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Robin Roussel : « J'adorerais jouer la gagne au Vaudreuil »

Engagé cette semaine en Italie, le récent vainqueur du Hauts-de-France Pas-de-Calais Golf Open à Saint-Omer a désormais les yeux tournés vers la prochaine étape du Challenge Tour en France, le Vaudreuil Golf Challenge (11-14 juillet), où un bon résultat pourrait quasiment lui assurer la montée sur le Tour européen en 2020.

Robin Roussel
Le joueur d'Ozoir-la-Ferrière est actuellement quatrième du ranking du Challenge Tour. Alexis Orloff / ffgolf
27-30
juin
ITALIAN CHALLENGE
LIEU : Terre Dei Consoli Golf Club, Italie
CIRCUIT : Challenge Tour

Dix jours après votre succès à Saint-Omer, avez-vous « digéré » cette victoire ?
Je crois que oui, dans le sens où je n'ai pas l'impression d'être monté sur mon nuage. On a enchaîné tellement vite avec le tournoi suivant en Espagne que je n'ai pas trop eu le temps de monter très haut. La semaine dernière à Malaga, j'ai quand même senti que je n'étais pas du tout dedans nerveusement. Aujourd'hui, je me sens nettement plus d'attaque pour le tournoi qui démarre demain en Italie.

Votre cut manqué la semaine passée au Match Play 9 était-il le contrecoup de cette victoire ?
Mine de rien, je pense que la fin de tournoi à Saint-Omer, la bagarre avec Richard Bland et les conditions météo m'ont pompé pas mal d'énergie. En Espagne, je m'en suis vite rendu compte. J'ai joué dans des conditions très difficiles, avec beaucoup de vent, et j'ai très vite senti que dès qu'il y avait des coups avec un peu plus de concentration, de tension nerveuse, ça n'allait pas du tout. J'ai tapé des coups que je ne fais jamais : un putt dans l'eau, un chip de 30 m dans l'eau, des choses assez inhabituelles... Le jeudi, j'ai fait mon premier par au 14, c'était vraiment n'importe quoi ! Alors que je suis un joueur en général régulier, qui fait peu de bogeys et peu de birdies, ce jour-là j'ai fait un double, neuf bogeys, cinq birdies et trois pars ! C'était un joli sapin de Noël... Il faut apprendre à gérer ces moments-là. C'est dommage, car ce tournoi me tenait à cœur : le match play est une formule que j'apprécie, et c'était l'occasion de remettre des gros points au classement. Je suis complètement passé à côté, donc ça me donne encore plus de motivation pour repartir.

Est-ce que cette victoire vous pousse à davantage regarder le classement, dont vous occupez désormais la quatrième place ?
Oui, mais c'est le cas depuis le début de la saison. En démarrant je m'étais fixé un objectif de 80 000 points, car c'est à peu près là que la montée sur le Tour européen va se jouer à mon avis. Tant que je n'ai pas atteint cette barre – et même quand je l'aurai atteinte ! – je vais continuer à jouer les tournois à fond. Tant que je n'y suis pas, c'est presque comme si cette victoire ne me servait à rien : si je finis la saison à 75 000 et que je ne monte pas sur le Tour, j'aurais oublié cette victoire. Mais je sais qu'une bonne place, un podium dans les prochaines semaines, m'assurerait quasiment la montée.

Comment votre succès a-t-il été accueilli par le clan français sur le circuit ?
Il y a vraiment une super ambiance entre tous les Français du Challenge Tour : tout le monde s'encourage et se tire vers le haut. Franchement, c'est génial ! Donc forcément, ça m'a fait chaud au cœur d'être félicité par tous mes potes. On a plus ou moins fêté ça mardi soir à Malaga, on a dîné tous ensemble au restaurant, c'était sympa. Ça a d'ailleurs donné des idées à certains, puisque Ugo Coussaud et Robin Sciot-Siegrist ne sont pas passés loin la semaine dernière en Espagne (deuxième et troisième, ndlr). C'est très chouette de voir des Français devant toutes les semaines ou presque.

