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Julien Brun, la force tranquille

Auteur d’un très solide début de saison sur le Challenge Tour sans le moindre cut manqué, l’Antibois domicilié à Prague, bien installé dans le top 20 de la Road to Mallorca, est au départ cette semaine de l’Open de Bretagne à Pléneuf-Val-André.

Julien Brun, au Challenge de Cadiz, sa dernière sortie sur le Challenge Tour... Octavio Passos / Getty Images Europe - AFP
24-27
juin
OPEN DE BRETAGNE
LIEU : Golf Bluegreen de Pléneuf-Val-André, France
CIRCUIT : Challenge Tour

Il est arrivé ce lundi sur le splendide site de Pléneuf-Val-André (22), hôte de l’Open de Bretagne (200 000 euros de dotation), première des trois étapes françaises de la saison 2021 sur le Challenge Tour. Julien Brun, 29 ans, débarque tout droit du Pays basque où il a rendu visite à son coach, Olivier Léglise, basé à Arcangues (64). Ensemble, ils ont refait durant plusieurs jours « leur gamme » et resserrer quelques boulons.

« C’est une bonne piqure de rappel, souligne-t-il calmement. On entend rester sur les mêmes directions, qui fonctionnent bien et les renforcer pour repartir de plus bel. Je dois toutefois avouer que j’ai peut-être un peu moins bien tapé la balle ces dernières semaines. Je tapais mieux sur les quatre premiers tournois. Cela tombait donc bien de revoir Olivier, et de mettre les choses à plat pour mieux repartir ensuite. »

Savoir se reposer de temps en temps

L’Antibois qui vit depuis deux ans maintenant à Prague, en République tchèque, a choisi l’option de s’accorder un léger break après avoir pris la 11e place au Challenge de Cadiz il y a quinze jours maintenant, sur un parcours qu’il avoue « ne pas avoir dans l’œil. »

« Je n’aime pas trop le tracé de ce parcours, explique-t-il. Enchaîner au même endroit avec le Challenge de España ne me disait donc pas grand-chose. Et puis à un moment, il faut faire des breaks. Il y a treize tournois de suite pour démarrer la saison sur le Challenge Tour. Il faut savoir se reposer de temps en temps… L’Irlande, ça a été quand même assez éprouvant (Ndlr, il a pris la 12e place). En République tchèque, j’ai disputé un play-off, la semaine a été au final assez longue. Au Challenge de Cadiz, vu que je ne sens pas vraiment le parcours, ça a demandé pas mal d’énergie. Donc, trois semaines de jeu, ça me semblait bien avant de souffler un peu. »

Un putt salvateur à plus de 8 mètres

Le début de saison du Français, ancien étudiant de Texas Christian University (TCU), comme son ami Paul Barjon, futur pensionnaire du PGA Tour, demeure particulièrement solide. En sept départs, il n’a ainsi manqué aucun cut. Il s’est offert trois top 15 et surtout une deuxième place le 6 juin dernier en République tchèque, battu en play-off par l’Espagnol Santiago Tarrio.

« Cela n’a pas été trop difficile à digérer, tempère le principal intéressé. Au contraire. J’ai super bien fini pour accéder à ce play-off. A cinq coups de la fin, j’avais encore six coups de retard… Quelque part, ce fut un peu inespéré. J’ai rentré un putt de 8-9 mètres pour m’inviter à ce supplément de suspense. Les émotions ont été importantes car il a fallu très vite se reconcentrer. Le temps de signer ma carte et me présenter sur le tee de départ, il ne s’est pas passé beaucoup de temps. En plus, c’est moi qui tape en premier… Tout est arrivé vite et ça a été dur d’enchaîner. Sur le play-off en lui-même, je n’ai pas de regret. J’ai bien joué. Mais je n’ai pas eu vraiment d’occasions de gagner. Ce fut au final quelque chose de très positif… »

