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Joël Stalter : « je veux en profiter le plus possible »

Insatiable, le Lorrain, vainqueur le 18 juillet dernier en Autriche, enchaîne cette semaine en Ecosse son quatrième tournoi d’affilée sur l’European Tour. Et il sera aussi dans la foulée en Italie et sur les deux rendez-vous chypriotes. Quand on aime, on ne compte pas.

15-18
octobre
SCOTTISH CHAMPIONSHIP PRESENTED BY AXA
LIEU : Fairmont St Andrews, Ecosse
CIRCUIT : European Tour

Vous entamez à partir de ce jeudi au Scottish Championship votre quatrième semaine consécutive sur le Tour européen. Pas trop fatigué ?
Si, un peu mais on n’a pas trop joué en début de saison en raison de la pandémie. Là, je veux en profiter. Il faut savoir que c’est un peu épuisant de rentrer à la maison, notamment par rapport au protocole Covid. Donc au final, je me suis dit que j’allais continuer. Quand je sentirai qu’il faudra que je fasse un break, je le ferai mais je n’en éprouve pas le besoin pour l’instant. 

D’autant que ce Scottish Championship, nouveau venu dans le calendrier de l’European Tour, a failli être annulé…
Oui, c’est vrai. Il y a une semaine, c’était un peu chaud. Le gouvernement écossais avait annoncé de nouvelles mesures pour contrer la recrudescence du Covid-19. Donc, voilà, on navigue souvent à vue. J’ai décidé de prendre les tournois les uns après les autres sans trop me poser de questions. Je ne suis pas dans une prévision avec un calendrier bouclé depuis trois ou quatre mois. Au contraire. Nous n’avons que très peu de visibilité. Et puis quelque part, je me repose peut-être plus à rester en tournoi le lundi et le mardi qu’à repartir à la maison pour revenir juste après… Avec le coronavirus, il y a des formulaires à remplir, il faut se faire tester chez soi, puis de nouveau quand vous arrivez sur site. C’est quand même lourd ! 

Après Chypre, on ne sait pas trop… Il devrait y avoir d’autres tournois qui vont venir se greffer au calendrier. Mais où ? On n’en sait rien !

Après l’Ecosse, qu’allez-vous faire ? Prendre un peu de repos ?
Non, non… Je vais jouer l’Italie (22-25 octobre) et les deux tournois à Chypre (du 29 octobre au 8 novembre). Je fais la totale. Ce n’est pas dans mes habitudes mais là, pourquoi pas... Une fois qu’on est dans la bulle, c’est plus simple d’y rester. Si j’avais eu l’opportunité de prendre deux semaines, je l’aurais fait. Mais il n’y avait pas vraiment la possibilité de le faire. Donc, bon, autant aller jouer ces tournois. En plus, ce sont des endroits que j’aime bien. 

Ne craignez-vous pas malgré tout le sérieux coup de barre ?
Si, bien sûr. Là, en entamant cette quatrième semaine, je sens que je suis un peu fatigué. Du coup, je me repose. Je vais devoir me ménager lors des prochaines semaines. Après, ce qui est plutôt cool, c’est que j’ai un rythme de jeu, chaque semaine… Je prends ce qu’il y a car on ne sait pas encore de quoi sera fait la fin de l’année.   

Justement. La finale de la Race à Dubaï (10-13 décembre) pourrait être remise en question. Avez-vous entendu cela vous aussi ?
Normalement, je pense que ça va se faire. Mais on n’a pas encore de confirmation. Après Chypre, on ne sait pas trop… Il devrait y avoir d’autres tournois qui vont venir se greffer au calendrier. Mais où ? On n’en sait rien ! 2020, de toute façon, c’est une année sans pression pour nous. Une année blanche. Alors autant jouer tout ce qui se présente pour bien préparer la saison prochaine. Moi, j’y vais au feeling et je profite de ma catégorie pour jouer un maximum. 

Je ne me remets pas forcément en question. Je fais abstraction du résultat. J’essaie surtout de construire quelque chose

En quoi cette victoire en Autriche le 18 juillet a totalement changé votre vie de golfeur professionnel ?
Elle m’a redonné un job (rires). Elle m’a fait gagner au moins un an et demi. Je peux jouer tous les tournois, ça me donne beaucoup plus d’opportunités pour, pourquoi pas, en gagner d’autres. C’est aussi pour ça que je veux en profiter le plus possible. Chaque tournoi, je le vois comme un moyen d’améliorer mon statut. Je n’ai rien à perdre cette année. A part me qualifier pour la finale de la Race, le classement ne change rien pour moi. Le but principal est de prendre du plaisir, de pouvoir profiter de mon privilège et surtout d’améliorer mon jeu. Et puis tout le monde est un peu plus relax, moins stressé. On ne joue pas pour garder la carte. Pour ceux qui sont dans mon cas, c’est une année géniale. On joue au golf sans pression. C’est tellement rare ! 

Depuis votre succès en Autriche, vous avez disputé sept tournois sans avoir pu accrocher le moindre top 25. Inconsciemment, avez-vous ressenti un contrecoup dans votre jeu ?
Après la victoire, j’ai pris un peu temps pour moi avant de mettre mon plan d’action en place. C’est vrai que je suis dans un passage moyen depuis Valderrama (3-6 septembre). Il y a pas mal de bonnes choses, mais il y en a aussi des mauvaises. Je ne réalise pas les performances que je souhaite, mais c’est le golf. Je ne me prends pas la tête. Il y a des semaines où tout fonctionne, et d’autres où rien ne va. Je ne me remets pas forcément en question. Je fais abstraction du résultat. J’essaie surtout de construire quelque chose. A l’arrivée, je ne suis pas très loin. Il faut juste que mes mauvais coups soient un peu meilleurs… Il faut être patient ! 

Une seconde victoire avant la fin de l’année, cela fait partie de vos objectifs ?
Oui, bien sûr. Mais c’est très dur de gagner. Je ne me fixe pas d’objectif, de performance pure à court terme. Cette année, mon but est surtout de mettre en place des choses solides dans mon jeu pour bien attaquer 2021 avec l’esprit serein. 


Par Lionel VELLA
14 octobre 2020