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Alfred Dunhill Links Championship (ET) : Perez l'Écossais remet son titre en jeu

Deux ans après son mémorable succès, Victor Perez est de retour à St Andrews pour défendre son titre dans ce tournoi particulier non seulement par son format, mais surtout par la place qu'il occupe dans le cœur du plus écossais des golfeurs français.

30 sept. -
3 oct.
ALFRED DUNHILL LINKS CHAMPIONSHIP
LIEU : St Andrews (Old), Carnoustie Golf Links (Championship), Kingsbarns Golf Links, Écosse
CIRCUIT : DP World Tour

Après s'être offert deux bonnes semaines de break à la suite du BMW PGA Championship mi-septembre, Victor Perez est de retour à la compétition à l'occasion de l'Alfred Dunhill Links Championship, qui débute ce jeudi en Écosse. Un tournoi dont il est le tenant du titre depuis son inoubliable victoire en 2019, l'édition 2020 ayant été annulée en raison de la pandémie, et qu'il retrouve avec un plaisir non feint : « C'est un peu particulier de revenir ici défendre mon titre, car c'est déjà un petit peu loin, mais j'ai forcément de super souvenirs d'il y a deux ans. C'était ma première victoire sur le Tour européen, dans un endroit mythique, donc ça restera toujours spécial pour moi », nous indique-t-il. Spécial, car c'est à St Andrews que le natif de Tarbes avait décroché son premier titre - le seul à ce jour - sur le circuit, dominant d'une petite longueur l'Anglais Matthew Southgate. Prélude à une série d'excellents résultats dans de grands tournois, ce succès l'avait propulsé au sein de l'élite du golf mondial, qu'il n'a pas quitté depuis même s'il est récemment sorti (de très peu, il est 52e) du top 50 planétaire.

Spécial aussi, car Perez, tout Pyrénéen qu'il soit, réside en Écosse, sur cette côte Est si richement pourvue en links de première classe. « Il y a quatre ans, venant du Challenge Tour, je n'avais pas encore décidé de grand-chose et j'étais plus ou moins ouvert à partir n'importe où. L'Écosse m'a séduit par la culture du golf qui y règne. Ici, c'est rare de trouver quelqu'un qui n'a pas au moins un sac de golf chez lui, alors qu'en France c'est loin d'être le cas ! J'ai été bien accueilli ici, bien aidé, on m'a permis de m'entraîner dans de super endroits, et ça m'a plutôt bien souri pour le moment », explique-t-il. Installé avec sa compagne à Dundee, quatrième ville du pays avec ses 150 000 habitants, il s'entraîne régulièrement à St Andrews, un privilège qu'il met à profit pour briller tout au long de l'année, sur tout type de parcours et par tout type de météo : « Le fait de jouer souvent dans le vent est un petit avantage, je pense, car il est rare qu'on ait un tournoi sans vent, quel que soit l'endroit. Après, la qualité du sol est excellente ici : étant sur une île – même si c'est une grande île ! – on a un sol sablonneux qui est tout le temps jouable, et la qualité des terrains est quand même très bonne tout au long de l'année. C'est donc parfait pour s'entraîner. » Cet Alfred Dunhill Links Championship est donc un tournoi à domicile pour le Français, qui apprécie de retrouver son « petit cocon » en rentrant du travail le soir.

Le chemin qui mène à Rome

C'est aussi un tournoi particulier par son format, une alliance réunissant un pro et un amateur, et offrant donc un trophée de prestige à l'équipe victorieuse. Une semaine différente de l'ordinaire, d'autant plus que les trois premiers tours se déroulent également à Carnoustie et Kingsbarns, avant une ultime ronde réunissant les 60 meilleurs pros et les 20 meilleurs amateurs à St Andrews. « Il faut l'aborder avec l'esprit assez ouvert. En termes de préparation, du fait de cette rotation on a moins le temps d'étudier les parcours à l'entraînement. Après, comme on joue avec un amateur, en quatre-balles, le rythme de la compétition est lui aussi différent. On a l'habitude de jouer avec les amateurs dans les pro-ams, mais là c'est particulier. Cela dit, ils jouent bien le jeu, s'ils ne sont pas dans le coup sur un trou ils relèvent leur balle, donc c'est sympa de ne pas évoluer avec quelqu'un qui bataille pour un score alors qu'il n'y a plus de points à gagner », explique celui qui avait terminé 20e de la compétition par équipes il y a deux ans. Dernier facteur à prendre en compte dans cette semaine pas comme les autres : la chance au tirage au sort. « Avec le temps qu'on est censés avoir, il va falloir avoir un peu de réussite sur le draw, car un parcours peut être plus compliqué qu'un autre en fonction du vent ou de la pluie qu'il va y avoir tel ou tel jour. Sur les links, il faut toujours un peu de chance à ce niveau-là », indique-t-il en bon Écossais accoutumé à ce genre de considérations.

Cette semaine à la maison s'annonce donc sous les meilleurs auspices pour le 37e à la Race to Dubai, qui dit avoir tiré les leçons d'un été difficile à la fin duquel la qualification à la Ryder Cup lui a échappé de peu. « Difficile, c'est un bien grand mot », tempère-t-il, « car j'ai joué principalement dans les plus gros tournois, les Majeurs notamment, et quand on se confronte semaine après semaine aux meilleurs mondiaux et qu'on perd un peu en confiance, ce ne sont pas dans ces tournois-là qu'on peut facilement regagner de la confiance. Je me suis un peu fait prendre à vouloir garder un calendrier assez light, car il y avait beaucoup de grosses échéances, mais ce n'est jamais facile de trouver le bon équilibre. » Et s'il confesse ne pas avoir vraiment regardé le match USA-Europe - « ça ne s'est pas bien passé pour les Européens dès le début, et ça ne donnait pas envie de regarder des joueurs avec qui j'ai passé pas mal de temps être en difficulté sur le parcours en jouant bien, mais face à une équipe américaine qui était vraiment en feu » - Victor Perez est déjà tourné vers la prochaine édition, en 2023 à Rome : « Ce sont les bons coups, les bons scores et les bons résultats qui feront aller les choses dans le bon sens pour moi. On peut imaginer tous les scénarios à l'avance, mais la vérité c'est qu'il faudra bien jouer à chaque journée pour reprendre ma progression. C'est là-dessus que je cherche à me concentrer, comme à chaque fois. »


Par Alexandre MAZAS
29 septembre 2021