Construire son calendrier

Il signait ici, quasiment sur ses terres d’adoption, son meilleur résultat depuis son succès le 23 septembre… 2012 à l’Allianz Golf Open de Toulouse-métropole. Il était alors encore amateur et venait juste de fêter ses 20 ans. « Durant ce play-off en République tchèque, je n’y ai pas pensé, souffle-t-il. J’ai pensé à d’autres play-off que j’ai gagnés mais pas à cette victoire… Mais en finissant deuxième, j’ai surtout pris beaucoup de points… »

Avec 33 890 points, il occupe à l’orée de cet Open de Bretagne 2021 où il n’a pas franchi le cut en deux tentatives (en 2018 et 2019) la 14e place de la Road to Mallorca. On rappelle que le top 20 validera en fin d’année son billet pour le Tour européen 2022…
« C’est un bon début mais il reste encore beaucoup de tournois au programme, confirme-t-il. On n’a même pas fait un tiers du chemin… Il y a encore beaucoup de points à prendre. Mais ce qui est plutôt confortable pour moi, c’est que ça me permet de jouer les gros tournois et de pouvoir construire mon calendrier, chose que je ne pouvais pas me permettre en début de saison avec ma catégorie de jeu… Cela va me permettre aussi d’optimiser mes performances, me donner plus de chances d’être là tout au long de l’année. Le top 70 m’est également garanti, ce qui va m’ouvrir les portes des deux tournois richement dotés en Chine en fin de saison… Avant, qui sait, la finale à Majorque (Ndlr, champ réduit à 45 joueurs). »

L'option Open britannique

Dans la foulée de Pléneuf, Julien Brun enchaînera avec le Kaskada Golf Challenge, encore en République tchèque, puis au Vaudreuil Golf Challenge, en Normandie. Deux rendez-vous où seront mis en jeu deux places pour le prochain Open britannique, programmé du 15 au 18 juillet à Sandwich (Kent), au Royal St George’s.

« Ce sont deux très belles carottes en effet, s’enthousiasme-t-il. En plus, c’est bien pour Jean-Claude Forestier (le promoteur du Vaudreuil Golf Challenge) qui fait énormément pour le golf en France. C’est un beau tournoi, et avoir ça en plus, ça va être passionnant. »

Plus serein, mieux préparé...

La suite ? Il fera peut-être l’impasse en Autriche (Euram Bank Open) s’il ne parvient pas à décrocher ce spot pour The Open avant de rejoindre très certainement l’Italie (22-25 juillet).

« C’est important de pouvoir programmer tranquillement son calendrier, de prendre des semaines off si j’en ai besoin afin d’être performant tout au long de l’année, confesse-t-il en guise de conclusion. C’est aussi important d’être constant, de prendre des points toutes les semaines, ce que j’ai réussi à faire depuis le début de l’année… Mais je vois plus loin que ça. A court terme, le Challenge Tour, c’est bien parti mais dans l’ensemble, tout ce que l’on met en place, avec Olivier, ou avec le reste de mon équipe, qui est aussi très investie, est en train de s’aligner comme je le veux. On monte en puissance petit à petit. Avec mon coach physique (le Tchèque Svatopluk Byma), ça se passe bien. Je suis content de bosser avec lui. C’est important de bien travailler ce secteur. Cela fait partie de mes bons résultats. Je suis plus serein, mieux préparé, cela se ressent dans mes performances. Depuis plus d’un an, elles sont constantes. Certes, il y a toujours des choses à améliorer mais globalement, ça va dans le bon sens… Dans tous les secteurs… Et puis ça me fait du bien d’avoir un point d’ancrage à Prague, là où je vis à l’année. Je bénéficie de bonnes infrastructures d’entraînements, j’ai un bon coach physique, je commence à avoir de plus en plus de contacts là-bas. C’est un équilibre qui me convient et qui convient aussi à ma compagne. Il n’y a pas de raison que cela change. En revanche, mes progrès en tchèque sont quasi nuls. Mon investissement est inexistant (rires). »


Par Lionel VELLA
22 juin 2021