, c’est incalculable. Mais je me dis que je le regretterais si je prenais une telle décision. Je m’en voudrais. J’ai connu le meilleur dans le golf, aujourd’hui je connais le pire. Or, je sais que je peux revenir. C’est vrai que ça fait mal de me retrouver là où je n’ai jamais mis les pieds finalement. Mais j’ai envie de regagner au plus vite. Paris ne s’est pas fait en un jour. Peut-être que ça me prendra un mois, six mois, un an… Ce n’est pas mon impatience qui va m’aider à remonter. C’est plutôt le travail et me dire que chaque jour je peux progresser. »


Par Lionel VELLA
13 mars 2019