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Cazoo Open de France (DPWT) : Migliozzi, le braquage à l'italienne

Auteur ce dimanche d'une fantastique carte de 62 (-9), record du parcours égalé, l'Italien Guido Migliozzi a remporté la 104e édition de l'Open de France. Premier Tricolore, Paul Barjon s'est classé 3e ex æquo.

Guido Migliozzi
Guido Migliozzi est devenue le 3e golfeur italien à remporter l'Open de France. Lucas Hélin / ffgolf
22-25
septembre
CAZOO OPEN DE FRANCE
LIEU : Golf National (Albatros), France
CIRCUIT : DP World Tour

Trois semaines après le sacre de la Squadra Azzurra au championnat du monde amateur par équipes, le golf italien s'est offert ce dimanche un nouveau succès de prestige au Golf National, celui de l'Open de France. La coupe Stoïber a en effet été décernée à Guido Migliozzi au terme d'un dernier tour exceptionnel : une carte de 62 (-9) égalant le record du parcours. « J'avais de bonnes sensations sur le parcours, je me suis fait plaisir à jouer et j'ai profité de cette belle journée. Ma copine était là, mon coach aussi, donc tout était parfait. Et aujourd'hui, c'était une de ces parties où le jeu m'a donné quelque chose en retour », a déclaré le natif de Vicence.

Guido Migliozzi

« Quelque chose », le terme est faible pour décrire la réussite de Migliozzi ce dimanche sur l'Albatros. Parti 9e avec cinq coups de retard sur le Danois Rasmus Højgaard (il en comptait même 13 après 36 trous !) le Transalpin a signé une carte d'anthologie comprenant neuf pars et autant de birdies, dont cinq consécutifs du 6 au 10 et un dernier au 18 qui a bien failli se convertir en eagle ! « Ce coup était incroyable ! Je suis allé chercher le drapeau et ça a payé. Mon caddie n'était pas content, ce n'était pas notre stratégie, mais je sentais que je pouvais le tenter... » souriait-il en conférence de presse.

À 25 ans, Guido Migliozzi a décroché le 3e titre de sa carrière sur le DP World Tour, après deux succès acquis en 2019 au Kenya et en Belgique. Le plus beau, sans aucun doute, dans un open national historique remporté avant lui par seulement deux de ses compatriotes, Ugo Grappasonni en 1949 et Costantino Rocca en 1993. « Malheureusement je ne l'ai jamais vu jouer puisque j'étais trop petit, mais j'ai vu beaucoup de ses grands moments à la Ryder Cup ou au British Open », a-t-il déclaré à l'évocation du nom de ce dernier. « C'est un immense joueur pour nous Italiens, il a écrit l'histoire du golf dans notre pays, et avoir mon nom sur le même trophée que lui est magnifique ! »

Avec un score total de 268 (-16), Guido Migliozzi a devancé d'un coup le leader depuis le premier tour, Rasmus Højgaard, qui a dû se contenter d'un 68 (-3) aujourd'hui malgré un début de partie flamboyant avec un birdie au 2 puis un eagle au 3...

Paul Barjon sur le podium

Paul Barjon

À -11 total, le Sud-Africain George Coetzee (71) et le Belge Thomas Pieters (70) ont partagé la 3e place du Cazoo Open de France avec Paul Barjon, premier Français. Le Néo-Calédonien, idéalement lancé par une sortie de bunker dans la boîte pour eagle au 3, a battu l'Albatros pour la 4e fois en autant de tours, mais son 70 (-1) lesté de quatre bogeys (pour trois birdies) l'a contraint à une place d'honneur. « Le départ était très agréable, mais le putting n'a pas été au niveau du reste du jeu, donc c'était un peu frustrant de perdre quatre ou cinq coups sur les deux dernières journées. Je retire de cet Open de France beaucoup de positif néanmoins : si on m'avait dit que je ferais top 3 en venant, sans grosse préparation, j'aurais évidemment signé », a-t-il déclaré.

Pour sa première participation à son open national, le membre du PGA Tour en 2021-22, qui retrouvera l'an prochain la 2e division américaine, a en tous cas apprécié sa rencontre avec le public français : « Ça donne envie de revenir ! C'est un parcours fantastique, avec les fans partout qui nous ont poussés, Antoine et moi. On a eu beaucoup de soutien, donc c'était sympa. Ce serait chouette de pouvoir revenir plus souvent en Europe, rien que de faire l'open de France tous les ans. Ça n'a pas été possible avant, mais j'espère qu'il y en aura des dizaines de plus après celui-là », a-t-il conclu.

Rozner et Perez dans le dur

L'un et l'autre dans le top 10 à l'entame du dernier tour, Antoine Rozner et Victor Perez n'ont pas livré la partie espérée pour aller se mêler à la lutte pour la victoire. Le Racingman a joué 74 (+3) et terminé 11e à -6, tandis que le Tarbais a concédé un 76 (+5) qui l'a relégué au 30e rang à -2. « Je suis déçu, car c'était une semaine de dingue et j'en ai profité à fond, mais j'aurais aimé que ça se termine d'une meilleure manière. C'était exceptionnel à tout point de vue, le parcours était incroyable, les spectateurs m'ont soutenu du 1 au 18, donc un grand merci à eux. C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. J'ai hâte d'être à l'année prochaine car c'était un grand moment », a résumé le premier.

Le troisième Tricolore de cet Open de France est donc Julien Brun, qui d'un 70 (-1) est allé chercher une bonne 13e place qui devrait lui assurer définitivement sa place sur le circuit l'an prochain. Enfin Julien Sale, malgré un 72 (+1), a terminé 26e et premier des quatre amateurs encore en lice, réalisant au passage la meilleure performance d'un amateur dans le tournoi depuis la création du Tour européen en 1972. « C'est sympa à mettre dans son CV ! » a réagi le Réunionnais, qui passera pro ce lundi, jour de son 25e anniversaire. « Je retiens que même en étant amateur, j'ai le niveau de jeu. J'ai ce statut d'amateur mais je me considère comme un pro depuis pas mal de temps, et là finir dans le cut avec beaucoup de très bons joueurs derrière moi, ça me montre que j'ai ma place sur ce circuit. Il n'y a plus qu'à y accéder ! »


Par Alexandre MAZAS
25 septembre 2022