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Joël Stalter, revenir plus fort…

Reparti sur le Challenge Tour depuis l’an passé après une expérience infructueuse sur l’European Tour en 2017, le Lorrain affûte ses clubs avant le début d’une saison annoncée à la fin du mois d’avril. L’objectif ? Retrouver l’élite en fin d’année.

Le Lorrain doit améliorer son jeu long pour atteindre ses objectifs... Matthew Lewis / Getty Images Europe - AFP

« Je suis sur la route qui me mène vers l’Espagne, vers le PGA Catalunya ! » Joint lundi matin par téléphone, Joël Stalter, au son de sa voix, semble clairement apaisé. Et motivé. Quelques heures plus tôt, il s’était imposé à Cannes au 22e Pro-Am International Old Course (128 joueurs, 32 équipes). Le Lorrain installé au Luxembourg y avait remporté le tournoi individuel pro dans lequel étaient également engagés des garçons comme Victor Dubuisson, Romain Langasque, Jean-Baptiste Gonnet, Alexandre Daydou ou encore Anthony Snobeck. Une jolie mise en bouche donc avant de confirmer, peut-être, cette semaine en Catalogne, au PGA Catalunya Resort Championship, une étape de l’Ecco Tour, un mini-circuit satellite européen.   

Reprise prévue en Turquie fin avril 

« C’était sympa ce Pro-Am, confirme le golfeur français, âgé aujourd’hui de 26 ans. J’ai bien joué, j’ai pris ce tournoi très au sérieux. Cela a été une belle opportunité de se mettre sous pression. Je suis d’ailleurs assez content de mon golf. J’ai aussi pris beaucoup de plaisir avec mon équipe Billecart-Salmon (champagne partenaire de la ffgolf). Là, j’enchaîne avec deux épreuves de l’Ecco Tour (Ndlr, où il a retrouvé depuis mardi le Toulousain Mathieu Fenasse). Cela va me permettre de faire du jeu durant plusieurs jours, sur un beau parcours, dans des bonnes conditions. Je vais aussi tester mon travail technique que j’ai mis en place ces deux derniers mois. Pour l’instant, c’est assez prometteur. Je suis assez confiant ! »
Joël Stalter n’avait plus rejoué en compétition depuis le 13 novembre et ce cut manqué après quatre tours à la finale des Cartes européennes, du côté de Lumine (Espagne). Mais il va lui falloir encore attendre plusieurs longues semaines pour entrer vraiment dans le vif du sujet. La saison 2019 du Challenge Tour ne débutera en effet qu’à la fin du mois d’avril. En Turquie, plus précisément.
« Cela fait long, c’est vrai, mais je me prépare tranquillement, dans mon coin », souffle doucement l’ancien étudiant à Berkeley.  

Ambassadeur du Paris International Golf Club 

112e du Challenge Tour 2018, auteur d’un seul top 10, et encore c’était sur l’European Tour à l’Ile Maurice en décembre 2017 (9e de l’AfrAsia Bank Mauritius Open), Stalter ne disposera pas d’une catégorie pleine durant l’exercice 2019.
« Je pense pouvoir jouer 80 % des tournois et j'espère bénéficier de quelques invitations, notamment pour la Turquie car tout le monde va vouloir jouer ce premier événement de la saison, ajoute-t-il. Mais j’aurais suffisamment de tournois pour atteindre l’objectif en fin d’année, c’est-à-dire finir dans les dix premiers. Je ne suis donc pas inquiet à ce niveau. Le plus important, ce sera d’être performant au moment où la compétition reprendra. Jusque-là, je vais continuer à bien bosser… Etant ambassadeur du Paris International Golf Club, je m’entraîne beaucoup à Paris au sein d’une structure incroyable. Même l’hiver, j’ai tout ce qu’il faut pour bien travailler. Je suis bien là-bas. Et puis je vais essayer de remplir certaines semaines en mars et en avril avec quelques tournois comme là, en Espagne, sur l’Ecco Tour. » 

20 000 coups de golf sur une base de données 

Relégué du Tour européen à l’issue de l’exercice 2017, le rebond l’an passé sur la deuxième division européenne ne s’est pas passé comme il l’entendait. Pire, il avoue même s’être un peu égaré.
« Sur le Tour en 2017, je n’ai pas été loin de gagner, poursuit-il. J’ai été en tête (au BMW International Open après deux tours, au KLM Open après 36 trous là encore avant de finir troisième derrière Romain Wattel, le vainqueur), j’ai joué l’US OpenErin Hills) mais je pense que j’avais atteint les limites de mon système. Notamment sur mon grand jeu. En 2018, j’ai voulu changer des choses… Et je me suis un peu perdu. Depuis, j’ai amorcé un travail à long terme qui va me permettre, j’en suis persuadé, de remonter au plus haut niveau et d’être performant. Mon objectif, ce n’est pas de conserver ma carte mais c’est de gagner des tournois chaque année, jouer des Majeurs. Cela m’a permis aussi de comprendre comment il fallait jouer au golf, quelle était ma façon de jouer et surtout comment je devais aborder le reste de ma carrière. J’ai en ma possession toutes mes stats depuis quatre ans, soit à peu 20 000 coups joués. Ils sont enregistrés dans une base de données et je peux les lire en toute objectivité et non pas avec mes lunettes de golfeur. J’ai vu les endroits où je devais amplifier et améliorer mon travail… » 

A la rencontre de coachs américains 

Contrairement à une idée reçue, le petit jeu ne fait pas toute la différence au plus haut niveau. C’est en tout cas l’avis de Joël Stalter. Pour cela, il est allé rencontrer des coachs réputés aux Etats-Unis. Mais il ne dévoilera pas l’identité de ces hommes. Pas pour le moment…
« Oui, pour moi, la différence avec les meilleurs réside dans le grand jeu, confirme-t-il. A notre niveau, tout le monde chip et putt très bien mais ça ne suffit pas pour faire la différence… Tout le monde n’est en revanche pas capable de planter des drives à 330 yards (300 mètres). Sur une carrière ça fait une énorme différence. Je suis allé voir deux coachs aux USA pour savoir ce qu’il se passe dans mon swing et surtout savoir ce qu’il faut faire pour progresser. Je suis encore en train de voir comment je vais m’organiser. Matt  Bridge, un Anglais, me sert de consultant. Cela fait trois ans que je travaille avec lui. Il fait toutes mes stats, mon système d’entraînement, mes analyses croisées… Mais ce n’est pas un coach technique. Au niveau coaching, j’aurais forcément quelqu’un qui va me superviser mais je ne suis pas dans cet esprit d’appartenance avec un coach. Je n’en éprouve pas le besoin. »
Avant de conclure :
« Si je dois mettre deux ans à revenir sur le Tour, j'attendrai. Mais ce serait génial si j’ai ma carte en fin d’année… Le Challenge Tour, c’est difficile, il y a très peu de places… J’ai déjà vécu tout ça (Ndlr, il avait fini 16e en 2016). Cela va me permettre d’être plus serein. J’ai joué à peu près à tous les niveaux, je n’ai rien à découvrir de plus, à part aller jouer un Masters. J’ai encore beaucoup de travail à accomplir pour arriver où je veux. Mais je pense être sur la bonne voie. »


Par Lionel VELLA
13 février 2019