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Ryder Cup : Petites et grandes histoires

De Samuel Ryder à Severiano Ballesteros en passant par le geste chevaleresque de Jack Nicklaus en 1969 et le sans-faute de la doublette Molinari-Fleetwood au Golf National, l’histoire de la Ryder Cup est depuis plus de 90 ans jalonnée d’anecdotes et autres faits de jeux qui ont écrit sa légende.

Tommy Fleetwood et Francesco Molinari, les héros de la Ryder Cup 2018 au Golf National Stuart Franklin / Getty Images Europe - AFP
24-26
septembre
RYDER CUP
LIEU : Whistling Straits Golf Course (Straits), États-Unis
CIRCUIT : DP World Tour

Le rêve fou d’un richissime grainetier

Ayant construit sa fortune dans la vente par correspondance de graines de plantes et de fleurs, l’Anglais Samuel Ryder, né le 24 mars 1858, ne découvre le golf qu’à 50 ans. C’est son médecin qui l’incite à pratiquer ce sport pour atténuer ses ennuis de santé. Son prof’ de golf se nomme Abe Mitchell (c’est sa silhouette qui orne le couvercle du trophée haut de 50 centimètres créé par le joaillier londonien Mappin & Webb). La légende veut que ce soit lui qui ait convaincu Samuel Ryder (décédé en 1936) de relancer l’idée d’un match USA-Grande-Bretagne quelque peu évanouie après deux tentatives infructueuses en 1921 et 1926. 

Walter Hagen-Johnny Golden, à jamais les premiers

Le vendredi 3 juin 1927, en battant en foursomes 2&1 les Britanniques Ted Ray et Fred Robson sur le parcours du Worcester Country Club (Massachusetts), Walter Hagen et Johnny Golden sont les premiers vainqueurs officiels d’un match de Ryder Cup. Les Etats-Unis l’emportent le lendemain 9,5 points à 2,5 points. 

36 trous pour chaque partie

Quatre matches en foursomes et huit matches en simples sont au programme de la première Ryder Cup (3-4 juin 1927). Chaque duel doit se disputer sur 36 trous ! Un format de jeu qui perdurera jusqu’en… 1959 ! 

Les Etats-Unis bientôt maîtres du jeu

Si lors des cinq premières éditions (1927, 29, 31, 33 et 35) USA et Grande-Bretagne restent maîtres à domicile, il faut attendre 1937 pour voir les Américains s’imposer pour la première fois à « l’extérieur », un succès 8 à 4 à Southport (Angleterre). Les Britanniques ne vont plus gagner la moindre Ryder Cup jusqu’en 1957 ! 

Pas de match le 3 novembre 1951

Organisée à Pinehurst, la Ryder Cup se dispute exceptionnellement sur trois jours… Le samedi 3 novembre 1951 est ainsi « chômé » pour permettre aux fans de l’équipe universitaire de football américain de Caroline du Nord, et accessoirement aux joueurs de la Ryder Cup, d’assister au choc face à l’université du Tennessee. 

Nouveau format en 1961

Afin de dynamiser une compétition un peu trop « bâillonnée » par les traditions, un nouveau format de jeu est validé pour l’édition 1961 au Royal Lytham & St Annes (Angleterre). Les matches passent de 36 à 18 trous et l’on ajoute une session de foursomes le premier jour et une session de simples le deuxième jour. 24 points (au lieu de 12) sont désormais mis en jeu. 

L’arrivée des quatre balles

Sous la pression de la TV américaine, deux sessions de quatre balles (fourballs) voient le jour en 1963 à Atlanta (Géorgie). Ce qui oblige la Ryder Cup à se dérouler sur trois jours (le plus souvent du vendredi au dimanche). 32 points sont distribués (contre 24 deux ans plus tôt) avec toujours deux sessions de huit matches en simples le dimanche… Les Etats-Unis du capitaine-joueur Arnold Palmer en profitent pour étriller les Britanniques : 23-9 ! 

Les débuts de Jack Nicklaus à… 29 ans

Pourtant déjà vainqueur de trois Masters, de deux US Open, d’un Open britannique et d’un UPSGA, Jack Nicklaus ne découvre la Ryder Cup que pour l’édition 1969 à Southport (Angleterre). A 29 ans ! Le règlement stipule en effet qu’un joueur américain ne soit éligible qu’après avoir passé cinq saisons sur le PGA Tour. C’est aussi la première fois que les deux équipes se séparent sur un match nul (19-19) avec en exergue ce geste chevaleresque en simple le dimanche après-midi de ce même Jack Nicklaus vers l’Anglais Tony Jacklin, l’Américain offrant sur le green du 18 le partage des points. « Je ne pense pas que tu aurais manqué ce putt, mais je ne voulais pas t’en donner l’opportunité » avait ainsi, en vrai gentleman, lancé The Golden Bear à son adversaire.  

1977, la fin d’une ère

Alors que le format de la 22e édition de la Ryder Cup organisée du 15 au 17 septembre au Royal Lytham & St Annes évolue encore (20 points en jeu avec cinq foursomes le premier jour, cinq fourballs le deuxième et dix simples pour finir), l’avenir de la compétition s’annonce très incertain. Les Britanniques (rejoints officiellement depuis 1973 par les Irlandais) sont constamment corrigés par les Américains. L’intérêt pour cette compétition biennale s’estompe d’année en année. Mais sous l’impulsion de… Jack Nicklaus, l’idée d’intégrer des golfeurs issus de l’Europe continentale fait son chemin. Elle est entérinée pour 1979. On ne le sait pas encore, mais la Ryder Cup est sauvée ! 

