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Antoine Rozner, reçu cinq sur cinq

Sur la dynamique de sa saison 2019 sur le Challenge Tour où il avait pris la huitième place finale, juste derrière Robin Roussel, le Racingman a déjà franchi cinq cuts en cinq départs sur le Tour européen, frôlant la victoire à Maurice et en s’installant, déjà, dans le top 40 de la Race.

Antoine Rozner, le 3 mars lors d'une dernière reconnaissance sur le nouveau parcours de Doha... Warren Little / Getty Images Europe - AFP
05-08
mars
COMMERCIAL BANK QATAR MASTERS
LIEU : Education City GC, Qatar
CIRCUIT : European Tour

Nouveau parcours à Doha

Pour cette 23e édition du Qatar Masters, le champ découvrira pour la toute première fois en compétition l’Education City Golf Club, un par 71 de 6 681 mètres dessiné par l’Espagnol José Maria Olazabal, double vainqueur du Masters. Antoine Rozner débutera ce jeudi à 7h55 (5h55 en France) du tee n°1 en compagnie de deux autres Français, Julien Guerrier et Grégory Havret.
« Je ne connaissais pas l’ancien tracé (Doha Golf Club), explique le Racingman. Mais là, le nouveau, il est top. C’est un parcours qui n’est pas très long. Il y a beaucoup de wedges à taper en deuxième coup. Il y a néanmoins quelques mises en jeu étroites à gérer mais dans l’ensemble, c’est assez ouvert. La clef de la semaine, ce sera le vent. Si ça souffle, comme c’est souvent le cas ici, ça peut très vite devenir compliqué. On annonce d’ailleurs beaucoup de vent pour le premier tour. Après, ça se calme. Apparemment. Jouer dans le vent ? Cela ne me dérange pas plus que ça. Après, il y a des limites. 50 km/h, c’est beaucoup (rires) mais un petit 30 km/h, je prends. La semaine dernière, à Oman, on a eu pas mal de vent. Cela ne m’a pas trop gêné ! » 

Cinquième cut franchi en cinq départs sur le Tour européen 2020

Carton plein pour l’ancien pensionnaire 2019 du Challenge Tour. Cinq départs sur l’European Tour, cinq cuts franchis avec deux très belles performances. Une deuxième place à Maurice après un playoff à trois et une dixième place à Oman le week-end passé.
« Je sors d’une très belle saison sur le Challenge Tour, donc, quelque part, je m’attendais à plutôt bien démarrer mon année sur l’European Tour, avoue-t-il. Maintenant, c’est une pression qui est tout de même différente de celle que j’ai connue en 2019. Les parcours, on ne les connait pas. Il y a également plus d’attention médiatique, un facteur qui n’est peut-être pas toujours évident à gérer. Mais pour le moment, j’encaisse bien les choses. Je suis assez content de ce point de vue. Mais je sais aussi que si je fais de bonnes semaines, je peux me retrouver aux avant-postes. C’est très agréable. Pourvu que ça dure. »

La défaite en playoff à Maurice, désormais digérer ?
Pour son deuxième tournoi dans la peau d’un golfeur du Tour européen à part entière, Antoine Rozner avait failli décrocher sa première victoire. C’était à l’AfrAsia Bank Mauritius Open le 8 décembre dernier. Le Parisien ne s’était incliné qu’au troisième trou de playoff face au Danois Rasmus Hojgaard, après avoir écarté l’Italien Renato Paratore à l’issue du premier trou.
« Il n’y a pas eu de contrecoup, rassure-t-il. Cela s’est bien passé. Après Maurice, on a eu un break pendant un mois. J’ai donc eu le temps de me reposer, de m’entraîner de nouveau, de me fixer de nouveaux objectifs. Maurice, malgré la défaite en playoff, a été un super moment pour moi. C’est à ce jour ma plus belle perf’ sur le Tour. Ce n’est donc que du positif. Cette semaine a été ma première grande expérience au plus haut niveau. J’ai joué la gagne. Ce n’est pas rien. C’est clairement un vécu qui va me servir pour la suite. Et j’espère que si je me retrouve dans un playoff, je sortirai cette fois les coups nécessaires pour l’emporter. J’ai beaucoup appris durant ce playoff. Sur ce tournoi, je n’ai rien à reprocher. Je n’ai pas craqué, j’ai joué mon jeu. Il (Hojgaard) a juste été un peu plus fort que moi… » 

