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Adrien Saddier : « De la confiance pour la suite de la saison »

À la lutte pour la gagne à Oman fin février et 12e au Qatar la semaine suivante, Adrien Saddier figure dans le top 50 de la Race to Dubai après un quart de la saison. Une position due à tout sauf au hasard pour le Haut-Savoyard, qui pour sa quatrième année sur le Tour européen semble avoir trouvé la bonne formule pour performer.

Adrien Saddier
Le joueur de 27 ans pointe à la 47e place de la Race to Dubai. Aitor Alcalde / Getty Images Europe - AFP
05-08
mars
COMMERCIAL BANK QATAR MASTERS
LIEU : Education City GC, Qatar
CIRCUIT : European Tour

Êtes-vous satisfait de votre début de saison ?
Oui, plutôt ! Déjà parce qu'avec tous les tournois qui sont annulés ces temps-ci, c'est bien d'avoir marqué des points tôt dans la saison, mais c'est surtout le fait de jouer la gagne et faire de bonnes performances qui fait plaisir. Ça donne de la confiance pour la suite de la saison. Sans oublier qu'il y a un re-ranking qui va arriver : si les choses en restent là, je devrais me retrouver en tête de ma catégorie, ce qui me permettra de rentrer dans quelques gros tournois plus tard dans la saison, comme le Scottish Open ou l'Omega European Masters. D'où l'importance de bien jouer en début de saison.

Lors du dernier tour à Oman, étiez-vous conscient que vous jouiez la gagne ?
Sur les neuf premiers trous, voire les douze, j'étais tout de même un peu loin à cause de mes bogeys au 1 et au 2. Après, j'ai eu un bon enchaînement et ceux de devant se sont mis à faire quelques bogeys. Finalement, mes deux birdies au 15 et au 16 m'ont mis en tête. Je savais qu'en restant patient sur le retour, je pourrai être à la lutte pour la gagne sur la fin. Le fait d'être devant à quelques trous de la fin était nouveau pour moi, mais j'ai réussi à rester calme même si j'ai commis un bogey au 17. C'était plaisant de me retrouver dans cette situation, et j'ai vraiment apprécié le moment.

Avez-vous ressenti de la pression sur les derniers trous ?
Forcément, mais je n'ai pas paniqué. Je suis resté dans le moment présent, concentré sur tous mes coups. Je n'ai pas de regrets sur ce bogey au 17, où je suis resté court du green et j'ai pris trois putts de loin. Il faut dire que j'avais choisi de jouer un fer depuis le départ, ce qui me laissait une longue canne pour attaquer le green ensuite. C'était juste un bogey comme un autre... Après, j'ai un putt pour birdie au 18, d'assez loin, et je ne le mets pas. C'est sûr que de voir Brandon Stone puis Sami Välimäki rentrer des ficelles derrière pour me passer devant, c'est un peu dur à avaler sur le coup, mais c'est comme ça. La seule chose à faire, c'est d'accepter et de les applaudir.

Cette troisième place, votre meilleur résultat sur le Tour européen, a été suivie d'une nouvelle semaine de haut niveau au Qatar, où vous finissez 12e. Réussir à enchaîner comme cela n'est-il pas le plus important à retenir ?
C'est vrai que c'est toujours une très bonne chose d'enchaîner deux performances. Au Qatar, mon entraîneur Benoît Ducoulombier était avec moi, et il m'a permis de conserver cette confiance que j'avais emmagasinée. J'ai surtout fait un très bon week-end au Qatar, chose qui me manquait les saisons précédentes. Ça montre que tout le travail fait en amont me met dans la bonne direction.

Ce travail avec Benoît Ducoulombier, qui vous entraîne depuis vos débuts pro, sur quoi se focalise-t-il aujourd'hui ?
Il y a eu un moment important l'an dernier, juste avant Crans-sur-Sierre, lorsque Benoît est venu chez moi à Ésery pour parler. On a vraiment discuté un bon moment et remis les points sur les i, car ça faisait deux ou trois ans qu'on n'avait pas de système qui me permettait de performer sur la durée. On a cherché de nouvelles solutions, et depuis cette discussion le sens de jeu qu'on a choisi me permet d'être performant de manière plus régulière. J'ai fait quatrième au Portugal à l'automne dernier, j'ai réussi à avoir mes cartes à la Q-School, je viens d'enchaîner un podium et un top 15 : tout ça montre que nous avons pris une bonne décision. Je m'appuie beaucoup aujourd'hui sur une trajectoire gauche-droite, un fade un peu prononcé. C'est une trajectoire que j'arrive à reproduire assez souvent, même sous pression comme ce fut le cas à Oman, et sur laquelle je sais que je peux m'appuyer.

Je dirais que le gros progrès que j'ai fait ces derniers temps, c'est dans la tête.

Avez-vous le sentiment d'avoir franchi un palier et d'être plus à l'aise sur le Tour ?
Je dirais que le gros progrès que j'ai fait ces derniers temps, c'est dans la tête. J'ai travaillé avec plusieurs préparateurs mentaux ces dernières années, mais j'ai arrêté et, depuis peu, je me suis mis à la méditation. J'en fais tous les jours ou presque, et ça me permet d'être beaucoup plus calme dans ma tête, plus posé, et de rester concentré sur le moment présent. Ça se traduit par beaucoup plus de bons tours, des week-ends meilleurs, et de meilleurs résultats ! C'est une forme de méditation japonaise qui s'appelle « ritsu zen », ou « posture de l'arbre », qui combine un travail de l'esprit avec du gainage afin de connecter toutes les parties du corps. J'ai découvert cela grâce à mon acupuncteur, qui me suit depuis deux ou trois ans, et est formé à cela.

Pour revenir au côté sportif, à quoi ressemble votre calendrier avec les annulations successives dues au coronavirus ?
J'entame une coupure de sept semaines sans compétition sur le Tour européen, puisque l'Inde a été annulée après le Kenya, la Malaisie et la Chine. Comme quelques autres Français du circuit, j'ai donc décidé d'aller jouer l'open d'Arcachon mi-avril, ce qui sera une bonne chose pour arriver avec quelques repères à Valderrama fin avril pour le prochain tournoi du Tour. Puisque le Challenge Tour ne reprend pas avant le mois de mai, et que le Mena Tour a été décalé à la fin de l'année, je suis au chômage technique (rires) ! Enfin, c'est comme ça pour tout le monde... Ça va me permettre de bien me reposer, de travailler au calme et de faire les choses à fond, donc je ne vais pas me plaindre.


Par Alexandre MAZAS
12 mars 2020