1981, la polémique Severiano Ballesteros

Pour une sombre histoire de compensation financière refusée, Severiano Ballesteros, pourtant vainqueur du Masters 1980 et premier continental sélectionné en 1979 (avec Antonio Garrido, un autre espagnol), est absent. En face, l’équipe US cumule 36 victoires en Majeurs. Elle lamine encore une fois l’Europe (18,5 points à 9,5) à Walton Heath (Angleterre). C’est son plus large succès depuis 1967 (23,5 à 8,5). 

Belfry 1985, le tournant

Dans un format à 28 points (instauré en 1979 et qui est toujours en vigueur aujourd’hui), les Européens (avec quatre Espagnols, dont Ballesteros, et un Allemand, Bernhard Langer) mettent fin à l’hégémonie américaine. Au Belfy (Angleterre), pour la première fois depuis 1957, les Etats-Unis s’inclinent (16,5 à 11,5). 

Coup de tonnerre dans l’Ohio

Galvanisés par leur victoire historique deux ans auparavant, les Européens s’imposent avec panache (15 à 13) le 27 septembre 1987 à Muirfield Village (Ohio), l’antre de Jack Nicklaus. C’est la première fois depuis la création de l’épreuve en 1927 que les Américains sont battus sur leur sol. Les héros côté européen s’appellent Seve Ballesteros et José Maria Olazabal. Le jeune basque, 21 ans seulement et qui débute en Ryder Cup, remporte trois de ses quatre matches en double avec son illustre ainé. 

La der des US en Europe

Victorieuse sur un putt d’1m80 manqué de Bernhard Langer en 1991 à Kiawah Island (Caroline du Sud), l’équipe américaine récidive en 1993 au Belfry (15 à 13) grâce notamment à Davis Love III, vainqueur 1 up de l’Italien Costantino Rocca. Depuis, les Etats-Unis n’ont plus gagné une seule fois sur le Vieux Continent. 

Ballesteros, roi d’Espagne

Pour la première fois de son histoire, la Ryder Cup se dispute ailleurs que dans les îles britanniques. Du 26 au 28 septembre 1997, le prestigieux parcours de Valderrama (Andalousie) reçoit ainsi l’événement avec Seve Ballesteros comme capitaine. Artisan de la renaissance de l’équipe européenne au début des années 80, l’Espagnol est incontournable. Il transcende son groupe. Qui le lui rend bien. Victoire 14,5 à 13,5. « On avait l’impression qu’il était partout, en même temps, au même moment, témoigne Ignacio Garrido dans Sports Illustrated. On avait beau tenir les clubs en mains, mais c’était Seve qui frappait la balle ! » 

Van de Velde, Levet et Dubuisson, la French Touch

Trois Français ont disputé la Ryder Cup. En 1999, Jean Van de Velde, laissé de côté lors des parties de doubles, ne peut éviter la défaite (14,5 à 13,5) à Brookline (Massachusetts) dans une ambiance délétère. Thomas Levet, lui, participe à la l’humiliation subie en 2004 par les Américains (18,5 à 9,5) chez eux à Oakland Hills (Michigan) en battant Fred Funk en simple (1 up). Quant à Victor Dubuisson, en 2014 à Gleneagles (Ecosse), il réussit l’exploit de rester invaincu en trois matches : deux victoires en foursomes avec Graeme McDowell et un match nul en simple face à Zach Johnson.

Celtic Manor 2010, le lundi au soleil

Pour la première fois de son histoire, la Ryder Cup doit s’achever un lundi, des trombes d’eaux ayant entraîné un report des douze simples. Graeme McDowell, récent vainqueur de l’US Open devant Grégory Havret, offre la victoire (14,5 à 13,5) dans le dernier duel (face à Hunter Mahan) sur un score de 3&1. 

Les fantômes anglais d’Hazeltine

Six golfeurs de sa Gracieuse Majesté sont retenus par le capitaine Nick Faldo pour la 41e édition organisée du 30 septembre au 1er octobre 2016 à Hazeltine (Minnesota). Justin Rose va récolter deux points en 5 matches, Chris Wood un seul en 2 sorties. Matthew Fitzpatrick (2 matches), Andy Sullivan (2 matches), Lee Westwood (3 matches) et Danny Willett (3 matches) ne parviendront pas à décrocher le moindre point. On se serait presque revu plonger dans les années 60 et 70. Celles des années noires !   

Golf National, l’apothéose

Vendredi 28 septembre 2018, jour historique pour l’équipe européenne de Ryder Cup. C’est en effet la première fois depuis 1927 qu’elle inflige aux Américains dans la session de l’après-midi en foursomes un cinglant 4-0. Francesco Molinari entrera lui aussi dans la légende 48 heures plus tard en devenant le premier européen à gagner tous ses matches (quatre en doubles, à chaque fois avec l'Anglais Tommy Fleetwood, un en simple). L’Italien a notamment toujours conclu ses matches avant le trou n°18 et c’est encore lui qui assure la victoire finale en simple sur le par 3 du 16 de l’Albatros face à Phil Mickelson, battu 4&2.

*Sources : Ryder Cup de 1927 à France 2018 (Solar)


Par Lionel VELLA
22 septembre 2021