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Amundi Open de France : Colsaerts dompte l'Albatros

Au bout du suspense, Nicolas Colsaerts est parvenu à remporter dimanche la 103e édition de l’Open de France. Chargée d’émotion, cette troisième victoire sur le Tour européen lui permet de conserver ses droits de jeu au sein de l’élite. Premiers Français, Benjamin Hébert et Victor Perez partagent la seizième place finale.

Colsaerts
Le Belge Nicolas Colsaerts n'avait plus gagné sur le Tour depuis sept ans. ffgolf
17-20
octobre
AMUNDI OPEN DE FRANCE
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : European Tour

Le résumé : Colsaerts ressuscité

Sept longues années d’une attente enfin épuisée. Titré à deux reprises sur le Tour européen en 2011 et 2012, Nicolas Colsaerts a mis fin dimanche à une disette inexplicable. Le héros de la victoire européenne lors de la Ryder Cup 2012 avait depuis lentement disparu des leaderboards. Au point de voir ses droits de jeu sur le circuit sérieusement menacés avant cet Amundi Open de France. 110e du circuit en début de tournoi, le Belge jouait gros sur le parcours de l’Albatros. Loin d’être paralysé par l’enjeu, il s’était pourtant prouvé lors des trois premiers tours que son swing avait encore largement sa place parmi l’élite du vieux continent.

Restait à boucler l’affaire ce dimanche. Et ce ne fut pas chose aisée. Malgré ses trois coups d’avance au départ et malgré ce birdie prodigieux dès le 1 qui lui en offrait même quatre sur George Coetzee. Le Sud-Africain allait rapidement devenir le principal rival du Belge, passant même devant sur un enchaînement de trois birdies consécutifs (du 9 au 11) quand Colsaerts coinçait (+2 sur les douze premiers trous). « Je me suis retrouvé derrière mais je suis resté assez calme, confiait ensuite ce dernier. Le 13 et le 14 m’ont fait énormément de bien. C’était exactement ce dont j’avais besoin pour rester dans la course. » Ce dont il avait besoin ? Un birdie suivi d’un superbe eagle sur un chip rentré à mourir.

Les deux hommes se retrouvaient alors à égalité avant un trou 15 catastrophique pour l’un comme pour l’autre. Deux balles dans l’eau et triple bogey pour Coetzee, un seule et double pour Colsaerts qui voyait alors un troisième larron se mêler à la lutte : le Danois JB Hansen, seul devant à -13 après seize trous. Mais ce dernier allait lui aussi céder d’un vilain double au 17. Cette fois Colsaerts se retrouvait seul devant en -12 et n’avait « plus qu’à » gérer les deux derniers trous. Deux pars lui suffisaient pour l’emporter (en -12 total), et laisser échapper quelques larmes au moment de recevoir le trophée. « Ça fait dix huit ans que je suis pro, confie-t-il. J’avais gagné deux fois auparavant sur le Tour même si j’aurais dû gagner plus souvent. Le fait d’y parvenir chez vous, c’est génial. J’ai toujours eu l’impression de faire partie du paysage golfique français, vous avez toujours été sympa avec moi. Gagner ici me comble de bonheur. »

À défaut de vainqueur français, le public du Golf National aura donc eu droit à un lauréat francophone et francophile, adepte occasionnel de l’amour / humour vache. « C’est super satisfaisant pour un Belge de gagner chez les Français, plaisante-t-il. J’ai toujours été très proche de la France, je connaissais la Marseillaise avant la Brabançonne (l’hymne national belge). La France est un peu le grand frère de la Belgique. Vous nous emmerdez souvent mais vous restez nos grands frères. » 

15Le nombre de cartes sous le par (sur 76 joueurs encore en lice) lors de ce dernier tour particulièrement difficile.

Les Français

Benjamin Hébert

Le dernier tour n’a en revanche pas souri aux joueurs tricolores, en retrait pour la plupart dans ces conditions difficiles. Associés ce dimanche, Benjamin Hébert et Victor Perez bouclent ainsi leur semaine ensemble à la seizième place. Le cœur partagé entre sentiment du devoir accompli après avoir joué les premiers rôles toute la semaine et celui plus amer d’avoir laissé filer une belle opportunité de briller un peu plus à domicile.

Huitième au départ de ce dernier tour, Hébert regardait en effet vers le haut après son début de partie rêvé (birdies au 1 et au 3). À -9, il pointait alors à la deuxième place. Mais son drive lâché à droite au 7 mettait fin à ses espoirs de succéder à Thomas Levet, dernier vainqueur français à Guyancourt. Un hors limite cruel synonyme de triple bogey, suivi dans la foulée d’un nouveau bogey au 8. Le Briviste s'est tout de même bagarré sur les dix derniers trous alternant fléchettes millimétrées (birdies au 13 et 15 sur des coups de fer déposés au drapeau) et bogeys évitables (3-putts au 14 et au 18 notamment). Au final, sa carte de 74 (+3) lui fait donc perdre huit places mais ne bouleverse pas son classement à la Race to Dubaï (17e). « J’ai essayé de revenir tout au long de la partie mais c’était dur avec les positions de drapeau du dernier jour bien dans les coins, raconte-t-il. Il y a eu beaucoup de bon mais les quelques petites choses qui n’allaient pas m’ont coûté cher. C’était une semaine de boulot avant les gros tournois de fin saison mais évidemment je me suis pris au jeu et j’avais envie de bien faire. » 

Victor Perez

De son côté, Perez a longtemps couru après le score après son double bogey concédé au 3 (mise en jeu dans l’eau). Avec deux birdies pour deux bogeys sur le reste du parcours (73,+2), il recule de cinq places au leaderboard. « C’était une journée très compliquée mais c’était difficile pour tout le monde, explique le Tarbais. Je me suis bien battu même si le jeu n’était pas forcément là aujourd’hui. Je n’ai pas pris assez de fairways pour espérer faire plus de birdies. Mais ça reste une semaine très positive avec un bon Top 20 qui m’apporte des points importants pour la suite. » Ce septième Top 20 de la saison lui permet en effet de gratter une place au ranking et de conforter sa position parmi les vingt premiers (19e).

Troisième Bleu à prendre place dans le Top 20, Romain Langasque est également le seul à être parvenu à jouer sous le par dimanche. Une performance construite sur l’aller avec quatre birdies. « Malheureusement, j’ai fait deux 3-putts au retour et deux mauvais choix de clubs qui m’ont coûté quatre bogeys, poursuit l’Azuréen. Dans ces conditions ça reste un bon score même s’il y avait sans doute moyen de faire mieux. » Avec son solide 70 (-1), « Lancaisse » prend la 18e place finale (-3) et grimpe au 22e rang de la Race.

Derrière les trois leaders du clan français, on retrouve Grégory Bourdy au 29e rang (par total), après une dernière journée très solide (72,+1) entachée par un double bogey cruel au 18. Le Bordelais devance d’un coup Adrien Saddier et Jérôme Lando Casanova (32e,+1). Romain Wattel et Frédéric Lacroix suivent à la 40e place (+2), devant Matthieu Pavon et Jeong Weon Ko, meilleur amateur du tournoi (57e, +5). Victor Dubuisson est 61e (+6), Charles Larcelet 73e (+14) et Julien Quesne 76e (+16).


Par Sébastien CACHARD-BERGER
20 octobre 2019