Il suffit d'arriver au Vaudreuil avec une bonne attitude, un bon état d'esprit, pour battre déjà la moitié du champ.

Le deuxième tournoi du Challenge Tour en France, le Vaudreuil Golf Challenge, se profile à l'horizon (11-14 juillet). Est-ce un rendez-vous que vous avez marqué d'une pierre blanche ?
Oui, évidemment. C'est un tournoi qui ressemble beaucoup à Saint-Omer, dans le sens où pas mal de joueurs se plaignent du parcours, qui est assez atypique et soi-disant pas très fair-play. Moi, il ne me dérange pas, et je dirais qu'il suffit d'arriver là-bas avec une bonne attitude, un bon état d'esprit, pour battre déjà la moitié du champ. Après, si je suis dans une bonne semaine au niveau du jeu, ça peut se passer exactement comme à Saint-Omer. C'est un vrai objectif de faire un bon tournoi là-bas, et j'adorerais jouer la gagne le dimanche devant le public français.

Vous dites que le parcours convient bien à votre jeu, mais vous avez manqué le cut lors de vos deux participations (2016 et 2018)...
(Il rit)C'est vrai, mais heureusement mon jeu a progressé depuis ces deux échecs ! Quand je dis mon jeu, je parle de mon jeu en général, de mon attitude : je suis quelqu'un qui ne lâche rien, qui se bat. Au Vaudreuil, on peut avoir de mauvais rebonds, des balles qui s'égarent dans le rough, des mauvaises surprises sur les greens qui sont secs et surélevés, donc c'est un parcours sur lequel il faut avoir une attitude patiente et positive, ainsi qu'une bonne stratégie. Ça me plaît !

Votre saison a débuté sur le Mena Tour, avec notamment une victoire à Bahreïn en mars. Pensez-vous que votre bon début d'année sur le Challenge Tour soit la conséquence de cette escapade hivernale au Moyen-Orient ?
C'est la conséquence de plein de choses, dont cette préparation sur le Mena Tour, effectivement. J'ai bien travaillé avec Benoît Ducoulombier cet hiver, et on avait décidé d'aller jouer ce circuit pour me jauger, me préparer, et profiter des belles opportunités en jeu. Il y avait des dotations intéressantes, mais surtout des places à prendre pour des tournois de l'European Tour. J'ai super bien joué, et ma victoire à Bahreïn m'avait permis de disputer le Maybank Championship en Malaisie. Même si j'étais arrivé fatigué du voyage et du décalage horaire, c'était une super expérience, et je n'étais pas passé loin de faire le cut (d'un coup, ndlr). J'ai beaucoup appris sur moi-même et sur mon jeu, et je suis arrivé sur le premier tournoi du Challenge Tour à fond. Par rapport aux autres années où je ne savais pas vraiment me situer par rapport au niveau, là je savais que j'étais tout à fait capable de faire une bonne performance d'entrée de jeu.

Avez-vous eu le sentiment d'avoir franchi un cap depuis que vous travaillez avec Benoît Ducoulombier pour la technique et David Baudrier pour le physique ?
Honnêtement, oui. Ça va faire trois ans que je bosse avec Benoît, et tous les ans je me vois progresser. En termes de score, déjà, mais je sens aussi que je m'améliore dans tous les compartiments du jeu. Quant à David, je lui dois beaucoup : je n'avais jamais vraiment fait de sport auparavant, donc je partais de zéro, alors c'est sûr que la progression au niveau physique, je la vois bien ! Enfin, le fait d'être basé sur la Côte d'Azur me permet de partager souvent des journées d'entraînement avec les joueurs de Benoît que sont Matthieu Pavon, Adrien Saddier, Julien Quesne et Grégory Havret, ainsi que Romain Langasque. Non seulement ce sont de très bons potes, mais aussi de très bons golfeurs qui me tirent vers le haut.


Par Alexandre MAZAS
26 juin 2019