Rapidement dans les points, comme en 2019 sur le Challenge Tour

Avec 254,7 points, Antoine Rozner occupe une très encourageante 36e place à la Race. Il y a un peu plus d’un an, il avait très vite pris les commandes du Challenge Tour en remportant en l’espace de deux semaines le Challenge de España (5 mai) puis le Prague Golf Challenge (12 mai).
« Avant l’an passé sur le Challenge Tour, je mettais un peu de temps pour trouver, on va dire, un bon rythme de croisière, souligne le golfeur âgé de 27 ans. Quand j’étais sur l’Alps Tour, ou même lors de mes années d’étudiant aux Etats-Unis (UMKC, à Kansas City), on pouvait avoir trois ou quatre mois de break, sans tournoi. Et là, j’avais du mal à me remettre dedans une fois que je reprenais la compétition. Depuis l’an dernier, les breaks sont plus courts et ça m’aide pour être dedans dès la reprise. En tout cas, ça fonctionne plutôt bien pour moi depuis une grosse année. » 

Flou artistique sur le programme à venir

A l’issue du Hero Indian Open (19-22 mars), où il n’est pour l’instant pas sûr du tout de prendre le départ, Antoine Rozner va rester au moins six semaines sans jouer. La faute notamment au Coronavirus qui a amené l’European Tour à reporter à une date ultérieure (non fixée pour le moment) le Maybank Championship (prévu du 16 au 19 avril) et le Volvo China Open (23-26 avril).
« A la base, je ne comptais pas aller au Kenya, ni en Inde. Sauf que j’ai reçu lundi (2 mars) un mail m’informant qu’en raison de Coronavirus, plusieurs ressortissants de différents pays n’étaient pas admis en Inde. Du coup, je vais peut-être rentrer en Inde. C’est le flou total. Je me vais me décider dans les jours qui viennent. A priori, je vais aller au Kenya et on verra si je rentre dans le champ en Inde. C’est un double badge avec l’Asian Tour et il n’y a de la place que pour seulement cinquante-quatre joueurs du Tour européen. Autant dire qu’avec ma catégorie (14), pour le moment, je ne rentre pas dans ce tournoi… » 

Comment gérer le futur long break de six à sept semaines ?

Non qualifié pour les Championnats du monde de Match-Play (25-29 mars), ni pour le Masters (9-12 avril), le temps va paraître long au jeune golfeur français avant d’espérer entrer dans le champ de l’Andalucia Masters programmé à Valderrama (Espagne) du 30 avril au 3 mai prochains.
« Il va falloir bien gérer tout cela. Au début, il va y avoir pour moi une semaine de repos. Et puis ensuite, j’ai un Pro-Am au Pays Basque. Après, je vais aller me faire une semaine d’entraînement dans le sud de la FranceSaint-Donat) avec Benoit (Ducoulombier). Dans la foulée, je vais essayer de jouer l’Open d’Arcachon (PGA France) ou un autre rendez-vous dans le genre, pour rester dans le jeu, dans la performance. On va tenter de s’occuper comme on peut. » 

Sa relation professionnelle avec Benoit Ducoulombier

C’est en sortant de l’université du Kansas à l’été 2016 qu’Antoine Rozner a débuté sa collaboration avec Benoit Ducoulombier. Une entente parfaite qui lui a permis de grimper un à un, et à un rythme soutenu, les différents échelons.
« Outre Makis Chamalidis, mon préparateur mental avec qui je travaille depuis trois ans maintenant, Benoit m’apporte beaucoup de stabilité au niveau de mon swing, déclare-t-il. On travaille très souvent les basiques, c’est-à-dire le grip, la posture et l’alignement. On essaie de garder ça le plus stable possible. Dès que ça bouge un peu, on se remet tout de suite dans les basiques. Du coup, le swing est assez constant, plutôt solide. Benoit, c’est aussi beaucoup de confiance. On parle énormément. Il me met à l’aise. On travaille également pas mal le petit jeu, le wedging… Ce sont les compartiments clés du jeu qui me permettent de briller au plus haut niveau. D’ailleurs, il est là cette semaine au Qatar. Habituellement, c’est moi qui descend le voir au golf de Saint-Donat (06). C’est assez pratique. A part l’Open de France en juillet prochain, il ne monte pas à Paris. » 

Quels objectifs en 2020 ?

Quand on débarque du Challenge Tour, on a l’habitude de se fixer des objectifs réalisables, c’est-à-dire conserver la carte et améliorer, si l’on peut, sa catégorie. Antoine Rozner, lui, voit un peu plus loin.
« Garder la carte n’est pas pour moi un objectif principal, juge-t-il. Je trouve que ce n’est pas viser assez haut. Je veux me qualifier pour la finale de Dubaï. Finir dans le top 50 européen. Je ne peux pas non plus viser trop haut car avec ma catégorie, je ne peux pas jouer les plus gros tournois de la saison sur le Tour européen, c’est-à-dire les Majeurs ou les Rolex Series… Alors forcément, si je suis en position de gagner, je saisirai volontiers ma chance, comme ce fut le cas à Maurice. Mais je sais qu’on peut toujours s’améliorer sur certains points, notamment au niveau du putting pour scorer un peu plus bas. Même si ça progresse dans le bon sens. »


Par Lionel VELLA
4 mars 2020